DAX-a-pied

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histoire : Dax et Landes


HISTOIRE DE DAX en quelques dates

Cette histoire passionnante de Dax a été écrite par plusieurs auteurs dont les références sont indiquées dans le texte. Il s'agit de M.M. Docteur Aparisi-serre et Emile Daru, R. Pottier, H.du Boucher, Ch. Belser, Ch. Lavielle, Gérard Laborde. Elle a aussi été écrite dans Wikipedia et par la Fédération historique du Sud Ouest. Leurs recherches m'ont appris beaucoup de choses sur la ville de Dax et son patrimoine. Aussi, je les cite largement pour votre information.

 

Situation géographique de la ville

         "Dax aux confins de deux régions landaises, le plat pays de la forêt de pins et le pays vallonné de la Chalosse au pied des Pyrénées. L'Adour serpente entre ces deux entités... ce fleuve capricieux qui a drainé l'activité économique de la région tout au long de l'histoire des romains jusqu'au XX° siècle" (Gérard Laborde, Chez nous à Dax, 1966-2006, ICN Orthez)

Dax (en gascon Dacs) est une commune française située dans le département des Landes et la région Aquitaine. Elle appartient à la région historique de la Gascogne. C'est une station thermale très fréquentée. Ses habitants sont appelés les Dacquois. Sur le Blason de la ville de Dax figurent une tour (représentant la ville fortifiée), un lion (symbole de l'Aquitaine) et la mer ondée (représentation du fleuve l'Adour, du port fluvial et de l'activité portuaire très active jusqu'au XIX° siècle). La devise, « Regia Semper » (« Toujours royale »), est celle d'une ville libre, qui ne ressortit que de l'autorité royale (et donc émancipée d'une tutelle seigneuriale).

            Le premier nom de la ville fut Aquœ Tarbellicœ. Le nom deviendra successivement Acqs, d'Acqs, puis enfin Dax. En gascon, le nom de la ville s'écrit Dacs. Enfin, les voisins basques lui donnent le nom d'Akize où on reconnaît la racine latine. Dax est une ville réputée depuis la plus haute Antiquité pour ses eaux chaudes, l'origine de son thermalisme y est plus que millénaire

            Sous-préfecture du département des Landes, elle se trouve sur la rive gauche du fleuve Adour (avec un quartier, le Sablar, établi sur la rive droite), à mi-chemin entre Bayonne et Mont de Marsan.

            Ville de Gascogne, historiquement rattachée à la Chalosse, Dax se situe néanmoins à la croisée de plusieurs contrées : la Chalosse au Sud-Est, le Marenne et le Seignanx au Sud-Ouest, le Marensin au Nord-Ouest, et la Grande Lande au Nord. C'est donc naturellement qu'elle s'ouvre sur ces pays dont elle reçoit l'influence. Les paysages sont par conséquent variés. Si les bords de l'Adour voient s'étendre les barthes ou prairies inondables, le Sud — vers la Chalosse — présente des collines verdoyantes, annonçant déjà le Béarn et la Basse-Navarre. Au Sud-Ouest s'étendent de vastes étendues de pins légèrement ondulées, tandis que le Nord est le royaume de la grande plaine boisée des Landes de Gascogne. Le climat dacquois est celui que l'on peut observer dans l'ensemble de la région en raison de la proximité de l'océan Atlantique. Il se caractérise par des étés chauds et longs (de début juin à fin septembre), des automnes doux et ensoleillés,  des hivers froids secs ou pluvieux et des printemps doux

            Dax est située à une trentaine de kilomètres des plages du sud des Landes, à 45 km de Bayonne, 50 km de Mont-de-Marsan, 80 km de Pau, 100 km de Donostia/Saint-Sébastien, 150 km de Bordeaux et 730 km de Paris. Les Pyrénées sont également assez proches. Il y a accès par la SNCF gare de Dax. Dans l'agglomération dacquoise on peut circuler avec un réseau de bus et un service de navette gratuite "Vitenville".  (Wikipedia)

 

Historique

 

La préhistoire

 

            "Depuis la grande débâcle glaciaire, les eaux recouvraient à l'état permanent les terrains plats du voisinage et formaient , au début de l'ère néolithique, un immense lac que le fleuve traversait à grand courant. La tribu de chasseurs et de pêcheurs qui planta là ses pilotis était descendue des hauteurs limitrophes, où l'on a retrouvé, tout autour de la ville, une importante ceinture de stations de la pierre polie. Cette tribu appartenait au groupe des ibères : elle portait le nom de « Tarbelles », au moment où son premier contact avec les Romains lui ouvrait le seuil de l'Histoire. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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L'antiquité

- Au paléolithique, Dax n'existait pas. Seules les hauteurs de Saubagnacq et de Tercis sont habitées.

- Au Néolithique ancien : il existe quelques habitations humaines autour du lac où la ville sera bâtie. (R.Pottier, Recherches d'archéologie préhistoriques dans l'arrondissement de Dax.)            

- au Néolithique récent : Dax est fondée sous forme d'une cité lacustre à son emplacement actuel. (H. du Boucher, Les Aquenses primitifs. ch. III et IV (bull soc. de Borda, 1877).

- à l'époque des métaux, Dax devient une ville terrestre

- L'an 56 avant J.C., Dax est une cité romaine

Tous les historiens s'accordent pour dire que la fondation de la ville de Dax, au milieu des marais est due avant tout aux sources thermales (Dompnier de Sauviac, chroniques de la cité d'Acqs, Dax, 1873, liv. 1 p.18)

            Au tout début de sa fondation, Dax semble être construite sur une cité lacustre. Cet espace présentait plusieurs avantages : les rives de l'Adour sont plus resserrées. Elles facilitent la construction d'une ville. Très tôt la cité des Tarbelles '"Dax la pyrénéenne" comme l'appelle le poète Tibulle, est devenue célèbre pour ses sources d'eau chaude. C'est aussi un carrefour routier, dernière ville gauloise avant Pampelune, riche de ses liens avec Bordeaux et l'Espagne. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

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            Peu à peu le lac était devenu marais ; et grâce à l'apport des sables que l'Adour charriait dans sa course, la cité s'était transformée en un bourg de terre ferme, à proximité des sources thermales. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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            Ces sources thermales sont nées dans une faille formée lors de la constitution de la chaîne des Pyrénées. A 2000 mètres de profondeur, l'eau minéralisée est chauffée au contact de la roche dont la température augmente notamment par l'action du gradient géothermique (la température et la pression augmentent avec la profondeur). Mise sous pression, l'eau remonte par des failles des roches jusqu'à la surface. La source la plus abondante, la Fontaine chaude ou Nèhe, en référence a la déesse celtique de l'eau, jaillit naturellement a 64 degrés dans une zone marécageuse arrosée par l'Adour. Celle-ci est asséchée, assainie et cimentée par les Romains qui y aménagent les premiers bains. Leur création ...remonte vraisemblablement au 3° siècle ap. J.C. La Fontaine chaude alimente également en eau bouillante la population. (Christophe Belser, Dax il y a 100 ans, 2009, Ed.Patrimoines et médias, p. 60)

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            Il est difficile de dire d’où venaient les premiers dacquois…probablement un mélange d’ibères venant d’Orient à travers l’Espagne et de celtes venus du nord pour former la race dite celtibérienne. On ignore par qui et à quelle époque elle fut fondée : son origine se perd dans la nuit des temps dits préhistoriques. L'eau sortant bouillante du sol sur les bords de l'Adour, Ie plateau formant Ie sommet d'un monticule ophitique, connu sous Ie nom de Pouy ou Tuc d'Eauze (Sur ce monticule on voit l'ancienne habitation de l'une des branches de la famille de Borda, transformée aujourd'hui par les Prêtres de Ia Mission (Lazaristes) en un magnifique séminaire ; on y remarque aussi une tour élevée, sorte d'observatoire, nommée Tour de Borda, d'où l'on aperçoit la chaîne des Pyrénées. et qui domine la plaine environnante. Tout dans l'emplacement occupé par la ville actuelle, était fait pour attirer les populations primitives, les décider à s'y établir et à y construire un oppidum et une première bourgade. (Docteur Charles Lavielle,  (1898) Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris)

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            Les Tarbelles étendaient leur empire le long de la côte océane jusqu'aux Pyrénées. Ils incarnaient à merveille l'esprit et les qualités de la race celtibérique. Dès les débuts de leur histoire, nous les voyons fiers et belliqueux, généreux et légers, industrieux, beaux parleurs, épris de liberté. Si d'après Jules César, les Aquitains formaient « la meilleure espèce du genre humain », nous devons dire qu'aux yeux des maîtres du monde, les  "Aquenses " ou Dacquois étaient les Aquitains par excellence, puisque les vainqueurs désignèrent tout le Sud-Ouest de la Gaule d'un nom dérivé de celui de leur ville : « Aquœ », la Cité des Eaux. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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            Dax entre dans l'histoire en 297 en étant mentionnée dans la Liste de Vérone et plus tard en 400 dans la Notice des Provinces et Cités des Gaules. Dans la Novempopulanie, Province des Neuf Peuples (XII cités dont Dax), la ville est nommée Civitas Aquensium et les habitants Cives Aquenses, formulations en usage durant toute l'Antiquité. Dax ne figure pas parmi les villes augustéennes d'Aquitaine que sont Bordeaux, Périgueux et Saintes. On peut fixer avec une assez grande vraisemblance la construction des remparts vers le milieu du IVème siècle, travail gigantesque pour l'époque, de 1 465 m de longueur, clôturant environ 12 à 13 hectares, avec pour monument principal un temple qui daterait de la première moitié du IIème siècle. La fondation du siège épiscopal de Dax — l'un des plus anciens de France — daterait du milieu du 3° siècle : saint Vincent de Xaintes en fut le premier évêque et martyr. Le Haut Moyen Âge, à Dax, faute de documents, est très mal connu. L'histoire de la ville ne se confond pas nécessairement avec celle de la province. (Wikipedia)

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Sous domination romaine : Dax devient une cité importante renommée par ses sources chaudes.

 

            Ce fut en l'an 56 av. J.C. que Crassus, lieutenant de César, entreprit la conquête de l'Aquitaine. Après la sanglante bataille des bords de l'Adour où périrent près de 35.000 celtibériens confédérés, les Tarbelles durent se soumettre ainsi que leurs frères d'armes. Mais le levain de l'indépendance continuant de fermenter dans leurs coeurs, ils prirent part à toutes les révoltes que, pendant près d'un demi-siècle, les montagnards des Pyrénées fomentèrent de l'Ebre à la Garonne contre la puissance romaine...La ville remplace son nom d'Aquœ Tarbellicae par le titre honorifique d' « Aqute Augustae ». Dax connut les privilèges et les faveurs d'une cité romaine. Grâce à ses fontaines miraculeuses, elle devint le centre  de colonisation le plus important de la contrée.. Les nombreux débris de mosaïques et de marbres, les fragments de colonnes, d'autels et de statues, les monnaies, recueillis à chaque fouille dans le sous-sol des rues signent abondamment le rôle que jouait dans cette parti éloignée de l'empire, la "Civitas Aquensium".  Sa situation géographique en fit le noeud des routes militaires et commerciales de l'Aquitaine, le grand marché d'échanges et de productions régionales, la station balnéaire en vogue où l'on venait de très loin comme les inscriptions votives l'attestent. Cette richesse romanisée ne cessa de s'accroître pendant les trois premiers siècles, et la campagne environnante se couvrit de fastueuses villas. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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La légende du chien :

A Dax, comme dans la majorité des stations thermales, nous trouvons le récit primitif d'une découverte animale qui cache mal les mythes zoomorphiques des cultes stellosolaires. Un légionnaire romain en garnison à Dax avait un  chien qu'il aimait beaucoup, mais qui, à son grand regret, était gravement atteint de rhumatisme. Presque entièrement perclus et en proie aux douleurs les plus aiguës, le pauvre animal était devenu, de la part de son maître, l'objet de soins tout particuliers. Déjà depuis bien des jours, il n'avait cessé de lui appliquer inutilement et sans succès, une foule de remèdes usités en pareil cas, lorsque !a compagnie dont il faisait partie reçu l'ordre d'aller renforcer en Espagne un corps expéditionnaire. C'était probablement quand César guerroyait dans cette contrée. Dès ce moment jusqu'au jour de son départ, le soldat, redoublant de soins, eut recours aux médicaments les plus énergiques, mais ce fut inutilement. A bout de moyens et finalement convaincu que son compagnon ne pouvait le suivre et qu'il était conséquemment voué à une mort prochaine, il résolut de le noyer pour le soustraire aux tortures de la faim. A cet effet, s'armant d'un suprême courage, il le jeta dans l'Adour au moment de son départ. Le courant, bien plus que les efforts que le pauvre animal put faire pour regagner le rivage, l'entraîna au sein des boues thermales qui se trouvent sur le bord du fleuve et il dut forcément s'y arrêter, Après une immersion dont on ignore la durée, le rhumatisant put en sortir pour aller assouvir sa faim. Son instinct l'y ramena ensuite plusieurs fois pour compléter sa cure. Mais quelles ne furent pas, à sa rentrée à Dax, la surprise et la joie du militaire en apercevant le fidèle animal qu'il croyait mort, accourir à  sa rencontre ...et lécher avec amour les mains qui l'avaient sauvé avec l'intention de le faire périr...

            Telle est la légende dacquoise. Elle fait partie d'un groupe important de récits. Quelle est la ville d'eaux qui n'a pas été fondée par un animal : Aix la Chapelle doit sa source à des chevaux, Salies de Béarn à un sanglier, plombières à des pigeons etc... ? cela fait partie de la légende des saints. partout où l'Eglise à rencontré des cultes anciens, elle les a sanctifiés.  La légende de Dax est un mythe religieux adapté.

Quand au nom de Nehé donné à la fontaine chaude il y a plusieurs explications soit une déesse néhalénia, soit son nom signifie "buée". (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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            Dès le 2° siècle ap. JC, la ville s'est construite autour de la Fontaine Chaude. En 1984, Brigitte Wattier et Marc Gauthier ont présenté les conclusions de leurs fouilles archéologiques dans un article intitulé "Découverte de l'état romain de la Fontaine Chaude de Dax (Les Landes dans l'histoire, centenaire de la société de Borda, 1876-1975, Fédération historique du Sud-Ouest, Actes du XXVIIIème Congrès d'études régionales tenu à Mont de Marsan et Dax les 24 et 25 Avril 1976, Société de Borda, 1978, p. 87-111)

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            Au quatrième siècle, deux grands événements modifièrent cet aspect. Le premier fut la prédication de l'Évangile par Saint Vincent de Saintes que Dax reconnaît pour son premier évêque, et qui subit le martyre dans des circonstances mal connues. L'autre consista dans la construction de la magnifique enceinte dont les fragments font encore l'admiration des archéologues. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.). C'est une ceinture de remparts de 10 mètres de haut et de 1420 mètres de long  avec 4 portes (dont une seule permettait l'entrée des diligences)  et 40 tours. Malheureusement dès 1853, cette belle architecture fut démolie pas des municipalités incultes  dans l'art architectural. Il en reste "en souvenir"  deux tronçons, au Parc Théodore Denis et sur la place des Salines. (pour en savoir plus voir l'excellent site : http://rempartsdedax.blogspot.fr

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             "Le castrum antique", d'une superficie de 12 ha, est entouré de murailles sur une longueur de 1425 m. Démolies à partir de 1855 pour leurs parties extérieures (il reste des vestiges enfouis dans le sol),  il n'en reste aujourd'hui que 55 m apparent.  La superficie de la ville était de 12 ha. Elle était la plus vaste cité du Sud de la Garonne . (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

                                                                                  plan de l enceinte.JPGhttp://rempartsdedax.blogspot.fr/

                                                                                        

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Les Romains en Aquitaine et dans la ville de Dax

Au moment de l’invasion romaine,l’Aquitaine comprenait toute la région qui se trouve placée entre la Garonne,les Pyrénées et l’océan. Ce ne fut que sous Auguste que ses limites furent portées jusqu’à la Loire. Plus tard, elle fut divisée en trois provinces distinctes : Ia première, la seconde et la troisième Aquitaine. La troisième, désignée aussi sous Ie nom de Novempopulanie (pays des neuf peuples), renfermait a peu près tout ce que contenait I' Aquitaine des premiers Romains. Parmi les neufs peuples  ( et les peuplades qui leur étaient attachées)- tous de race celtibérienne se trouvaient  : Les Tarbelli, chef-lieu Aqum Tarbellicum. - Dax.( Dans son Dictionnaire Celtique, Bullet fait dériver ce nom de ces deux mots: tar, exhalaison - bayl, chaude.) Ce qui sembleralt indiquer que, pour les Celtes, Dax était dejà la Ville aux vapeurs chaudes.

Les Romains désiraient depuis longtemps soumettre les Aquitains qu'ils redoutaient. Ils envoyèrent contre eux Valérius Préconius qui fut complètement défait et périt dans un combat. Le proconsul Manlius qui lui succéda n'eut pas, dans ses diverses tentatives, un sort plus heureux, et dut, après avoir perdu tous ses bagages et une partie de son armée, rentrer piteusement en Italie. Il fallut, pour vaincre la résistance héroïque des Aquitains, qui jusqu'alors avaient su faire respecter leurs droits et leur indépendance, la venue dans les Gaules du plus grand général des temps anciens, de César et de son lieutenant Publius crassus qui fut plus spécialement chargé par lui de la conquête de l'Aquitaine. Les Aquitains vaincus durent se soumettre et traiter avec Crassus a des conditions qui honorèrent vainqueurs et vaincus.

Parmi les peuples qui se soumirent, César cite les Tarbelli, … Les Aquitains servirent fidèlement César et contribuèrent, pour une large part, à sa victoire de Pharsale. Après cette bataille, et pour récompenser les vaillants soldats de la Légion de l'Alouette (alaoucla, mot celtique devenu latin, et reste gascon), exclusivement composée d' Aquitains pour la vaillance et la bravoure qu'ils avaient déployées dans les combats, il les fit citoyens Romains. Les principaux chefs reçurent le titre de sénateurs.

            A la mort de César, les Aquitains essayèrent de reconquérir leur indépendance. Octave, qui n'était pas encore empereur, envoya contre eux Agrippa. Surpris par ce général, ils furent battus dans divers combats partiels et durent faire leur soumission. Au bout de quelques années ils se révoltèrent de nouveau et appelèrent à leur aide les Cantabres. Octave, devenu empereur sous le nom d'Auguste, fit marcher contre eux Ie consul Messala Corvinus avec une armée considérable. La défaite des Aquitains et des Cantabres valut a Messala les honneurs du triomphe et sa gloire fut chantée par Ie poète Tibulle qui avait pris part à cette expédition. Auguste se rendit en personne en Aquitaine pour y détruire l'esprit national en changeant l'organisation territoriale et administrative des diverses provinces qui la composaient. Jules César avait honoré quelques cités en en faisant des villes juliennes…Auguste imita cet exemple et créa des Villes Augustes et de ce nombre fût aquae augustae tarbellicae – Dax.  Le poète Ausone la nomme dans ses vers tantôt Aquae Augustae, tantot Aquae Tarbellicae. OEmilia OEonia, sa mère, était née dans cette ville… D'après une inscription reIevée sur le tombeau du proconsul Pectus, mort a Dax en 117, cette ville y est designée sous Ie nom d' Urbs Aquensis Magnifica. Roger de Hoveden, célèbre chercheur anglais, l'indique sous la dénomination de Civitas Akensis, en parlant d'une expédition de Richard 1°, roi d'AngIeterre, qui assiégea Dax, en 1177. Grégoire de Tours la désigne sous Ie nom de Urbs Aquensis.  Les Basques (Vasques, Vascons), d'après l'historien Oïhiénart, l'appelaient Aquise. Les Gascons, vers 1400, disent ensuite, par corruption de ces divers noms, Acqs, Ax; et puis on a prononcé et écrit plus tard Aqs, D'Acqs, et enfin DAX par la jonction du pronom possessif. Dax avait une grande réputation sous la domination romaine car d’après Marca les riches citoyens de la Gaule narbonnaise  venaient demander la santé à ses eaux salutaires. L'irnportance que la ville de Dax avait sous les Romains est également prouvée, d'après le savant auteur des Annales Dacquoises, par les travaux que les conquérants firent dans la capitale des Tarbelles, qui devint plus tard Ia première des cités de la Novempopulanie. lls y bâtirent des bains de marbre…qui étaient situés auprès de la Fontaine-Chaude. Ils construisirent également un aqueduc monumental qui conduisait en ville Ies eaux d'une source située au sud de l'Eglise de Saint-PauI-lès-Dax. On a découvert aussi, dans Ies environs, des villas Iuxueuses, surtout dans le quartier de La Torte  défriché par les Templiers qui en devinrent propriétaires, en 1140, en vertu d'une donation faite en leur faveur par Grisetus, oncle paterneI des vieomtes Raymond, Arnaud de Dax....En voyant tomber, une a une, les pierres des Remparts qui furent construits au IVème siecle par les Romains, M. Pottier a eu l'heureuse idée de rechercher dans l'histoire et dans les chroniques combien de fois ce remarquable oppidum avait reçu Ie choc des assaillants. Peu de villes peuvent compter autant de sièges que Dax. (Docteur Charles Lavielle, Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris (1898)

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Les invasions barbares : Dax sur le passage des barbares du V° au X° siècle et ruinée

 

            Pourtant le temps des rudes épreuves approchaient. Dax, l'une des portes de l'Espagne, sur le passage des grandes invasions, devint, pour ainsi dire, le point de concentration et d'élan des barbares devant l'obstacle des Pyrénées, âprement défendues par leurs habitants. Dans l'histoire sombre de ces siècles, de deuil, c'est à peine si la flamme des incendies et le scintillement des glaives jettent pour nous quelques lueurs intermittentes. Dax fut saccagé par les Alains, les Suèves, les Vandales, et les Wisigoths l'occupèrent pendant quatre-vingts ans. Au début du VI° siècle, Clovis, roi des Francs Saliens, s'établit dans la ville des Comtes de sa race ; mais la domination franque en Aquitaine fut plus nominale qu'effective et succomba sous les assauts d'un nationalisme farouche lorsque les Vascons, venus des montagnes, eurent à leur tour envahi le pays des Gaves et de l'Adour. Ce fut la Gascogne, entité nouvelle dans notre histoire. Elle existait depuis plus d'un siècle sous l'autorité souveraine des ducs d'Aquitaine, quand les Sarrasins s'emparèrent des murs de Dax, où ils se maintinrent quelques années, Charlemagne traversa-t-il Dax par Roncevaux, comme le veulent certains ? Louis-le-Débonnaire en fit-il le siège, comme d'autres le prétendent, dans sa lutte contre les bandes d'Aiaric ? Combien de fois la ville fut-elle soustraite à la main rude mais bien aimée des ducs de Gascogne ? A combien de reprises dut-elle subir les injures des Normands, les plus cruels des barbares ? Ce sont là les secrets de l'Histoire... (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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Les murailles du IV° siecle étaient à peine terminées, que les Vandales, les Alains et les Suèves, auxquels se joignirent bientot les Barnates et les Huns (406), envahirent l'Aquitaine et prirent les différentes places d'armes de cette province. Dax ne fut pas épargnée, et les thermes impériaux de cette ville furent détruits. Ils furent reconstruits sous la domination Visigothe.

Cinq ans plus tard, en 414, Ataulphe, roi des Visigoths fut chassé de l’Italie et après le sac de Bordeaux, il s’empara de Dax qui se trouvait sur la route suivie par lui pour se rendre en Espagne. Les visigoths gardèrent la ville jusqu’à la mort d’Alaric…Ils abandonnèrent alors la Novempopulanie, et les Francs que les populations aquitaines appelaient depuis longtemps de leurs voeux, envahirent et ravagèrent à leur tour notre pays déjà si maltraité par les autres invasions des hommes du Nord. La domination Franque dura jusqu'en 558, époque à laquelle les Vascons ou Gascons provoqués par les Francs qui, à plusieurs reprises, avaient tenté de les soumettre, descendirent des Pyrénées, dévastèrent le pays, s'emparèrent de Dax et y élirent leur premier duc, Lupus ou Loup (chronique de Lesear).

En 602, une armée, envoyée par les rois Thierry et Théodebert, prit les villes de Beneharnum (Lescar), Aire et Dax, et força les Vascons à reconnaitre la souveraineté des Francs.

En 732. les Maures d'Espagne, sous la conduite de Zama, s'emparèrent des villes de Dax et de Lapurdum, Bayonne cette première invasion fut anéantie près de Toulouse par Eudes, duc de Gascogne. En 751, les mêmes Maures, sous la conduite d'Abderame, traversèrent de nouveau les Pyrénées en suivant les voies romaines (Marea) et, pour gagner Bordeaux, ils passèrent nécessairement par Dax, point d'intersection de deux de ces voies.
En 778, Charlemagne, se dirigeant vers l'Espagne, s'empara de la ville.

En 812, Louis-le-Débonnaire vient en personne faire le siège de Dax, où s'était enfermé le duc de Gascogne, Aldaric. Les Gascons, se fiant a la force des remparts, refusèrent de traiter et repoussèrent l'armée Franque, qui changea le siège en blocus. Pressé par la famine, Aldaric se rendit au camp de Louis et obtint facilement de ce prince la levée du blocus.

En 844, les Normands, après avoir saccagé Bordeaux…se jetèrent sur l'Aquitaine qu'ils pillèrent. C'est  à cette invasion que la ville d'Auguste, qui avait jusque-la conservé sa splendeur, doit sa ruine.

 En 925, les Aquitains et les Francs se réunirent pour combattre les Barbares.

Vers 980, Aldaric, moine de Cluny, appelé en Gascogne pour rétablir les monastères ruinés, fut pourvu de l’évêché de Dax. Les Normands firent une nouvelle invasion dans la contrée et débarquèrent à Capbreton. Aldaric fut obligé de quitter son diocèse et de se réfugier à Reims, chez le cormte Haribert, Dax fut de nouveau saccagé. Enfin le duc Guillaume, descendant de Clovis, par Eudes, petit neveu de Dagobert, rencontra les envahisseurs dans la plaine du canton de Castets, à 20 kilomètres au nord de Dax et les mit en déroute complète, si bien que depuis ils ne reparurent plus dans le pays…C'est vers cette époque que Dax commença à avoir ses vicomtes particuliers, sous la suzeraineté des ducs de Gascogne. Ils eurent de fréquents démélés avec leurs voisins, notamment avec les vicomtes de Béarn. (Docteur Charles Lavielle, Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris (1898)

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Le Haut Moyen Age : Le temps des comtes et vicomtes

 

            Après la bataille de Taller où Guillaume Sanche, comte de Gascogne, tailla les Vikings en pièce, ces barbares cessèrent d'envoyer leurs vagues de mort sur le littoral du golfe cantabrique. Alors le pays recouvra son indépendance sous les princes navarrais, et Dax, relevé de ses ruines, eut des Vicomtes particuliers... Leur histoire est, faite en grande partie de démêlés avec les évêques du lieu, tissu d'excommunications et de pénitences publiques, d'usurpations sacrilèges et de fondations pieuses réparatrices. Que l'on sache seulement que les querelles de diocèse à diocèse, les intrigues de seigneur à seigneur finirent par mettre aux prises les maisons de Dax et de Béarn. Si Dax marqua quelques succès dans les débuts, le jour vint où son vicomte Navarre fut battu et tué dans une bataille : la fière cité landaise subit alors le joug de l'étranger. L'occupation béarnaise fut de courte durée ; les Dacquois se révoltèrent ; mais ils ne recouvrèrent jamais les pays de Mixe et d'Ostabat, ni la ville d'Orthez que l'on appelait « l'honneur d'Acqs » et qui appartenait primitivement à leur couronne. Du reste, la puissance vicomtale, amoindrie par les échecs guerriers, limitée par la juridiction envahissante des évêques, sapée par l'esprit communal qui grandissait sous ses auspices, allait s'affaiblissant de jour en jour.

            Au milieu du XII° siècle, la maison d'Acqs jouait un rôle assez effacé dans l'administration urbaine, mais elle gardait, comme un patrimoine d'honneur et de gloire, la représentation officielle de la vieille cité et la foi incorruptible de ses habitants. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

La période médiévale transforme Dax en ville épiscopale et en place forte. Lors des invasions du Moyen Age, Dax est protégée par ses murailles. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

Il faut noter que la ville et la cité d'Acqs, limitrophe des Royaumes d'Espagne, Navarre et Aragon, avait été très fortifiée afin d'être en état de résister aux assauts des troupes de ces diverses nations extérieures. Place de guerre et de commerce, elle était encerclée de fortes murailles et de remparts assez étroits, couronnés eux-mêmes par un château-fort, muni de tous les engins d'artillerie en usage dès le 12° siècle et jusqu'au 17° siècle. Ces fortifications, entourées de larges fossés étaient défendues par une milice bourgeoise et quelques troupes royales. (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

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À partir de la fin du X° siècle, la ville est administrée par les vicomtes de Dax (d'Acqs) qui se succèdent jusqu'en 1177, époque où le vicomté passe à la maison voisine des vicomtes de Tartas par le mariage en 1190 de Navarrine, fille unique de Pierre II, dernier vicomte de Dax (d'Acqs) avec Raymond-Arnaud III, fils de Raymond-Robert, vicomte de Tartas. Les vicomtes de Tartas ont tenu la vicomté de Dax (d'Acqs) tout comme celle de Tartas jusqu'au début du XIV° siècle (1312). Par le mariage de la fille unique du dernier vicomte de Tartas et de Dax (d'Acqs), Assalide, avec Amanieu V, sire d'Albret, de la Maison d'Albret, le titre en passa dans cette Maison, rois de Navarre au XV° siècle, et ultérieurement au Roi de France et de Navarre, par le roi Henri IV issu par sa mère, Jeanne d'Albret, de la Maison d'Albret. Les vicomtes de Dax (d'Acqs) étaient du sang des ducs de Gascogne et leurs vassaux directs, tout comme les vicomtes de Tartas... (wikipedia)

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Le Bas Moyen Âge et la domination des rois d'Angleterre pendans trois siècles

 

            Le mariage de Louis VII de France et Aliénor d'Aquitaine est annulé en 1152 ; celle-ci épouse la même année Henri Il Plantagenêt, plus tard roi d'Angleterre, à qui elle apporte en dot les provinces du Sud-Ouest de la France (Gascogne et Guyenne). La domination des rois d'Angleterre, appelés rois-ducs — parce qu'ils demeuraient (en principe seulement) vassaux des rois de France pour leurs possessions en France — devait durer jusqu'en 1453, à la fin de la guerre de Cent Ans. Dax fut prise une première fois aux Anglais par Charles VII et le Dauphin, futur Louis XI, en 1442. Révoltée et s'étant redonnée aux Anglais presque aussitôt après le départ des Français, elle fut reconquise définitivement par les Français lors d'un second siège, le 8 juillet 1451, date à laquelle le comte de Foix en prend possession au nom de Charles VII. Par ses lettres patentes, Louis XI confirme les privilèges de la ville d'«Acqs», après son sacre en 1461, ainsi qu'à la suite de la mort du duc de Guyenne, son frère le 14 octobre 1472. Siège épiscopal situé sur le chemin de Saint-Jacques, Dax attire les pèlerins qui y passent toujours sur leur route pour Compostelle. Par ailleurs, la ville, située sur l'Adour, à proximité de Bayonne, et sur l'ancienne voie commerciale Dax-Pampelune, devient assez prospère, et s'affirme comme l'une des plus importantes cités gasconnes d'alors, aux côtés d'Auch et de Bayonne. La ville - capitale naturelle de la Chalosse, région aux terres de culture et d'élevage grasses et fertiles - constitue un centre économique important avec ses deux foires annuelles de 16 jours et son marché hebdomadaire du lundi qui voit le jour en mars 1368. Le clergé joua un rôle non négligeable dans ce développement (favorisé par les franchises accordées par les Plantagenêts), comme en témoignent les nombreuses constructions réalisées dans les trois derniers siècles médiévaux (toutes ou presque ont disparu) : cathédrale Notre-Dame du XIIIème (écroulée au XVIIème siècle, il n'en subsiste plus que le splendide portail des apôtres, chef-d'oeuvre de la sculpture de l'époque), évêché, cloître, couvents (Cordeliers, Carmes, Clarisses), maisons canoniales, etc. La mairie de Dax est l'une des plus anciennes de France, elle date de 1189. Le premier maire (ou Capdel) de Dax s'appelait Pierre de Saint-Paul et, après lui, 148 maires se sont succédé, sans aucune interruption. (wikipedia)

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            C'est en 1137 qu'une histoire de mariage et de divorce va mettre Dax sous la gestion anglaise. En effet, Le roi de France Louis VII, épouse la duchesse d'Aquitaine Aliénor et hérite du territoire. Mais faute de descendance, le mariage est annulé en 1152. Aliénor épouse alors Henri II Plantagenêt, héritier du Royaume d'Angleterre à qui elle apporte en dot ses provinces du Sud-ouest de la France. Dax passe sous domination anglaise.

1177 est une date importante. Dax est passée sous administration  de  Pierre II vicomte de Dax, qui se rallie au roi de France. le peuple dacquois ne le suit pas. Elle reste fidèle au roi d'angleterre. Après un siège rapide, les anglais reprennent Dax. Ils mettent à sa tête un "capdel" (chef de commune) faisant de Dax une des plus anciennes mairies de France. La ville reçoit des privilèges, devient un centre commercial important, grâce à son marché du lundi, se deux foires annuelles de 16 jours et aux voies fluviales et terrestres. C'est le début d'une période prospère et relativement calme à part les attaques des rois de Castille (1204) de Béarn (1245) et de la peste (1348) (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

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            Le mariage d'Eléonore d'Aquitaine avec Henri Plantagenet établit dans tout le Sud-Ouest la suzeraineté des rois d'Angleterre. Les barons gascons étaient remuants, pour ne pas dire indociles. Il s'ensuivit quelques révoltes, dont la plus grave rassembla dans la ville, défendue par son vicomte Pierre II, une foule de mécontents. Richard-Coeur-de-Lion prit Dax, après dix jours de siège le 4 Janvier 1177 ; mais à peine se fut-il éloigné, qu'un nouveau sursaut d'indépendance secoua l'antique cité. Richard revint sur ses pas, après avoir réduit Bayonne, et recommença la lutte, dont l'issue n'était pas douteuse. Pierre II fut tué sur les remparts en repoussant une escalade des Anglais. Dès lors, la ville releva directement du roi, ainsi que l'indique sa belle devise « Regia Semper ». A la place de ses Vicomtes, elle eut des « Mayours » ou « Capdels » qui, assistés de vingt « jurats », formèrent la « Cour des Nobles ». Elle s'enrichit peu à peu d'une foule de privilèges et de franchises, votant elle-même ses impôts, levant des milices, possédant une force urbaine que commandait le mayour ou son délégué, répartissant et percevant des taxes communales, exerçant le droit de justice avec une liberté presque sans limites. Les jurats connurent de toutes les appellations de la sénéchaussé des Lannes. On data les actes notariaux des années de charge des capdels, comme autrefois à Rome des années des Consuls. Enfin, c'est dans les murs même de la ville que le roi d'Angleterre venait recevoir l'hommage des Dacquois et jurer à son tour de respecter leurs « fors ». Aussi ne doit-on guère s'étonner que pendant trois cent ans, ils soient en général restés fidèles à la couronne anglaise. Une défaillance passagère en faveur du roi de Castille et de temps en temps des velléités françaises quand le suzerain légitime tentait d'outrepasser ses droits, n'infirment pas la vérité de cette assertion.

            En ces temps de troubles et de guerres, Dax subit tous les contre-coups de la rivalité franco-britannique. Jean-Sans-Terre l'assiège en 1199, Alphonse VIII de Castille s'en empare en 1204, Gaston VII de Béarn la pille en 1245, les troupes de Philippe-le-Bel l'occupent en 1291, les Anglais es-sayent en vain de la reprendre en 1295 et la récupèrent par traité en 1303. Au fond, la politique extérieure de la ville de Dax au Moyen Age est très simple et se résume en entier dans le seul cri de : Liberté ! Quiconque garantit cette liberté reçoit l'hommage des Dacquois et peut compter sur leur abnégation. Quiconque affecte de la méconnaître voit fondre en un clin d'oeil les dévouements et les promesses. Sous ce régime d'autonomie presque absolue, la vie communale connut une intensité sans pareille où s'affrontèrent toutes les ambitions et tous les partis. La guerre civile éclata plusieurs fois à l'abri des remparts et il ne fallut rien moins que l'arbitrage des papes et des rois pour réconcilier les citoyens de l'un et de l'autre bord, sur le tombeau de Saint-Vincent. Car ce tombeau conservait toutes ses prérogatives. Il était le témoin des réconciliations et des engagements solennels. Son rôle dans la vie sociale des Dacquois revêtait une grande importance. C'est la main étendue sur les reliques de leur premier évêque que les mayours promettaient, en prenant possession de leur charge, de n'accepter aucun don ni paiement en échange de la justice qu'ils devaient à tous, de ne point disposer des deniers publics sans l'assentiment de quatre jurats. Ils promettaient aussi de maintenir, défendre et respecter les fors, coutumes, franchises et établissements de la ville ; de préserver le faible comme le puissant de tout excès de pouvoir de leur part ou de la part d'autrui ; de garder consciencieusement les secrets de la cité et de sauvegarder les droits du suzerain. C'est là encore, sage mesure que les fournisseurs d'articles de première nécessité, spécialement bouchers, aubergistes, poissonniers, devaient jurer chaque année qu'ils ne formeraient point de syndicat entre eux dans le but de supprimer la concurrence et d'établir des prix arbitraires au détriment du consommateur. Au début de la guerre de Cent Ans, Dax soutint les Anglais qui augmentaient sans cesse ses privilèges chose remarquable si l'on songe qu'à, cette époqu,e les libertés communales disparaissaient partout sous les atteintes du pouvoir royal. En 1442, Charles VII mit le siège devant la cité, qui résista pendant six semaines ; mais le dauphin, plus tard Louis XI, ayant emporté, l'épée à la main, la tour qui défendait la porte principale, Dax capitula. Dix jours après cependant, les habitants massacrèrent la garnison française et jetèrent les corps des soldats dans l'Adour. Le 8 juillet 1451, la ville, investie par les troupes du Comte de Foix, se rendit définitivement au roi de France. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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            C'est vers cette époque que Dax commença a avoir ses vicomtes particuliers, sous la suzeraineté des ducs de Gascogne. Ils eurent de fréquents démélés avec leurs voisins, notamment avec les vicomtes de Béarn.

Un de ces derniers s'empara de Dax, en 1107, après une bataille dans laquelle Navarrus fut tué. QueIque temps après, ses fils reprirent aux Béarnais le domaine de leur père. Le mariage d' Aliénor ou Eléonore de Guienne  (d’aquitaine) avec Henri Plantagenet (qui en 1156 succéda a son père, Guillaume Ie Conquérant, sous Ie nom d'Henri II), fit passer la ville de Dax, en 1152, sous la domination anglaise; les nouveaux maitres voulant s'attirer les sympathies de la population, lui accordèrent un grand nombro de privilèges (un de ces privilèges exemptait les représentants de
ville de Dax de l'obligation de sortir de l'enceinte pour prêter un serment quelconque. Et c'est fiers de ce droit que les Dacquois refusèrent plus tard de se rendre à Bordeaux pour prêter, au prince de Galles, leurs serments de fidélité, lorsque son père le duc d'Aquitaine contraignirent le prince noir à venir chez eux pour recevoir Ie serment.

Cependant, un gouverneur anglais, le sénéchal Raoul de Lafaye, ne tenant pas compte de ces concessions, greva la contrée d'impôts et amena, par ses exactions, une révolte des seigneurs du pays. Richard-Coeur-de-Lion dut venir en Gascogne a la tête d'une armée.

Centule, vicomte de Bigorre, et Pierre II, vicomte de Dax, s'enfermèrent dans la ville. Richard parut sous les murs le jour de la Noël en 1177; et, après 10 jours de siège, il contraignit la place à lui ouvrir ses portes et à recevoir ses lois. Richard s'étant éloigné, le vicomte se révolta de nouveau, et l'armée anglaise dut revenir faire le siège de Dax. (Docteur Charles Lavielle, Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris (1898)

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Le XV° siècle

 

            En 1451, Charles VII par le traité de TAILLEBOURG, contre la reddition de la ville par les Anglais, accorde à Dax, qui venait de donner des gages d'amour et de fidélité,  par lettres patentes, desdroits et privilèges pour l'exemption des tailles, gabelles, et autres impositions . Les dacquois se battront longtemps pour conserver ces privilèges jusqu'à la Révolution de 1789. Ces privilèges ne furent jamais publiés jusqu'en 1740

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Le XVI° siècle : guerres de religion et troubles de la Fronde

 

            Au départ des anglais, l'abondance diminue et jusqu'au XV° siècle Dax vit des moments difficiles.  Le XVI° siècle sera marqué par les guerres, les épidémies et une grande pauvreté. Les espagnols sont attirés par Dax. La ville est mise en état de siège et leur résiste en 1521-1522.  Mais  partir de 1562 les guerres de religion vont saccager les Landes. Marguerite, reine de Navarre, est sensible à la Réforme prônée par Luther. et convertit aux idées nouvelles de nombreuses personnalités du Béarn et des Landes. Bientôt des religieux, des nobles, mais également des magistrats, bourgeois, artisans ou paysans sont touchés par la Réforme. Jeanne d'Albret, sa fille, s'implique aussi dans la diffusion du protestantisme. Les tensions montent, et durant 36 ans, huit guerres vont se succéder. Dans les Landes ce sont surtout les années 1567-1569 qui sont les plus cruelles. Dax, défendue par le catholique Bertrand de Poyanne, reste un temps loin des exactions, mais elle est bientôt mise à sac par Montgoméry, chef des Huguenots.

La 7° guerre de religion se termine quand Vincent de Paul nait au Pouy, un village à côté de Dax. Il étudie le latin, la grammaire au collège des Cordeliers de Dax, devient précepteur, prend goût à l'apostolat, et est ordonné prêtre en 1600. Il quitte alors Dax. Un long chemin l'attend. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

Détournons un instant les yeux de ces événements néfastes. Tandis que les diplomaties de la cour des Valois, les ambitions de la Ligue, les menées subversives des Huguenots entretenaient dans le royaume le désordre et la guerre à l'état permanent, l'Homme de Paix par excellence, tout amour et tout abnégation, naissait au village de Pouy, à cinq kilomètres des remparts. C'était en 1581. Les parents de Vincent de Paul, simples laboureurs, ne sortirent jamais de leur condition. On vénère encore la maisonnette de Ranquines où, dit-on, le grand apôtre de la charité vit le jour et le chêne qui l'abritait dans son jeune âge alors qu'il gardait les troupeaux. Comme l'enfant montrait une vive intelligence, on lui fit étudier le latin chez les Cordeliers. Un avocat dacquois, en lui confiant l'éducation de ses fils, lui permit de poursuivre ses études. Telles sont les attaches landaises de cet homme extraordinaire que devait exalter Voltaire, que l'Eglise a placé sur les autels, et que Dax regarde justement comme la meilleure de ses gloires...(Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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            Ce n'était plus la « Urbs magnifica » des Vicomtes, ni la turbulente commune moyenâgeuse qui traitait de pair avec les rois ! Les Valois détachèrent successivement de la sénéchaussée dacquoise le Marsan, l'Albret, la Chalosse et le pays de Bayonne. Tout en conservant la plupart de ses franchises, Dax vit diminuer peu à peu son rôle extérieur et son antique prépondérance. En 1521, les mouvements des troupes espagnoles sur la frontière ayant alarmé les Etâts des Lannes, le gouverneur Haubardin de Luxembourg jugea que les murailles romaines ne suffiraient plus pour préserver la place. Il y ajouta divers terrassements extérieurs et fit dégager les alentours des remparts. Cette fatale mesure priva la ville d'une foule de monuments précieux et causa par la suite l'écroulement de la belle cathédrale gothique. Une trentaine d'années plus tard, Frédéric de Foix, comte de Candale, compléta ces désastreuses démolitions. Lorsque les guerres de Religion éclatèrent en Béarn, la reine Jeanne d'Albret envoya le farouche Montgomery pour dévaster les campagnes landaises. Il passa, semant partout l'incendie, le pillage et la mort ; Saint-Sever, Mugron et Tartas tombèrent, sans coup férir, entre ses mains. Mais ayant tenté de surprendre Dax dans la nuit du 11 juin 1569, Montgomery vit déjouer ses desseins par un paysan du • Braou » de Saint-Pierre qui vint prévenir le guet. Le terrible capitaine se retira devant les mesures énergiques prises par l'évêque François de Noailles. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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            Il faut noter le rôle important du clergé dans le développement architectural de la cité. Les établissements religieux se multiplient : cathédrale, évêchés, maisons canoniales. de nombreux couvents sont créés : cordeliers, carmes, clarisses et des hôpitaux. Etape importante sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, Dax reçoit beaucoup de pélerins accueillis dans les couvents et les hôpitaux.

Dans un manuscrit conservé à la bibliothèque nationale, un règlement de police défend aux aubergistes d'aller solliciter le voyageur sur la rue "ni au bain" et précise le rôle du "bahnour" ou préposé au bain. (Note : Etablissements de la ville de Dax, bibliothèque nationale cote ms latin 1542, inséré dans un parchemin au XIV° siècle in F. Abadie "le livre Noir et les Etablissements de Dax", 1902, ici p. 487 et 492) (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

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            En janvier 1551, le Roi modifie l'organisation judiciaire de la ville. Dans toutes les sénéchaussées du Royaume il fait établir, dans un immeuble, place de la cathédrale,  un "présidial" jugeant au civil composés de 9 juges pour la plupart étrangers à Dax. Cela soulève bien des différents et des conflits avec les édiles locaux pour des questions d'attribution dans le gestion de la ville. . (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

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            "Il y a, en ville de Dax, trois choses belles et singulières qui ne se trouvent à peine ensemble en ville de  l'Europe : la première est l'église épiscopale appelée la grande église Notre-Dame, la seconde est la ceinture de  murailles de la dite ville, la troisième sont les bains, lesquels sont si beaux, si salubres et de grande vertu que » tous ceux de la ville, d'alentour et plusieurs autres d'assez loin pays viennent fréquenter les dits bains pour boire de l'eau et se baigner dedans..."Ainsi s'exprimait au XVI' siècle, André de la Serre, avocat au Parlement de Paris. Des menus détails qu'il donne à la suite, on peut déduire que de ces trois merveilles, ce sont les bains qui surtout l'ont frappé, Le vieux chroniqueur n'avait-il pas raison ? (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p)

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XVII° et XVIII° siècle : période de transition et passage du Roi Louis XIV vers Saint Jean de Luz pour son mariage avec l'infante d'Espagne, Marie Thérèse

 

           Sous la monarchie des Bourbons, l'importance de la Cité ne cessa de décroître. A l'abri du Château-fort que Sully flanqua d'un bastion, (le bastion Sainte Marguerite) et des remparts que vinrent plus tard renforcer de nouveaux ouvrages elle devint en quelque sorte un simple relais de troupes dans les nombreuses guerres avec l'Espagne et un poste de surveillance contre les agitateurs de la région. Au point de vue administratif, la création de l'Election des Lannes, en 1629, priva le pays de ses Etats et par suite d'un grand nombre de privilèges. Le « don gratuit », c'est-à-dire la contribution librement votée, disparut et la répartition de l'impôt appartint désormais à l'Intendant Royal. Ce représentant de l'autorité souveraine dirigea de même toutes les branches de l'administration. Pendant les troubles de la Fronde, la ville fut le centre d'action du Marquis de Poyanne, gouverneur de Dax, Neverrenx et Saint-Sever, Sénéchal des Lannes et Lieutenant-général du roi en Navarre et Béarn. C'est dans ses murs que le marquis se renferma, après une tentative malheureuse sur Mont-de-Marsan qui tenait pour les Frondeurs ; c'est là que Balthazar, célèbre capitaine, vint inutilement le provoquer. A quelques années de là, l'établissement à Dax du « grenier à sel », occasionna le soulèvement de la Chalosse, à la voix de l'intrépide Audijos. Tandis que les bandes du partisan pillaient les convois et tenaient en échec les gens de la gabelle, tandis que les dragons du roi couraient la campagne à la recherche d'insaisissables ennemis, le calme continuait de régner dans la ville. C'est à peine si, de temps à autre, sous le gouvernement héréditaire des marquis de Poyanne, quelques discordes légères entre les habitants, quelques conflits de juridiction de pouvoir à pouvoir, enfin quelques passages de princes, venaient secouer sa léthargie.

Hygiene et salubrite publiques

En 1615, et pendant toute une longue période, les rues de la Ville et parti­culièrement de la Banlieue furent maintenues en assez mauvais état, tant pour la circulation que pour la propreté et la salubrité. Les habitants, malgré cepen­dant les fréquentes objurgations du Maire et des Jurats, avaient conservé la très mauvaise habitude de laisser s'amonceler devant leurs maisons des tas de détri­tus qui finissaient par former de véritables fumiers. En outre, les rues étaient encombrées par toute sorte de matériaux de construction, qui y séjournaient longtemps et par le bois de chauffage qu'y emmagasinaient les habitants. Ces encombrements causaient de grands embarras et étaient une grande gêne les jours de marché.

L'alimentation en Eau potable était très insuffisante et provoqua de nombreux projets dus a l'initiative toujours en éveil de la Municipalité. Les Fontaines pu­bliques étaient très rares. Il n'y avait d'autre Eau de source, que celle qui s'écou­lait le long des fosses des fortifications, notamment dans les Ravelins. Pour le surplus les habitants avaient coutume de recourir aux puits particuliers, ,dans le voisinage de leurs demeures. Ce n'est qu'a la fin du 18e siècle que fut captée et rendue publique la source de Picheteoble et Peyrelongue, dans la banlieue de St-Vincent-de-Xaintes, furent créées d'abord 3, puis 6 Bornes Fon­taines publiques, qui, pendant longtemps, furent seules à desservir la Ville....En 1615, il y avait à Dax deux hôpitaux : l'Hôpital Ste Eutrope (dans le faubourg du Cassourat au sud de la ville)  et l'hôpital du Saint Esprit au Sablar sur la rive droite de l'Adour, non loin du pont. Tous deux dispensaient les soins aux malades pauvres de la ville mais l'hôpital du Saint Esprit recevaient les nomades et les pélerins allant ou venant de St Jacques de Compostelle. L'hôpital du St Esprit fut le premier fermé et ses ressources furent confondues avec celles de l'hôpital ste Eutrope...

En 1631, un  puissant orage incendie l'hôtel de ville. Toutes les archives sont brûlées. Voici comment le raconte Raphaël Milliès-Lacroix :

 

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                                                                       sous la Révolution avec toutes les sculptures existantes sur la façade des

                                                                       palais et des édifices privés et de noblesse.

                                                                    (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)           

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En 1638, M. de Claussun, officier de Génie établi le plan de la ville de Dax. On peut remarquer :

- On ne peut rentrer dans la ville que par trois portes à travers les fortifications,  E porte Saint Pierre, F porte Saint Vincent, D porte Notre Dame. Ces portes étaient précédées de pont-levis

- Le fleuve appelé Rivière de La Dour  séparait la ville et le Sablar, (Sabla) quartier de la paroisse de Saint Paul-lès-Dax qui avait un rôle très important dans les opérations économiques et commerciales de la région. Ce qui entraina plus tard l'annexion de ce quartier par la ville de Dax. Le Sabla était relié à la Ville fortifiée par un magnifique pont en pierre, d'origine gallo-romaine lequel faisait partie des fortifications et qui était surmonté au centre, en dos d'âne par une sorte de "redoute" (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)     

 

 

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                                                                       (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

 

Ce XVII° siècle est prospère pour Dax, comme le prouvent certaines belles maisons. Deux événements marquent l'actualité

Tout d'abord une catastrophe : une partie de la cathédrale s'effondre. L'édifice roman du XIème siècle, devenu trop petit, a été remplacé aux XIIIème et XIVème siècles par un beau vaisseau gothique ; celui ci malheureusement s'écroule en 1646. Débute alors une longue reconstruction qui s'étire jusqu'au début du XX° siècle.

Le plus brillant des voyages princiers dont les chroniques locales aient gardé le souvenir eut lieu en 1660, lors de la Paix des Pyrénées et du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse. A l'aller comme au retour. Dax servit d'étape au cortège royal... (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

Autre actualité plus plaisante, en 1660 le roi de France, Louis XIV, se rend à Saint-Jean-de-Luz pour épouser l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse. Accompagné d'Anne d'Autriche, sa mère et de Mazarin, son ministre, le roi s'arrête à Dax. C'est une manière de remercier la ville pour sa fidélité au roi durant la Fronde, malgré les exactions des nobles révoltés. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville). Il faut faire remarquer un des aspects du voyage du Roi : Alors que dès l'année 1617 voit la menace du rétablissement des anciennes gabelles avec la création d'une imposition sur toutes les marchandises transportées par sur l'Adour et la Gave, le voyage du Roi et de sa cour coûte cher aux dacquois.  On avait contracté de gros emprunts et hypothéqué le domaine communal pour faire face aux dépenses. On demandait au Roi une aide financière et en échange on offrait de donner des locaux pour le Présidial. Le Roi n'accorda pas les secours mais il installa le Présidial. (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

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            Au XVIII° siècle, Dax, déchue de son ancienne grandeur historique, garda cependant avec une certaine liberté communale, les apparences d'un centre officiel en pleine activité. La petite ville renfermait à peine cinq mille habitants dans son enceinte murale et les maigres faubourgs qui l'entouraient. Le désert landais de sables la séparait de Bordeaux, de Paris, de la France entière. Pourtant elle ne se montra pas rebelle au mouvement intellectuel qui tenaillait les cerveaux de la société française, et les questions les plus ardues de la science eurent accès dans ses salons. Quand on étudie l'histoire locale, de l'avènement de Louis XV à la Révolution, on demeure profondément étonné de cet amour subit des lettres et des arts, de cette soif de recherches scientifiques qui s'empara de l'élite landaise et qui devait produire ses meilleurs fruits dans les périodes d'apaisement du Consulat et de l'Empire.. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

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             En 1750, M. de Secondat publie à Paris "observations de physique et d'histoire naturelle sur les eaux minérales de Dax"

Quelques années plus tard, le docteur Jean Dufau, nommé en 1739 médecin de la ville et des hôpitaux de Dax, consacre une publication aux "observations sur les eaux thermales de Dax" (notes : Deux précurseurs gascons du thermalisme" : les docteurs Jean Dufau (1708-1791) et Etienne Massie (1740-1791), Bulletin de la Société de Borda, t. 93,1969, p.317-327.

le 11-10-1755, dans un souci d'hygiène et de salubrité, une ordonnance de police interdit de laver dans le canal de la Fontaine Chaude et dans les fontaines de la ville : Saint-Pierre, Saint-Vincent ou Notre-Dame. Ces fontaines sont entretenues régulièrement. 

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De la Révolution au XXI° siècle.

 

            Lorsque la Révolution arrive, elle n'épargne pas Dax : une guillotine est installée place Poyanne (l'actuel cours de Verdun), et de nombreux habitants sont exécutés dont la soeur Rutan, supérieure de l'Hôpital-Hospice de Dax. . (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

Histoire religieuse de Dax avant et pendant la révolution :

            En outre du Service public religieux, auquel était affecté le clergé paroissial de la Cathédrale, la Ville était également desservie par les Eglises de 4 couvents d'hommes, de 2 de femmes, (les Carmes, les Cordeliers, les Barnabites, les Capucins, les Ursulines, les Clarisses), ainsi que par l'Eglise des Pénitents Bleus.

Le Couvent des Carmes était le plus important. Avant 1457, il était situe dans le faux Bourg St-Vincent, en face de la Porte de ce nom et des Ravelins ( ouvrages avancés formés par une succession de contrescarpes et de fossés.). En 1457, les commissaires du Roy estimèrent qu'en temps de guerre l'Eglise des Carmes serait un obstacle pour la défense des ouvrages avancés. Aussi le Roy, Charles VII, après la reddition de la Ville, ordonna-t-il que fut démolie l'Eglise des Carmes, ainsi  leur Couvent. En compensation il fut délivré aux Religieux, dans l'intérieur de la Ville, la concession perpétuelle et gratuite de terrains et de maisons propres à y établir leurs « Eglise, Cloistre, Doctoir et autres édifices et immeu­bles utiles pour leur Couvent..." (lettres patentes de Charles VII portant donation en compensation de leur Eglise et Couvent, sis à Saint Vincent de Xaintes, de terrains et maisons dans l'intérieur de la ville, pour y établir leur église et couvent . Archives nationales, J.J. 1870).

           Sous la Révolution de 1789, c'est dans l'Eglise des Carmes que furent assem­blés les Trois Ordres de la Sénéchaussée des Lannes, pour y accomplir les pre­miers actes préparatoires de la constitution des Etats Généraux. Après la Ré­volution, le Couvent et l'Eglise des Carmes, devenus Propriété Nationale, furent divisés en plusieurs lots et aliénés aux enchères publiques sur les trois Rues des Carmes, de la Fontaine Chaude et des Pénitents.

            Le Couvent des Cordeliers occupait les Bâtiments, Cloitre et Jardins, conti­gus aux Remparts Nord, que borde la Rue Ste-Ursule. Dans les jardins, fut réservée, au commencement du 19° siecle, une Esplanade où eurent lieu les Courses de Taureaux ou de Vaches, pendant plus d'un siècle. C'est dans le Cloitre des Cordeliers qu'avait lieu le rassemblement des Milices Bourgeoises, sorte de garde Nationale, levée et organisée sous l'autorité Municipale. L'Eglise des Cordeliers servait également de lieu de réunion aux diverses Compagnies ou Corporations de la Ville. A l'exception de l'ancienne Place de la Course, devenue aujourd'hui une magnifique Place ombragée, les terrains et immeubles des Cordeliers furent aliénés, après 1789, comme Propriété Nationale.

Les Barnabites, religieux de la Congrégation des Clercs réguliers de St-Paul, étaient installés dans de vastes bâtiments, sis contre les fortifications Nord, Cote des Cordeliers et contigus au Couvent des Cordeliers et aux Remparts Nord Est. Dejà renommés pour leur enseignement privé des humanités, ils obtinrent de la Municipalité, en 1631, la concession par acte public du Collège commu­nal, dirigé jusque-là par des Régents laiques, (comme d'ailleurs les deux écoles primaires élémentaires que possédait la Ville). Pendant la Révolution de 1789, l'Eglise des Barnabites servit de lieu de réunions générales où eurent  lieu les opérations electorales pour les élections municipales de certaines sections de Ia Ville. Devenus propriété Nationale les immeubles furent successivement convertis en une Ecole Normale Départementale de jeunes gens, en 1844, puis en un Palais de Justice national et en Prison Départementale. Une salle de spectacle y fut, en outre, installée provisoirement, en attendant Ia construction du Théatre, en 1872. Pendant longtemps un jeu de paume y fut ouvert. Finalement de vastes et beaux locaux scolaires y prirent place, successivement destines aux garcons et aux filles.

Les Capucins, dont le Couvent avait été fondé par l'ancien Evêque de Dax, M. Du Sault, étaient situés hors Ville, dans le faux bourg de St-Vincent, pro­che du quartier Biby ( Nom populaire donné a ce quartier et dont l'usage n'a pas encore disparu, donné a la partie du faubourg de St-Vincent qui bordait les Fossés du Sud-Ouest et a été successivement transformé en un magnifique boulevard, sous le nom de Boulevard de la Marine. d'abord, et ensuite sous l'appellation de ?... Nous avons vainement cherché dans les Archives de !a ville la raison de ce nom de Quartier Biby). Après la Revolution, les batiments furent utilisés pour le casernement des troupes nationales sous le nom de Caserne Saint Philippe.  Ils furent ensuite concédés par I'Etât à la Ville, qui les transforma en Orphelinat et Ecole Maternelle et les concéda ensuite à son tour a une Congrégation de fem­mes ayant le même objet.

Les Pénitents Bleus, fondés également par l'ancien Evêque Du Sault, étaient une confrérie, établie dans une petite rue, aboutissant à la Fontaine Chaude. Leur mission était l'assistance aux malades. Ils prenaient part aux obsèques des personnages importants, où ils faisaient cortège vêtus d'un uniforme bleu a forme monachale. Ils figuraient également aux grandes manifestations religieuses pu­bliques, telles que processions. Ils possédaient une petite Eglise, qui, au temps de la Révolution, était utilisée pour la tenue de réunions électorales.

Le Couvent des Ursulines, ordre religieux contemplatif et éducatif féminin, était séparé des Cordeliers, au pied des Remparts, par une ruelle etroite. Il rece­vait, en outre de leur clientèle plus ou moins fortunee, un certain nombre de jeunes filles pauvres, élevées gratuitement au compte de la Ville. Leur  église était très fréquentée. Après la Révolution, l'imrneuble devint communal. Sous le pre­mier Empire, il fut attribué à l'installation d'un Collège communal universitaire et laïque, qui rernplaça le collège des Barnabiles, lesquels s'étaient dispersés. Plus tard vers 1854, ce collège fut remplacé par un Collège diocésain,. La Ville le concéda a l'Evêché, et il fut transféré, vers 1855, dans les bâti­ments de l'ancien Grand Séminaire de Dax, situés dans la commune ou paroisse de St-Vincent-de-Xaintes. Dès lors les immeubles reçurent diverses affectations scolaires telles que Ecole Normale départementale, après son transfert, Ecole communale des Frères de la Doctrine chrétienne, Ecole primaire supérieure.

A Saint-Vincent-de-Xaintes était placé le Couvent des Clarisses, dit de Sainte Claire, au pied de l'Eglise et du faux bourg de St-Vincent, où il est encore aujourd'hui. C'est un ordre purement contemplatif, qui a survécu aux troubles de la Révolution, et n'a jamais donne lieu a aucun incident... (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933) Le couvent des clarisses est aujourd'hui en 2016 le couvent des Dominicaines.

En 1790 les départements sont créés. Dax, qui depuis l'Antiquité était à la tête d'un vaste territoire, perd sa position dominante au profit de Mont-de-Marsan devenue préfecture.

Mais Dax relance son activité à partir de 1855, avec l'arrivée du chemin de fer, événement auquel s'ajoute la plantation systématique et intense des pins maritimes, puis leur exploitation industrielle. Cette activité économique devient essentielle dans la région, et réinvestit souvent ses bénéfices à Dax.

Les édiles dacquois veulent moderniser leur ville. Au vue des mentalités de l'époque, cela passe par la destruction des remparts qui ont protégé Dax durant quinze siècles. Cette destruction commencée dans les années 1850 s'accélère dans les années 1870, car à cette époque un événement dynamise et marque Dax : la naissance d'un véritable thermalisme scientifique. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

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A la fin du XVIII° siècle la ville avait, vue du dehors, un aspect triste et désolé. Si les terrasses étaient plantées d'ormeaux, le haut des tours était en partie tombé, les courtines disparaissaient sous les arbustes, les terrains militaires abandonnés, les fossés affermés sont comblés. (http://rempartsdedax.blogspot.fr).

En 1791, la ville profita des aménagements d'un nouveau pont et d'une nouvelle entrée plus directe et commode, pour démolir une grande partie du rempart Nord. A cette époque, la ville n’avait pas débordé des limites de son enceinte (http://rempartsdedax.blogspot.fr)

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le XIX° siècle ou le renouveau du thermalisme grâce au chemin de fer et à la construction des premiers établissements thermaux "modernes'

1854/1855 La construction de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux-Dax-puis l'extension, Paris-Dax-Tarbes convertit la sous-préfecture des Landes en un nœud ferroviaire. Le 12 novembre 1854, la compagnie des Chemins de Fer du Midi ouvre la ligne ferroviaire Bordeaux-Dax suite à un raccord entre Dax et Lamothe (actuellement bifurcation vers Arcachon). 26 mars 1855 : ouverture de la ligne Dax-Bayonne.

En 1861, la commune voisine de Saint-Vincent-de-Xaintes est absorbée par Dax. Cette commune porta, au cours de la période de la Convention nationale (1792-1795), le nom révolutionnaire de Lepelletien (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Michel_Lepeletier_de_Saint-Fargeau).

Dax détruisit une partie de ses remparts au XIX° siècle pour s'ouvrir vers l'extérieur, on abattit le château médiéval. On construisit à la place de somptueux édifices Art déco afin d'attirer une clientèle aisée. C'est le cas notamment du casino et de l'hôtel Splendid, construits par l'architecte girondin Roger-Henri Expert vers 1928-1932. Nombreux sont les hommes et femmes célèbres à s'être soignés dans la cité gasconne depuis le XVIII°siècle : Madame de Maintenon, Bergson, Georges Clemenceau, Utrillo, Sarah Bernhardt, Sacha Guitry, le Président Armand Fallières, Nicolas ler, roi du Monténégro, la reine Marie de Roumanie, Pierre Fresnay et Yvonne Printemps...et tant d'autres

Le XIX° siècle place Dax comme ville d'accueil sur les chemins de Compostelle. Il se créée de nombreux couvents, monastères et un hôpital thermal.  

            Dax change de physionomie en quelques années, s'ouvre sur l'Adour, trace de larges avenues, construit des édifices thermaux luxueux, des promenades et des lieux de loisirs.

Ce mouvement se poursuit au XX° siècle. A la fin du premier Empire, le bassin de la Fontaine Chaude est transformé et doté d'une architecture style toscan. (ADL 2 0 645 (1813-1817) (AMD, 3 N 151.

En 1913, les anciennes arènes en bois sont remplacées par des arènes en béton qui peuvent accueillir alors 5500 spectateurs. Après la triste parenthèse de la Première Guerre mondiale, le mouvement reprend. En 1928 l'Atrium Casino offre un lieu de loisir comprenant un casino, un restaurant, un bar, un dancing, un petit théâtre de plein air, et une grande salle de spectacle qui peut servir aussi de cinéma. L'année suivante est inauguré l'hôtel Splendid, avec au sous sol des salles de soins, à l’étage des chambres, et au rez de chaussée les hall, fumoir, salle à manger, terrasses, emmarchements, jardins. Le Splendid offre « le confort complet, l’agrément, le repos, associés au traitement le plus performant » dans un environnement d’un luxe inouï. Ici comme pour l'Atrium, l’accent est mis sur la décoration confiée aux mosaïstes, verriers, stucateurs, les plus habiles de l’époque Art déco.

            La deuxième moitié du XX° siècle se caractérise par le développement des réseaux routiers et autoroutiers dans les Landes, l'arrivée du TGV à Dax, la création de nouveaux complexes thermaux modernes, ce qui permet à Dax d'être à présent la première ville thermale de France. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

 En 1945, la parole est donnée au suffrage universel pour toutes ordonnances, arrêtés ou autres décisions. Des élections municipales, cantonales et nationales ont lieu. Eugène Milliès-Lacroix pose sa candidature tant à l'élection municipale que cantonale et est élu. Mais le conseil de préfecture annule ce résultat. Les parlementaires, ayant voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain (en 1940, à Vichy), sont inéligibles ; le sénateur-maire de Dax, E. Milliès-Lacroix est dans ce cas. Au bout de deux ans, le Conseil d'État confirme le jugement de première instance et il faut à nouveau recourir aux urnes. Jusqu'en 1952, les Dacquois sont appelés six fois en consultation et six fois Eugène Milliès-Lacroix est élu. Devant cette obstination, le Parlement décide, enfin, de donner le dernier mot au suffrage universel. Eugène Milliès-Lacroix est nommé, légalement, maire de Dax et conseiller général du canton. (wikipedia)

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1974

             Ce qui cause encore aujourd'hui la fierté des Dacquois et l'admiration des touristes, c'est bien la source d'eau chaude qui jaillit au centre de la ville et qui alimentait les fameux bains minéraux. La « Nèhe est certainement l'une des plus belles, sinon la plus belle source de France. On prétend que pour élever artificiellement à sa température de 64° les 2 millions 400.000 litres d'eau qu'elle verse en vingt-quatre heures, il faudrait employer au moins quatre tonnes de charbon par jour. Le Calcul est-il exact ? Peu nous importe. La Nature prodigue ses richesses, et il est impressionnant de voir couler les flots fumants de la Fontaine Chaude au pied de son portique toscan. En pure perte, pouvait-on dire naguère, car leur usage était fort restreint et les quatre cents mètres cubes de boues thermales qui gisent au fond de ce vaste bassin demeurent sans emploi pour les cures de la station...Aujourd'hui (avantage inestimable pour les ménagères) une canalisation détourne une bonne partie de l'eau merveilleuse et la dispense à domicile sur divers points de la cité, La Nèhe n'en est pas moins la source mère de Dax : celle que les Romains captèrent et qu'ils entourèrent de Thermes impériaux, celle que le peuple vénère à l'instar d'un dieu et qu'il invoque volontiers dans ses besoins domestiques. Des ouvriers commencent leur journée en absorbant à jeun leur verre d'eau chaude additionnée de quelques gouttes d'eau-de-vie. La médisance prétend que certains renversent les termes de la formule. Quoiqu'il en soit, auprès des griffons de la Fontaine Chaude on peut voir défiler à chaque aube nouvelle la théorie pittoresque des brocs et des cruches de tout un quartier. Mais que sont devenues les servantes accortes qui fréquentaient jadis les abords du Bagn-bourrén (Bain Bouillant) ? Ah certes I nos Chalossaises ont conservé la bonne grâce et le solide aplomb de leurs devancières ; mais nous ne les voyons plus s'avancer, alertes et cambrées, sous la double coiffure du joli mouchoir de tête et de la cruche rouge aux flancs rebondis. Spectacle charmant s'il en fut, mais que le progrès a rejeté dans l'ombre avec les légendes du bon vieux temps.

            Alors en se penchant sur l'eau transparente et verte comme une émeraude, à l'endroit où elle semble bouillir sous des tourbillons de fumée, on assurait avec une grave confiance que ce gouffre béant n'avait pas de fond. Philippe V d'Espagne, passant par Dax, eut la curiosité de faire pratiquer des sondages : mille brasses de corde n'ayant pas suffi, il renonça dit-on, à l'entreprise. Alors encore, on venait à la Nèhe cuire les oeufs et plumer la volaille ; « toutefois, d'après le chroniqueur: plusieurs dudit lieu disent avoir esprouvé que si une poule a esté acheptée qu'elle s'y plumera facilement, mais non point si elle a esté desrobée »...Les sources thermales de Dax, dont la Nèhe est le joyau, émergent d'une faille géologique qui s'étend sur une longueur de 30 kilomètres. Sur la rive gauche de l'Adour, aux bords même du fleuve, cette fissure donne naissance, dans sa traversée dacquoise, à une trentaine de griffons dont la température oscille entre 57» et 64' et dont le débit total atteint huit millions de litres par jour. Certaines de ces sources, en plein air, servent à la culture des boues médicinales ; d'autres jaillissent dans les sous-sols des Hôtels et Etablissements de cure de la Station, qui ne le cède à aucune autre en tant qu'installations thermales modernes et luxueuses. Les principales sources sont celles des Bains Saint-Pierre, du Splendid, des Thermes, du Trou des Pauvres, de Dax-Thermal et les Geysers des Baignots. Les boues constituent la spécialité thérapeutique de Dax. Comme elles sont « naturelles on peut les dire sans rivales au monde. Trois éléments entrent dans leur composition : le limon que l'Adour dépose à chaque débordement au sein des sources riveraines ; l'eau chaude qui ne cesse de baigner ce limon auquel elle apporte ses éléments constitutifs et sa radio-activité vraiment extraordinaire ; enfin les algues extrêmement variées, qui naissent, se développent et meurent sur le limon thermalisé. A son état de maturité, la boue végéto-minérale se présente sous la forme d'une masse onctueuse, de couleur noirâtre avec des reflets vert-bleus, et qui répand une légère odeur d'hydrogène sulfuré. Des eaux salées, provenant des couches de sel gemme des environs de la ville, augmentent de leur apport précieux l'immense richesse hydrologique de DaxDr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

 

 


22/02/2016
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LE DEPARTEMENT DES LANDES : quelques dates

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LE DÉPARTEMENT DES LANDES (LAS LANAS en gascon)

 

Pour comprendre l’histoire de  la ville de Dax , il faut  la voir dans un ensemble appelé le département des Landes dont cette ville fait partie au sud

 Créé le 4 mars 1790, le département des Landes est un territoire administratif de multiples traditions entre la Chalosse agricole, le Béarn, et la forêt plus proche de la Gironde.

Les Landes compte  371 500 personnes au 1er janvier 2008  et d’après l’I.N.S.E.E. en 2030 il pourrait y avoir  480 000 habitants  faisant de ce département la 2e meilleure croissance de population de la région Aquitaine (après la Gironde).

 

Les Landes mal drainées et les moutons

 

Avant 1789/1850 - À l'orée de l’époque contemporaine, le département était en partie couvert de landes mal drainées (sur environ 60 % à 70 % de l'espace) landes qui lui ont paradoxalement donné son nom, alors que la frange sud était constituée de coteaux aux sols riches, cultivés et boisés. Cette lande était entretenue par écobuage afin de pourvoir en nourriture les grands troupeaux de moutons (entre 900 000 et 1 million de bêtes en 1850  surveillés des bergers montés sur échasses ; l'usage de ces dernières permettait d'accomplir plus facilement de grandes distances :15 à 20 kilomètres par jour), tout en surveillant le troupeau, du fait d'une quasi absence de relief. Avant  la loi du 18 juin 1857 dite Loi d'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne, le régime agro-pastoral est généralisé : il puise sa force dans le libre usage des communaux majoritaires. (Ce sont les biens fonciers, le plus souvent forêts et pâturages, que les habitants d'une localité exploitent en commun. C'est une forme de copropriété communale).

 Puis la systématisation des plantations de pins (exploités pour leur résine et bois), accompagnée de la vente des communaux durant la deuxième moitié du XIX° siècle a complètement modifié le paysage et l'économie des deux tiers du département, tout en contribuant à son enrichissement rapide. (Wikipedia-les Landes)

 

le reboisement par les pins et l’assainissement des marais

 

19-6-1857 - Il faut savoir que Napoléon III aime le département des Landes. Aussi, c’est lui qui par la loi impériale du 19 juin 1857 impose le reboisement et l’assainissement du marais landais. L’empereur aime tellement ce département qu’il y laisse un fils naturel légitimé, le comte d’Orx dont une partie de la descendance vit toujours dans les Landes. L’empereur achète un domaine de 8000 hectares de terres incultes dans la Grande Lande qu’il baptise Solférino pour en faire une terre d’expérience (pour en savoir plus http://fr.wikipedia.org/wiki/Solférino_(Landes).  Il place à la tête de son domaine, Henri Crouzet, Ingénieur du service des ponts et chaussées pour l'arrondissement de Dax ayant une parfaite connaissance du terrain et des drainages et l’inspirateur de la loi de 1857. Il créé des routes agricoles, impose des cultures nouvelles et assèche le marais d’Orx, aujourd’hui devenu une magnifique réserve naturelle (pour en savoir plus voir le site internet  www.reserve-naturelle-marais-orx.fr)

1850-1900 - Si la loi de 1857 est à l’origine de ce qui sera un siècle plus tard le plus grand massif forestier d’Europe, elle accélère le déclin des bergers et des troupeaux de moutons qui de 527 OOO bêtes en 1862 passent à 298 000 en 1890. En 1880, 800 000 hectares sont boisés de pins maritimes et l’économie locale se tourne entièrement vers cette production qui donne des poteaux de mines au Pays de Galles en échange du charbon pour les forges du Boucau. Autour de cette industrie, toute une chaîne de métiers et d’usines s’installent si bien qu’autour de 1850-1900 chaque ville possède sa scierie fournissant bois de charpente et planches.  Mais le revenu le plus important est procuré par la récolte de la gemme qui occupe une grande partie des résiniers. Ils pratiquent une entaille dans l’arbre permettant à la résine de s’écouler dans un petit pot qui, une fois plein, est versé dans une barrique.  La résine se vend bien, très bien même et procure d’excellents revenus aux propriétaires de pins, issus de la petite bourgeoisie rurale. Mais les résiniers et les agriculteurs sont régis par le même code rural. Dans bien des cas, ils ont la misère en commun pour ces métiers difficiles (la vie d’autrefois dans les landes – J.F. Ratonnat)

 

 

 


La forêt des Landes est la plus grande forêt de France. Elle couvrait environ 67 % du département avant tempête Klaus en janvier 2009, dans sa partie nord, et couvre également une grande partie de Gironde et du Lot-et-Garonne. Mais la forêt des Landes n'occupe pas toute la superficie. Au sud du département, au-delà de l’Adour, se trouve la Chalosse, pays plus vallonné et verdoyant, terre agricole partagée entre les élevages de bœufs et de canards et la culture du maïs, ainsi que le vignoble du Tursan à l'Est. (Wikipedia-Les Landes)

 

Une terre agricole

 

Mais les Landes ne sont pas qu’une terre de marécages et de forêts. C’est aussi une terre agricole.

1850 – c’est la dernière famine que connaissent les Landes. A cette époque en Chalosse, le rendement du blé à l'hectare est de 10 quintaux alors que la densité de la population est la plus élevée du département. Rien d'étonnant à cela : «Les Landais travaillent de manière empirique, regardant l' agriculture comme une suite d'opérations fatalement soumises aux influences de la lune. Quelques progrès apparaissent 20 ans plus tard quand l'araire en bois cède du terrain à la charrue en fer qui augmente le rendement des labours de près de 20%. Mais il faut attendre 1900 et l'arrivée de la Brabant, excellent instrument de travail nécessitant un attelage d'une ou plusieurs paires de boeufs, pour voir une réelle amélioration. La main-d'oeuvre agricole se compose à plus de 70% de métayers dont les conditions de bail sont insupportables en Chalosse où le propriétaire prélève la moitie des récoltes. Autant dire que le paysan ne mange pas du pain blanc tous les jours, mais plutôt un mélange de maïs et de froment.

1905-1908 - … les socialistes landais se lancent dans une campagne de critique du métayage, s'élevant contre les propriétaires terriens possédant parfois dix métairies qui imposent des contrats draconiens, des journées de travail gratuit comparable à la corvée royale, et des redevances en tous genre, dont la dime, encore perçue en 1914 à Roquefort. Car malgré la loi de 16 juillet 1889 du code rural, les disparités restent grandes entre la zone de Chalosse où les règles remontent à l'époque thermidorienne, et la zone forestière, moins accablée…

Un bail signé Ie 21 janvier 1900 à Luxey, commune de la Haute-Lande, donne une idée précise des obligations du métayer qui : «...s'engage à occuper un troupeau de moutons à partir du 31 mai de la présente année. Il s'engage aussi à prendre un attelage de juments poulinières pour faire les travaux de labourage et autres nécessaires sur la propriété. Les voyages qu'il fera avec cet attelage pour ce qui concerne les réparations des bâtiments de cette métairie seront gratuits. II devra en outre porter la récolte au grenier du Gauchey gratuitement aussi. II s'engage à donner une paire de poulets en été, trois douzaines d'oeufs et trois paires de chapons le premier de l'an, il partagera la récolte d'été par moitié et celle d'automne par tiers sans exception. II fournira en outre des légumes qu'il récoltera aux jardins. Il filera deux livres de filasse par femme, il enverra une femme laver la lessive lorsqu'il en sera requis. II ira également aider à faucher les prairies du Gauchey quand on le lui demandera. Il aidera aussi a incinérer les landes sans rétributions quand il sera requis. II recevra pourla garde du troupeau 6 hectolitres de seigle, ... 30 F en argent, 6 livres de laine et en outre 4 vieilles brebis et un agneau pour la Saint Jean. Pour la paille, il donnera un fagot par neuvaine, le reste servira a faire la litière aux parcs à moutons. S'il en vend, Ie prix sera partagé à moitié. » Ce « bon maitre » paye quand même les impôts sur les portes et fenêtres, l'assurance des bâtiments contre les incendies, donne le sulfate pour la vigne et le bois de chauffage aux métayers, recensés 19 952 en 1912, soit la plus forte concentration de France.

 L'agriculture landaise est en retard sur l'agriculture nationale. Les engrais chimiques sont encore peu employés au début du siècle (2 000 hectares fertilisés sur les 26000 cultivés) malgré les efforts des Pouvoirs Publics qui, par l'intermédiaire des écoles, tentent d'en imposer l'usage. Les moissons se pratiquent à la faucille jusqu'en 1910, époque ou arrivent les premières faucheuses.

 Apres avoir coupe Ie blé, le paysan confectionne des gerbes de 30 a 35 kg qu'il maintient avec de la paille de seigle ou un lien fabriqué avec des joncs et autres tiges récoltées en juin, puis séchées et tressées avec un tourniquet. Vient le moment du battage pratique au fléau, avant de l'être par des machines à battre actionnées par des boeufs tournant sur un manège. Felix Arnaudin, dans son livre "Choses de l'ancienne Lande", raconte cette opération ... «labeur effrayant qui confondait l’étranger pour l’extraordinaire résistance dont Ie maigre landais y faisait preuve ... Huit, dix grands jours pleins, quinze au besoin passées dans un bain de sueur à manier le pesant fléau  «haut comme l'homme », l'eau vinaigrée pour tout breuvage, sans autre abri pour sa tête que l'étroit bérêt de laine contre Ie ciel en feu.»

1890 – c’est l’incontestable avancée quand arrive la batteuse actionnée par une locomobile puis par le moteur d’un tracteur. (lire de la page 39 à la page 67,  la très vivante description dans le livre « La vie d’autrefois dans les Landes »de J.F. Ratonnat) : du battage du blé à la machine,  du travail du paysan en hiver,  de l’organisation de l’habitat appelé « l’airial, de la vigne (entre les attaques de l’oïdium, le phylloxéra et la concurrence des vins du Languedoc), des animaux si nécessaires (bœufs, mules, chevaux), des foires (où tous se rencontrent pour vendre leurs produits et acheter ce qu’ils ont besoin ; (à Dax le marché aux chevaux se tient le samedi précédant le premier lundi de novembre au quartier du Sablar.), de la chasse qui fait partie de la vie du paysan et du propriétaire, du vêtement qui reste jusqu’au XX° siècle un repère social qui différencie les conditions, la culture et les âges

 

 

 

 

Petites industries et progrès industriel

 

Le département des Landes n’est pas l’un des plus industriel de France de par la faiblesse de son sous-sol. C’est autour de la forêt que s’organise l’industrie, c’est pour le travail du bois et pour l’agriculture que les constructeurs landais travaillent. J.F. Ratonnat  (p. 69 à 84) détaille comment le bois, la résine, le charbon de bois font tourner une foule d’industries: hauts fourneaux, forges, scieries installées dans les villages ou ambulantes, fabrique de liège, carrières pour extraire le calcaire, verreries, tuileries, poteries, traitement de la résine. En Chalosse, François Ratonnat détaille les activités industrielles qui sont orientées vers  les produits résineux, les cuirs, la fabrication de chandelles et les tonnelleries, les faïenceries, les gravières, les armureries et coutelleries, les tissages, la saboterie, la vannerie, la laiterie et beurrerie…

 

Le travail des enfants et des femmes

 

A la fin du XIXe siècle, les enfants travaillent pour la plupart dès leur sortie de l'école, à 12 ans, quand ce n'est pas plus tôt pour certains. Toutefois, les Pouvoirs Publics, par l'intermédiaire des Préfets, réglementent leur présence dans les usines et les ateliers. Edouard Ferre, préfet des Landes, signe celui-ci en novembre 1899: «Les enfants de I'un et I'autre des deux sexes âgés de moins de 16 ans ne peuvent être employés à aucun travail effectif de plus de 10h par jour. Les jeunes ouvrières et ouvriers de 16 à18 ans ne peuvent être employés à un travail effectif de plus de 60h par semaine, sans que le travail journalier ne puisse excéder 11h. »

 

 


 

 

 

 

 L'artisanat et les petits métiers sont à peu près les mêmes à la ville et à la campagne. ...Les lavandières, qu'elles se rendent au lavoir ou à la rivière ont de l'ouvrage tous les jours, fourni par différentes familles chez qui les chemises et Ie linge de corps doivent être propres. La grande lessive des draps se fait une fois par trimestre, pendant deux journées de suite car il faut faire bouillir Ie linge avec de la cendre puis le nettoyer au savon de Marseille à grands coups de battoir dans l' eau claire.
 Au début du siècle, une lavandière gagne 9 sous par jour et emporte, souvent, son repas de midi qu'elle prend sur place. La brodeuse, la couturière, la domestique, la nourrice, la repasseuse, la porteuse d'eau, la marchande d'allumettes...Sont d'autres emplois des femmes du peuple. Les hommes travaillent à des tâches plus dures, ils sont maçons, menuisiers, sandaliers, tonneliers, vanniers. En Chalosse, ils fabriquent leurs paniers avec des lattes de châtaigniers depuis près de deux siècles. lIs sont aussi maréchaux-ferrants, cerclant de fer les roues des voitures qui roulent sur les pavés, ils ferrent les chevaux et les boeufs dont ils sont parfois un peu les vétérinaires. A cela il faut ajouter les commerçants, marchands de grains, minotiers, épiciers, tailleurs, selliers, cafetiers, marchands de cycles ... (La vie d’autrefois dans les Landes – J.F. Ratonnat)

 

 

la plupart des photos sont extraites du livre de Jean François Ratonnat "la vie d'autrefois dans les Landes"

 Pour une histoire plus contemporaine du département des Landes, voir :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Landes_(département)

http://www.landes.org

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2111


02/10/2013
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la boue "PELOÎDE" de Dax : un cadeau de la nature

LA BOUE (PÉLOÏDE) DE DAX : UN CADEAU DE LA NATURE

 

Avant de parler des boues et eau thermales aujourd’hui, il est intéressant de faire un retour historique, grâce au livre de Guy Laporte – “le peloïde de Dax” (1966) – dont un résumé et  des extraits sont présentés ici. Ce livre  peut être consulté à la Biliothèque Municipale de Dax. Pour agrandir les photos et les plans, il suffit de cliquer dessus.

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Guy Laporte "le péloïde de Dax" 1966 : Résumé 

A côté des thérapeutiques anti-rhumatismales modernes, la fangothérapie - ou mieux - la pélothérapie, conserve une place non négligeable. Les péloïdes ont été définis comme étant "des produits naturels consistant en un mélange d'une eau minérale avec des matières organiques ou inorganiques, résultant de processus géologiques ou biologiques, utilisés dans un but thérapeutique sous forme d'enveloppements ou de bains".

Dans la présente étude, apres avoir indiqué la place du peloïde de Dax dans la classification internationale des peloïdes, nous avons situé la station de Dax dans son cadre climatique, géologique et thermal. L'hydrodynamique de l' Adour à Dax, a été esquissée pour retrouver les origines du sédiment qui à la suite de procédés naturels assez empiriques se transformera en boue médicinale ou peloïde. En effet, le limon habituellement récolté le long des berges du fleuve Adour, ou a défaut un sédiment sous aquatique, est déposé dans des bassins exposés a l'air libre, il est ensuite recouvert par l'eau minérale hyperthermale provenant soit d'une résurgence de la nappe thermale, soit d'un pompage dans cette nappe. Cette eau continuellement renouvelée, est maintenue a un niveau constant. Sous l'action de la lumière d'une part et de l'eau hyperthermale d'autre part, une flore se développe dans le bassin, formant en surface une bioglée riche en algues et bacteries. Le sédiment placé dans ces conditions spéciales devient Ie siège de processus particuliers qui le remanient profondément dans sa masse en lui conférant, àla fin de ce traitement dénommé"maturation", des qualités physiques particulières : onctuosité, plasticité, capacitét de retention de la chaleur ainsi que des activités thérapeutiques reconnues. Le bassin est alors vidé de son contenu qui est entreposé àl' obscurité dans des bacs de réserve pour son utilisation ultérieure sous forme de bains ou d'illutations.

Nous avons étudié un peloïde préparé dans un bassin de maturation de l' Etablissement thermal du Splendid a Dax. Nous avons noté, à deux époques de l'année, en de nombreux points et à differents niveaux les variations de température, de pH et de rHo. L'examen des données recueillies montre que Ie sédiment se modifie d'une façon régulière dans toutes les parties du bassin ou il a été déposé, à condition toutefois qu’il ne subisse pas de perturbations dans sa masse et que l'eau thermale sulfatée calcique Ie recouvre uniformément… L'examen des différents spectres gammas permet d'affirmer que la totalité de l'activité du péloïde, exception faite du potassium 40 est apportée par l'eau thermale. Le peloïde maturé est plus riche en uranium radium et thorium. que l'eau qui Ie recouvre. L'analyse de l'eau thermale alimentant Ie bassin souligne une légère modification dans la composition chimique de cette eau à deux moments de l' année. Sa température varie également quoiqu' entre de faibles limites. La composition chimique du peloïde diffère de celIe du sédiment dépose dans Ie bassin… L'eau thermale seule ne peut modifier aussi profondement Ie limon.

 Dans une deuxième partie nous nous sommes penchés sur la biologie du peloïde.  Les algues et les bactéries intervenant dans la préparation du produit thérapeutiquement actif, nous avons procédé au recensement des espèces d' algues. La flore algale du sédiment originel disparalt sous l' influence des conditions nécessaires à la maturation du peloïde. Au contact de l'eau hyperthermale, la quasi totalité des espèces présentes sous forme vivante dans Ie produit initial disparalt rapidement au profit d'une flore nouvelle capable de vivre dans un milieu à température élevée :Cinq espèces de Cyanophytes dominent - Oscillatoria formosa Bory.
- Phormidium tenue Gom.
- Phormidium uncinatum Gom.- Hast igocladus laminosus f. typica Cohn.- Hastigocladus laminosus forma anabaenoides Boye P. ainsi que deux Diatomees :-  Ni tzschia palea Smith. -  Nitzschia thermalis Klitz. 
 La présence de ces algues thermophiles est indispensable ; elles participent fortement à l'activité du peloïde tant par leur métabolisme que par leurs produits de lyse et les substances organiques extracellulaires qu' elles cèdent au milieu.Pour les bactéries, nous nous sommes attachés à l'étude de certains groupements fonctionnels et plus particulierement a celui du soufre. Les bactéries se rencontrent surtout à l'interface eau-sédiment, où elles forment avec les algues un feutrage organique (Daxine).

 Dans la troisieme partie de cette étude la biochimie du peloïde a été abordée par la recherche, des glucides libres, des acides aminés libres et des composés polyphénoliques.La maturation modifie donc Ie sédiment soumis à son action. Nous pouvons donc concevoir que les substances issues du metabolisme bacterien et surtout algal puissent penetrer au sein du pelo'ide pendant sa maturation, modifiant alors totalement ses qualites physiques et surtout bio- chimiques. C'est peut etre dans ce domaine encore inexplore que se situe la reelle activite therapeutique du pelo'ide de Dax.En effet, nous avons pu, à l'occasion d'études antérieures, au laboratoire, mettre en évidence les propriétés particulières de substances extracellulaires produites par une algue d'eau thermale. Ces substances non encore identifiées, par suite notamment des difficultés techniques de leur désadsorbion, favorisent la multiplication des cellules végétales et animales, elles présentent de plus des propriétés anti-inflammatoires certaines. Ces mêmes algues croissent spontanément dans le bassin du Spendid…Nous devrons entreprendre d' autres recherches pour mettre clairement en évidence les raisons et les substances responsables des rémissions et des guérisons de certaines formes de rhumatismes constatées à la suite d' applications ou de bains de boue à Dax.

 Cette thérapeutique remonte au temps les plus éloignés, elle continue cependant à manifester ses bienfaits sur l'homme. Le nombre des cures thermales dispensées en France ne cesse d'augmenter chaque année, mais ce chiffre est encore faible lorsqu'il est comparé à ceux des pays d'Europe Centrale. Dans Ie domaine de la rhumatologie, Dax occupe une place privilegiée et Ie nombre de malades traités avec succés par applications de peloîde croît d'année en année…Cependant, I' intérêt de la pelothérapie en thérapeutique ne pourra etre reconnu par tous que lorsque les principes actifs des peloïdes seront scientifiquement mis en évidence. Nous pensons que ce vieux médicament renferme un métabolite actif issu des algues Cyanophycées. Cette étude sera un point de départ pour de futurs travaux dans ce sens.

 

Dax occupe une place privilégiée et Ie nombre de malades traités avec succés par applications de peloîde croît d'année en année…Cependant, I' intérêt de la pelothérapie en thérapeutique ne pourra etre reconnu par tous que lorsque les principes actifs des peloïdes seront scientifiquement mis en évidence. Nous pensons que ce vieux médicament renferme un métabolite actif issu des algues Cyanophycées. Cette étude sera un point de départ pour de futurs travaux dans ce sens.

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LA STATION THERMALE DE DAX

 

Parmi les stations thermales françaises, Dax est certainement une des plus anciennes. Nous avons vu qu'elle était deja connue, et ses sources chaudes fréquentées, bien avant l'occupation romaine. Cette charmante ville du Sud-Ouest de la France, Sous-Préfecture des Landes, est située sur les bords de l'Adour. Son altitude est de 13 mètres au-dessus de niveau de la mer. C' est une ville de plaine, les reliefs du sol sur lequel elle est construite sont peu accusés. Son climat subit l'influence régulatrice de l'Océan prôche de 30 kilomêtres à l'Ouest, et celle-ci se fait d'autant plus sentir que les vents dominants viennent de la mer. La station est protégée des vents chauds du Sud
par la chaîne des Pyrénées distante d'une centaine de kilomêtres. Dax, entourée par l'immense forêt landaise est abritée des vents froids du Nord et Nord-Est. Cet environnement de pins et de chênes participe à la régularité
et à la qualité de son climat particulièrement sédatif.

 

Quel nom donner à cette thérapeutique ?

Le mot "boue" étant trés souvent, au sens propre comme au sens figuré, synonyme de chose sans valeur, il lui a été préféré sa traduction latine "fangus". Le traitement par les boues thermales, se disait : “fangothérapie”. Mais il paraît anormal d'associer une racine latine  à une racine grecque. C'est pourquoi, thérapie étant un mot d'origine grecque, PELOS 
a été substitué à fangus et la dénomination fangothérapie est devenue “Pélotherapie”. La boue thermale s'intitule donc maintenant Péloïde.

 

HISTORIQUE du PÉLOÏDE

 

En 1966, Guy Laporte dans son livre  “le péloïde de Dax”   faisait remarquer que  :

“la valeur des eaux et  les boues thermales n’était plus à démonter. Elle est admise depuis les temps les plus reculés... La technique thermale de Dax a été établie empiriquement d'abord, puis mise au point a la suite d'intéressantes observations dont les premières sont dues aux médecins dacquois les DELMAS,  LARAUZA, LAVIELLE et BARRAU. 

Un article de DELMAS-MARSALET fait Ie point des connaissances …."Des trois constituants de la boue de Dax, l'élément minéral fait d'argile, de silice et de calcaire est Ie moins important. L'élément végétal beaucoup plus riche, comprend des algues bleues Cyanophycées, des Diatomées avides de silice et des Bactériacees jusqu' à des bactéries dont la plus connue est Ie Thermo-bacillus tarbellicus qui détermine la fermentation lactique. L' ensemble de ces divers éléments flotte dans une masse visqueuse, onctueuse appelée "Daxine. D'immenses processus biochimiques s'y déploient 
que les travaux de VILLARET et de JUSTIN-BESANCON ont mis en evidence : phénomènes d'oxydation et de réduction qui se produisent aux dépens de l'eau minérale qui les pénètre. En effet Ie troisième élément des boues est l'eau thermale, sulfatée-calcique magnésienne et légèrement chlorurée qui va apporter à cette flore les éléments minéraux et l'énergie radioactive dont elle a besoin".

L'activite thérapeutique de la boue de Dax a d'abord été rattachée à l'eau thermale puis aux bactéries. Les algues signalées par DE SECONDAT semblent intervenir également. Le complexe forme un ensemble qui a retenu l'attention de nombreux chercheurs…Mais malgré la complexité du milieu étudié, on peut penser que les algues cyanophycées participent grandement à la formation du péloïde.

 

ORIGINES DE LA PÉLOTHÉRAPlE

 

La terre, l'air, la lumière et l'eau existaient avant la venue de l'homme, et ces éléments durent jouer un grand rôle dans la pensée dite primitive bien avant que des systèmes philosophiques ne s'édifient.

- En Grêce antique, EMPEDOCLE, philosophe grec fonda la théorie des quatre éléments. "Trois d'entre eux, sous les noms de terre, d'eau et d'air, représentent en réalite les trois éléments d'agrégation et de consistance de la matière; Ie quatrième, envisage dans ce phénomène qui a semblé si grand aux hommes des premiers temps, Ie feu est à la fois chaleur, principe actif et vivifiant". Il est à remarquer que les Pythagoriens doivent ce concept à une ancienne tradition babylonienne et peut-être même sumérienne.

- HIPPOCRATE a composé Ie premier traité de climatologie. Il préconise les séjours auprès des sources que l'aube ensoleille. L'eau est utilisée, et cela depuis la préhistoire, pour la guérison des malades, en boissons, en bains, ou sous forme de vapeur. La terre a été cultivée, dans certains cas elle a aussi servi directement a l'alimentation des hommes et dans d'autres elle leur a permis de lutter contre la maladie. Depuis les temps les plus reculés, l'homme a utilisé l'argile humide et malléable pour soigner ses blessures. Les empreintes de mains ou de pieds mutilés relevées sur les parois de certaines grottes préhistoriques en sont la preuve. Il a ainsi associe les vertus thérapeutiques de deux éléments.

- En Egypte,  la boue qui fit partie de l'arsenal pharmaceutique égyptien, en particulier pour combattre les maladies de l'appareil génital féminin et les brûlures. (Papyrus de Kahoun, 19 siècles avant notre ère ; Papyrus Ebers, 15 siècles avant J. C. ).

- Dans la Rome antique, selon R. PUJOL, les Romains furent les premiers à faire prendre des bains contenant de la boue et des "conferves" (plantes aquatiques) ... La boue qu'ils utilisaient avait des origines très diverses, vases des bords de la mer, limons 
du Danube, dépôts des fonds de lacs, tourbes des marécages, arrosées par des eaux chaudes, sulfureuses ou ferrugineuses.

- PLINE l'Ancien au XXXleme livre de son Histoire Naturelle, signale Ie grand usage fait des boues et des "conferves" et il ajoute : "il faut pour cela s’en frotter et les laisser sécher au soleil".

Certaines stations thermales spécialisées dans les bains de boue - notamment Dax - étaient deja fréquentées en Gaule avant l'occupation romaine. La prospérité de tous ces centres balnéaires ne s'interrompit qu'avec les grandes invasions.

- Au Moyen Age - L'Histoire des stations thermales demeure fort obscure et, en conséquence, celle de la thérapeutique par la boue durant cette période, est encore moins connue. Sans doute continua-t-elle d' être pratiquée par les populations, au moins dans la région proche des anciens établissements de bains, mais les documents font defaut.

- 1492 - Le médecin Jean-Michel SAVONAROLE (mort vraisemblablement en 1462) est également l' auteur d'un traité sur les bains thermaux italiens (édité à Venise en 1492). Dans cet ouvrage il conseille l'application de boues chauffées, sur Ie membre malade puis des ablutions chaudes minérales.

- En 1577, dans son traité, Antonio GUAINERIO, Professeur à l' Université de Pavie (mort en 1440), célébra les effets puissants et durables des fanges minérales

- Ie balnéologue VIOTTO décrivit Ie travail des "pècheurs de boue". Gabriel FALLOPE, ou FALLOPIO (1523-1562) anatomiste et chirurgien, a traité lui aussi des bains de boue.

On sait Ie renouveau des stations thermales notamment en France aux XVIIeme et XVIIIeme siècles. Celles ou se pratique Ie bain de boue evoluent dans le meme sens.

M. E. H. GUITARD  note qu'a Dax, on se brûlait terriblement ~ C'est ce qui advint a Mademoiselle de MONTPENSIER à la grande joie de toute la Cour"

Au cours des cent cinquante dernières années I'Hydrologie est devenue une science et, peu  peu, lentement, se sont dégagées les raisons de la valeur thérapeutique des boues. Divers types de boues ont été distingués ; leur action a été analysée et les médecins ont pu prévoir avec plus de précision les effets de tel ou tel centre balnéaire.

 

LES DIFFÉRENTS PÉLOÎDES

 

En 1949 - Les membres de la Société Internationale d'Hydrologie médicale réunis à Dax, adoptèrent Ia définition suivante : “On désigne sous le nom générique de PéIoïdes des produits naturels consistant en un mélange d'une eau minérale (y compris eau de mer et eau de lac salé), avec des matières organiques ou inorganiques, résultant de processus géologiques ou biologiques, ou à la fois géologiques et biologiques, utilisés dans un but thrapeutique sous forme d'enveloppements ou de bains”!

La boue de Dax est une boue de rivière mélangée d’eau minérale et maturée en bassin en présence d’algues

MASSY et DELFOUR  définissent  :

 le Péloïde de Dax comme "une mixture naturelle, semi solide, onctueuse et plastique, de couleur verdâtre, d'odeur particulière."

l/  résultant d'un contact prolongé (maturation) entre

  • un sédiment fluvial, Ie limon adourien,
  • b)  1’eau minérale hyperthermale de Dax
  • c)  un complexe organique, la "Daxine", provenant de la décomposition spontanée bactérienne des algues se développant au sein de l'eau minérale constitutive.

2/ Ne pouvant être l'objet de manipulations autres que :

  • a) le tamisage,
  • b) la culture des algues et des bactéries dans des bassins alimentés en eau minérale courante, a 1’exclusion de toute eau étrangère.

3/ Utilisée thérapeutiquement sur Ie lieu même de production."

 

Nous ne pouvons savoir si depuis sa première utilisation, Ie Péloïde de Dax a toujours eu la même composition au cours des siècles; cependant son origine et son mode de formation n’ont pratiquement pas changé. Il naissait spontanement sur les bords de l’Adour dans des cratères naturels où émergeait l'eau thermale. Les griffons étaient périodiquement submergés au noment des crues du fleuve. Le limon se déposait dans ces cavités au retrait des eaux. Les algues y trouvaient les meilleures conditions pour se développer : sels minéraux, chaleur et surtout lumière. Les bactéries ne manquaient pas et la "Daxine" naissait. Les malades cherchaient un soulagement
à leurs douleurs en se plongeant dans cette eau thermale boueuse.

 

bsp-boue.jpg

 

Depuis, les griffons ont ete captés et des bassins de culture aménagés, mais les boues de Dax sont aussi naturelles que celles utilisées par les premiers curistes.

 

LE LIMON ADOURIEN, sédiment fluvial.


 

L'Adour, descendant des Pyrénées est un fleuve apparemment très calme. Mais il subit à la fonte des neiges et au moment des pluies, des crues violentes et soudaines qui le font périodiquement sortir de son lit, créant des inondations. Le limon boueux charrié par ses eaux provient de l'érosion des terrains traversés. Il se dépose Ie long des berges, lorsque Ie fleuve rentre dans son lit. Les différents établissements thermaux de Dax recueillent ce limon, substance de départ du Peloide, dans les fossés dits des Bartes, au sud de la ville. Certaines années, surtout depuis l'aménagement des berges de l'Adour, ce limon fait défaut. Un sédiment sous aquatique provenant des étangs voisins est alors utilisé pour préparer Ie péloïde. C”est pourquoi notre étude portera sur un sédiment d'un étang de Tercis. I1 est à remarquer que cette substitution ne paraît pas modifier les propriétés thérapeutiques du produit fini.


Les Anciens croyaient a une vie des eaux et des boues thermales, puis cette vie secrête fut peu a peu oubliée et si, dès 1742, De SECONDAT observa la vie végétale des boues, les conséquences de celle-ci ont mis longtemps à être admises. “Or, écrit PUJOL,  l'existence d'une vie végétale transforme complètement les propriétés thérapeutiques des boues, et leur donne une onctuosité particulière et surtout change totalement leurs qualités chimiques.”

A Dax de nombreuses algues se développent en une abondante végétation, dans les divers bassins de la ville. De SECONDAT nous venons de le voir, fut le premier à en signaler la présence: "cette plante doit n'être point fort commune, puisqu'elle se plalt dans un degré de chaleur aussi fort. Depuis De SECONDAT de nombreux auteurs semblent attacher une importance particulière à la présence de ces algues dans les bassins d'eau thermale ; pour eux l'action thérapeutique du péloïde de Dax dépendrait du métabolisme des algues.

Quelle que soit l'importance du rôle attribué aux algues, il ne faudrait pas croire qu'elles soient les seules à participer à la formation de ce complexe organique. En 1948, PREVOT, fait lors du Congrés International du Soufre à Cauterets, un remarquable exposé. Il nous dit combien, depuis 1815, ce complexe organique a intrigué les observateurs, et donne les caractéristiques essentielles de cette « boue » rencontrée dans de nombreuses stations pyrénéennes et prenant un nom particulier selon la station. Leur aspect est divers : floconneux, filandreux, muqueux, membraneux, fibreux, compact zonaire ou en stalactites rouges. Toutes les boues sont onctueuses au toucher. La couleur va du blanc jaunatre au rouge, avec parfois des teintes vertes.

Sédiment, limon, argile, boue ?  I1 nous paraît souhaitable de rappeler les excellentes définitions données par Claude FRANCIS BOEUF au limon et à la boue :

Limon : Sédiment constitué par une fraction inorganique qui est en général inferieure a 90μ et, très souvent dans le domaine des poudres. La fraction minérale est dominée statistiquement par Ie quartz, mais Ie carbonate de calcium peut être aussi abondant. A cette fraction minérale  s’ajoute une certaine proportion de fer (2 a 3 %) en général à l'état d'hydroxydes et parfois de petites quantités de matières organiques. C’est un dépôt superficiel des eaux courantes rarement recouvert par elles et qui doit sa couleur ocre-jaune-rouge aux oxydes de fer.

Boue : Sédiment marin ou d’eaux continentales, plus ou moins homogène, constitué par une phase minérale fine, inorganique, et souvent une grande concentration de squelettes d'organismes du plancton.

Le péloïde de Dax est donc bien à I’origine tantôt un limon tantot une boue. Il est criblé sur Ie lieu même de la récolte pour le débarrasser des grosses particules minérales et des débris végétaux.

En dépit d'un rythme saisonnier régulier, l'Adour peut être aussi brutalement puissant que gravement indigent… Il est à remarquer cependant que d'année en année, la quantité de limon sédimenté sur les berges au voisinage de la station thermale, diminue de plus en plus. La mise en service des barrages-réservoirs de Gresiolles, des Laquets de 1946 a 1952 d'une part, et des aménagements des berges de l'Adour jusqu'a Dax d'autre part, ne sont peut-être pas étrangers à cette constatation. De ce fait, il est maintenant nécessaire de rechercher ailleurs le produit qui donnera le peloïde.Il est fait appel comme nous Ie verrons à des sédiments récolts dans des étangs ou d'anciens marécages.

 

MATURATION DU LIMON

 

Le limon (ou la boue) est ensuite transporté dans des bassins de maturation exposé au soleil, ou il séjournera au contact de l'eau minérale, recouvert en permanence par une faible épaisseur de cette eau hyperthermale s'écoulant lentement et constamment renouvelée, pendant au moins une période de six mois. Placé dans le bassin, il n'est plus limon. Les différents cycles bactériens s'amorcent. La masse voit sa teinte virer au gris. Est-il une vase ? un tapis vert émeraude recouvre toute sa surface; le limon devient "Peloïde en maturation". La durée de cette maturation n'est pas définie, elle varie d'un bassin à l'autre. Les algues se développent dans l'eau chaude, au contact de l'air et de la lumière. Cette végétation abondante croit, vit et meurt sur place. Les bactéries prolifèrent au voisinage du magma d'algues. Elles utilisent les produits de la décomposition des algues et se multiplient activement au sein de la boue. Les algues vivantes et certaines bactéries produisent une “boue”. Cette boue est dénommée Daxine. Cette Daxine se mélange intimement à la boue, elle devient onctueuse, douce au toucher. Le Peloïde de Dax apparait comme un sédiment homogène, noirâtre, lisse et onctueux au toucher. Lors de sa sortie des bassins de maturation, il est presque fluide, saturé d'eau. Dans les bassins de réserves, il perd une partie de son eau et devient plus plastique tout en se modelant difficilement. Il adhère à la peau laissant très rapidement après dessication une poudre grise très adhérente. Son odeur n'est pas désagréable, lorsqu'il est fraîchement prélevé, il a une légère odeur de marée. Enfermé dans un bocal, même placé à basse température, une faible odeur d'hydrogène sulfurè est perceptible à l'ouverture du recipient.

A remarquer : desséché lentement, Ie péloïde perd son eau et devient une masse dure. Desséché à l'étuve à 110°, il perd la plus grande partie de ses propriétés physiques. Il se réduit en poudre et remis en présence d'eau, il ne reprend pas sa consistance primitive et reste une poudre.

 

 LA ZONE THERMALE DE DAX.

 

La zone thermale de Dax est située dans la ville même. Elle s'étend sur une ligne, suivant un axe Ouest-Est, et longe le lit de l'Adour. Sa longueur est de 1200 mètres environ, et sa largeur d'une centaine de mètres. Cette zone se caractérise par l'existence d'un très grand nombre de sources, de suintements, de captages et de forages donnant lieu a l'émission d'eau chaude. Un grand nombre d'émergences a disparu au cours des divers travaux. Nous ne retrouvons plus les trente points decrits par Hector SERRES ; des sondages récents ont donné le jour à de nouveaux points d'eaux·. LARAUZA donne une description détaillee de tous ces sondages. Si nous en reportons les profils sur une échelle commune, nous voyons que, sauf pour les Baignots, l'eau chaude se rencontre dans presque tous les cas à une dizaine de mètres de profondeur. Depuis les études de SERRES, LARAUZA, DELFOUR, certaines modifications dans le nombre des points d'eau sont survenues, il nous est fort difficile de les suivre car d'une part il n'existe pas de liste a jour, d'autre part chaque propriétaire peut,
 sur son terrain procéder a un captage meême pour alimenter son installation
de chauffage central.

 

daxàpied13.jpeg

 

En 1966, les eaux minérales de Dax se divisent en deux groupes

- les eaux thermales,

- les eaux salées. (les eaux salées n’existent plus aujourd’hui)

 

 1 - LES SOURCES d’ EAUX THERMALES.

a)Sources de l'établissement thermal des Baignots avec Le grand Geyser - forage exécuté en 1893 à 90 mètres à travers la dolomie ; le geyser jaillit à plusieurs mètres au-dessus du sol, 2000 mètres cubes par 24 heures. Tempèrature 58 a 59°C et le petit Geyser ou source Raillard - forage exécuté également en 1893 a 18 mètres, 500 mètres cubes par 24 heures. Même température. (les Baignots ont été fermé en 1980. Le bâtiment est en cours de rénovation pour faire des appartements.

b)Sources de l'Établissement Dax-Thermal.
- Ancienne source de la Demi-Lune. (n’existe plus) - Trou des pauvres (se trouve en face du casino)

c)Sources du groupe du Port.
Sources des Thermes - Le bâtiment des Thermes a fermé en juillet 2013.         .Captées en 1874 dans la dolomie affleurant Ie sol en bordure du fleuve. Débit abondant. Température 54°C.

d)Bastion - Source captée en un point assez profond, donne par pompage pres de 500 metres cubes par 24 heures. Température 59°C. (n’existe plus)

e)Thermes Sainte Marguerite - Délaissés actuellement.

 f)La Societe Fermière de Dax (S. I F. E. D.) entreprit dès 1926 un certain nombre de sondages. Son établissement Hôtel du Splendid est alimenté par un griffon donnant près de 3 000 mètres·cubes par 24 heures. Le Splendid a fermé en juillet 2013.

g)La Nèhe, ou Fontaine chaude. Cette source était connue des Gaulois.  Elle est recueillie depuis 1814 dans un bassin rectangulaire de 334 mètres carrés, et distribuée à différents établissements, à des bornes publiques et dans des foyers autour des sources. Son débit varie beaucoup suivant les saisons,  il peut atteindre 2 500 mètres cubes par jour. Température 64°C.

h)Les sources de Saint-Pierre. Ces sources émergeaient dans les fossés mêmes des Remparts Est, dans des piscines naturelles de boues. Ces sources ont disparu et sont remplacées par un forage.

i)La source du Roth.
A l'Est du gisement thermal. Debit faible. Température 42°C.

j)La source Elvina. Profondeur de forage 133 m. Débit horaire 100 m3• Température 64°C. dessert les Thermes Adour.

 

2 - LES SOURCES D’EAUX SALÉES.

A quelques kilomètres de Dax, un gisement de sel gemme a été découvert. De l'eau chaude lessive ce dépôt de sel  et est conduite a l'Etablissement Dax-Salins thermal.

Les eaux thermales sont utilisées en boissons et sous forme de bains et de douches. Des piscines collectives rendent possible la rééducation fonctionnelle des raideurs articulaires.

Ces eaux permettent la préparation, par maturation naturelle, de boues thérapeutiques, utilisées en bains complets ou en illutations. A Dax, un établissement Dax Salins  (aujourd'hui disparu) dispensait ces soins

 

Dax salins.jpg

 

 

En conclusion : résumé des travaux et recherche avant 1966

RESUME DES TRAVAUX ANTERIEURS DE RECHERCHES.

 De très nombreux chercheurs, tant en France qu'a l'étranger se sont penchés sur les questions posées par les différents péloïdes et particulièrement celui de Dax. Il ne s’agit pas de faire ici l'historique de l'ensemble de ces travaux. C’est  seulement, un resumé, très bref  des travaux sur Ie Peloide de Dax afin de comparer avec ce qui se passe aujourd’hui.

Avant 1742, la thérapeutique thermale à Dax était surtout empirique et nous ne trouvons pas trace de communications scientifiques.

1742 -  De SECONDAT  semble être le premier à avoir publié une note sur ses "observations de physique et de chimie sur les eaux chaudes de Dax". L'auteur utilisant Ie thermomètre de Réaumur relève les températures des différents griffons. Il signale la présence d'une flore particulière et précise les indications thérapeutiques de la station.

En 1759, paraissent les "observations sur les eaux thermales d'Acqs". DUFAU y relate la nature et l'action des boues et indique leur vertu thérapeutique ;

1762 -CASTETBERT  vante les boues de Dax dans son "traité des eaux minérales"

1764 -  L'Abbé d'EXPILLY mentionne, dans son "Dictionnaire des Gaules et de la France" les eaux et les boues de Dax comme spécifiques du rhumatisme. MERRAC donne une première analyse des eaux thermales.

1872 - DELMAS et LARAUZA publient un ouvrage sur Dax, ses eaux et ses boues.

1876 - Du BOUCHER  retrouve les premiers utilisateurs des boues lors d'une communication à la Société de Borda  - Les premières analyses sérieuses des eaux thermales semblent être dûes à SERRES. En 1880  il fait paraître une note sur "l'anabaine" de la fontaine chaude, et en 1882 utilise Ie terme de "boues végéto-minérales et thermales" pour parler du peloïde.

1882 – GOMONT  dans sa "monographie des Oscillariées" s'intéresse à quelques espèces d'algues vivant dans les eaux thermales de Dax.

1883 - GARRIGOU  campe l'avenir thermal de Dax. BARTHE DE SAND FORT  fait une étude hydrologique des thermes . FILHOL, de l'eau et les boues de Dax.

1885 - THORE J. est Ie premier  à faire une étude descriptive exacte des algues rencontrées dans les sources, tandis que la même année ROCHETE  se penche sur les eaux et les boues.

1886 - Lors d'une conférence à Dax, BARTHE DE SANDFORT fait un exposé général de la thérapeutique de Dax, et LAVIELLE expose les possibilités offertes pour le traitement du rhumatisme noueux par les boues végéto-minérales.

1888 - LARAUZA signale  une nouvelle utilisation des eaux et des boues dans le traitement des maladies de l'utérus, puis de la "névralgie sciatique" (1889).

1890 - Dans "l'annuaire officiel des eaux minérales de France", WILM et JACQUOT  donnent des résultats d'analyses des eaux de Dax

1894 - La vertu des eaux, de la boue ainsi que la présence d'une végétation particulière avaient deja retenu I'attention des différents chercheurs. Cependant DELMAS  parait être Ie premier à affirmer que l'action thérapeutique n'était pas dûe uniquement au cataplasme hyperthermal. D'après lui, la flore particulière rencontrée au sein du péloïde devait participer au mécanisme de l'action thérapeutique.

1898-1901 - DELMAS insiste sur les indications thérapeutiques de Dax.

1902 - Dans le « Dax Médical et Thermal », LAVIELLE reprend les indications majeures de la station.

En 1905 paraît, signé de NODON,  la première étude de la radioactivité des eaux thermales.

1906 - 1907 LARAUZA reprend ces données et fait une étude sur Dax, ses indications thérapeutiques, son climat et sa cure. En 1908, il analyse les eaux de la source la Nèhe

1909 - DELMAS s'intéresse au traitement du rhumatisme articulaire chronique et donne une étude hydrologique de la station en 1912.  

1911 - La radio-activité, les gaz rares et leur dosage dans les sources thermales font l'objet d'une étude de MOUREU  -  DELMAS étudie la physiologie des bains de boues

1913 -  LAVIELLE  indique quels sont les justiciables du traitement de Dax

1921 - Les algues recoltées dans l'eau et la boue thermale de l'établissemenl des Baignots retiennent

l' attention de LAPEYRERE  qui en décrit de nombreuses espèces et en dresse une longue liste.

1927 - A. BARRAU membre de la Société d'Hydrologie et de climatologie de Bordeaux et du Sud-Ouest fait un remarquable travail sur la station de Daxau niveau d’une étude hydrologique, climatologique et therapeutique complète... Cette même année, LARAUZA découvre l'action diurétique de l'eau hyperthermale et WELSH  fait un rapport géologique sur les environs de Dax tout en  émettant une hypothese quant à l'origine des eaux thermales.

1928 - ALLORGE et DENIS font un rapprochement entre la présence d'une flore algale particulière et la maturation du limon adourien. Selon eux, les algues Cyanophycées contribuent par la diffluence de leurs membranes et de leurs gaines, en partie de nature pectique, à donner aux boues I'octuosité colloidale particulière et procurent aux bactéries les substances organiques qui leurs sont nécessaires.

1929 - LEPAPE  analyse, dans une étude poussée et moderne, la radioactivité des eaux des sources. VILLARET, JUSTIN BESANCON et DRILHON  attirent l'attention des chercheurs sur les processus d'oxydoréduction, dans les boues thermo-végéto-minérales et indiquent qu'il est possible de les mesurer a l'aide du rH de Clark. En  1930, dans « la vie des boues thermales » ils affirment que ces phénomènes seraient dus, plus particulièrement,  à Dax, aux sulfuraires.

1933 - FAMIN étudie l'action de la température sur les végétaux a partir des données acquises dans Ie domaine des algues, auprès d'ALLORGE au Muséum, et fait un excellent travail sur les algues vivant dans les eaux méso et hyperthermales de plusieurs stations françaises. A Dax est due la plus belle étude qui ait été faite sur les Cyanophycées, …et leurs conditions de vie. Il fait remarquer, en passant, que la théorie de JUSTIN BESANCON pour aussi séduisante qu'elle soit, ne peut s'expliquer à Dax par la présence des Sulfuraires puisque les eaux ne sont pas sulfurées et que les sulfuraires ne s' y rencontrent pas.

1932 - L' analyse chimique des boues est donnée par BARTHE

1937 - Une thèse de Doctorat en Pharmacie (Bordeaux) donne l'occasion à DELFOUR de faire une belle étude physicochimique des eaux de Dax en fonction des crues de l'Adour : les sources forées ou naturelles, ne réagissent pas de la même manière que l'eau de l'Adour, lors de ses crues, ce qui semblerait prouver que l'eau chaude ne provient pas de pertes subies par l'Adour à son passage sur les roches redressées et fissurées.

En 1937, Ie Doyen FABRE s'intéresse aux boues therapeutiques et donne, avec ANTOINE, des recommandations sur les méthodes à utiliser dans l'étude des propriétés physiques des boues thermales.

1946 - CREYX, CAZAUX, BASPEYRAS et DELMAS MARSALET remarquent Ie pouvoir anago-toxique des différentes sources de Dax. Ils utilisent Ie lapin comme matériel expérimental et la morphine comme toxique. …L'eau  thermale protègerait le lapin contre  l’intoxication par la morphine, mesurée par Ie dosage de l'hyperglycémie : alors que le lapin succomberait normalement à la dose de 0,33 g par kilo, la dose léthale devrait être élevée a 0,41 g quand l'animal a reçu 10 ml d'eau de Dax en injection sous cutanée.

1947 - A la faveur des données nouvellement acquises dans Ie domaine de la biologie et de la physico-chimie, DELMAS-MARSALET (1947)  étudie l'activité du peloïde et des eaux de Dax dans Ie traitement du rhumatisme.

1949 - La somme des données nouvelles s'accumule ; l'International Society of Médical Hydrology décide de choisir Dax pour tenir en France sa réunion de 1949,  consacrée à l'étude des péloïdes. Ces journées furent riches en communications. VAN BENEDEN considère le pouvoir d'adsorption des péloïdes comme un facteur thérapeutique agissant par des processus physico-chimiques en corrélation avec I'action calorique et vasodilatatrice. MASSY et DELFOUR font l'historique et le point des connaissances acquises; ils soulignent que la maturation biologique est indispensable pour l'obtention d'un produit actif. Le mode d'emploi des boues, leurs indications thérapeutiques, leurs contre-indications et les effets physiologiques sont définis par LAVIELLE, LARAUZA et POUEY, URBAIN  dans un exposé sur l'hydrogéologie des sources thermales. L'étude de la vitesse de sédimentation de différents péloïdes, la vitesse de propagation de la chaleur et de refroidissement retiennent l'attention de CAZAUX et CANELLAS.  Ils en viennent à conclure que la vitesse de sédimentation et de refroidissement ne sont pas en rapport avec la teneur en produits fixes du peloïde ; que certains peloides, différents, présentent des courbes de variations assez voisines ; que le peloïde est rapidement modifié par son séjour en baignoire. Enfin que la maturation du peloïde s' accompagne de modifications physiques importantes. VACHER, MORIAN et FAUQUEMBERGUE recherchent les vitamines C,B1 et B2. Leur présence est confirmée mais les auteurs ne rattachent pas l’activité du péloïde à la présence de ces vitamines.  PREVOT et DELMAS-MARSALET étudient la bactériologie de la « daxine ». La IV conférence scientifique de Dax se termine, mais 1es recherches continuent.

En 1951 CAZAUX  et CANELLAS  reprennent 1es études de radioactivité et concluent que 1a teneur des péloïdes en radon dépend uniquement de celle de I'eau minérale qu'ils contiennent. La radioactivité vient de l'eau et pas du support.

En 1952, CREYX, CAZAUX, UMBRICHT et DELMAS- MARSALET  étudient le pouvoir anago-toxique de l'eau hyperthermale, non plus prélevée au puits du Spendid, mais aux griffons de six sources de Dax. Ils remarquent que toutes 1es sources de Dax examinées sont douées d'un pouvoir anagotoxique. Ce dernier ne paraît pas dépendre de la température et du pH de l'eau expérimentée. La même année, UMBRICHT  soutient une thèse en Pharmacie et donne la totalite des résultats acquis dans ce domaine. Au congrès de l'LS.M.H. a lieu a Munich en Octobre 1952, CAZAUX  et DELMAS-MARSALET P. A.  exposent les résultats obtenus lors de l' étude physico-chimique de plusieurs péloïdes, étudiant l' équilibre acide-base (pH) et celui d'oxydo-réduction (rH2) ils concluent : le péloïde de Dax devient alcalin au cours de sa maturation dans l'eau hyperthermale alcaline tandis que 1e rH2 s'abaisse. Hors de l'eau thermale le péloïde s'acidifie et le rH2 s'élève.  La maturation du péloïde peut être suivie par la mesure du pH et du rH2. Le simple mélange du limon avec de l' eau distillée ne reconstitue pas le peloïde. La présence d' algues et de bactéries est indispensable pour obtenir un produit thérapeutiquement actif.

1958 à 1963 - DUBARRY et ses élèves très au courant de la question des péloïdes, vont apporter dans de nombreux travaux, la preuve que l'activité du péloïde est bien liée à sa maturation dans des conditions spéciales. Les éléments indispensables sont bien les algues et les bactéries.

1962 - Lors des journées de thalasso-therapie,  DUBARRY expose les résultats obtenus par son équipe dans la préparation de phyto-peloïdes marins. L'auteur connait parfaitement le péloïde de Dax. Il est convaincu de l'importance des substances organiques présentes dans la boue et de la nécessité d'une maturation des boues pour obtenir autre chose qu'un simple effet de thermalite. La présence d'algues lui paraît indispensable pour enrichir le limon adourien. A partir de ces données, utilisant comme support des vases du bassin d'Arcachon ou du Lac d'Hossegor, il réalise d'abord un péloïde thermo-marin (Péloïde de Rochefort) - vase marine et eau thermo- minérale - puis un péloïde marin - vase marine, eau de mer chauffée. Les propriétés physico-chimiques des péloïdes obtenus sont comparables à celles du peloide de Dax.

 

Dans son livre “Le Péloide de Dax”, Guy Laporte, pour des raisons de commodités, a fait une étude très documentée qui a porté sur le péloïde préparé dans un bassin de maturation, situé en plein centre ville, dans un jardin, à l’entrée des thermes du Splendid. Il a proposé les résultats de son travail de la page 46 à la page 115.

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Il fait aussi remarquer que : les boues médicinales, utilisées dans les différents établissements thermaux de Dax n’ont pas toutes la même origine. Nombreux sont les thermes qui préparent leur propre péloïde. Il en est ainsi des Bains Saint Pierre qui, jusqu’à 1960 ont préparé leur péloïde dans des bassins de maturatoin installés dans leur parc.

 

Il termine son étude par la présentation d’une technique de maturation contrôlée proposée pour le péloïde de Dax : Au cours de notre étude, nous avons été amenés à faire les remarques suivantes :-

  • Certaines algues, et plus particulièrement des Cyanophycées et des Diatomées, participent à la maturation du péloïde. Leur présence étant indispensable il est donc nécessaire de favoriser leur croissance. Bien que certaines d'entre elles poussent dans un milieu à température élevée - 62°C - leur culture optimale se situe au voisinage de 42°C.
  • Des substrats minéralo-organiques d'origines diverses peuvent être utilisés pour la préparation du péloïde il vaut cependant mieux écarter ceux qui sont trop acides et contiennent du sable en trop grande quantité.
  • L' eau thermale joue un rôle incontestable par sa minéralisation
 et sa thermalite lors de la préparation du peloïde. Il paraît souhaitable de faciliter sa rapide pénétration au travers du sédiment.

a) Bassin de maturation

Orientation: Ce bassin doit recevoir la lumière du jour pour favoriser la proliferation algale. Il sera exposé à l'air libre et orienté de préférence vers Ie Nord pour que l'intensité lumineuse reçue soit plus gulière.

Forme: La forme et la surface du bassin ont peu d'importance. La pro-fondeur idéale se situe aux environs de 70 cm. La hauteur du substrat minéralo-organique sédimente sera alors de 50 cm. Une lame d'eau de 10 cm Ie recouvrira. Cette eau, à partir d'une rigole latérale arrivera dans un bassin à double paroi - pour former bain-marie - par un pan incliné jouant Ie rôle d'échangeur de température et permettant la fixation d'une masse algale sur sa surface.

L' eau ayant recouvert Ie bassin s'écoulera du côté opposé au plan-incliné par des ouvertures donnant dans Ie second bassin. Elle réchauffera ainsi la totalite de la masse du peloïde.

Un jeu de vannes judicieusement disposées et réglées permettra :

- dans un premier temps, une différence de niveau d'eau dans les deux bassins au moment de la mise en eau ; la surpression ainsi exercée sur Ie sédiment sous aquatique permettra la percolation de I' eau originelle au travers du fond de ce bassin recouvert de plaques poreuses, et son remplacement par une égale partie d'eau thermale.

- dans un second temps l'équilibre des niveaux, dès que dans Ie fond du bassin Ie peloïde aura atteint une température voisine de 30°C. Le bassin sera alors largement ensemencé en algues obtenues en cultures arti- ficielles.

b) Contrôle de la maturation.


Des mesures de pH de rH et de temperature seront pratiquées dans la masse même du peloïde a différents niveaux. Les données recueillies, comparées à une courbe établie à ces mes niveaux, permettra de définir Ie temps nécessaire à la maturation du peloïde. Dans ces conditions, un pelo'ide thérapeutiquement actif, pourrait être obtenu en 2 à 3 mois en été, printemps et automne.

c)Conclusions.

Le procédé de maturation contrôlée ne présente pas de particulières difficultés dans sa mise en oeuvre. La surface occupée par les installations 
à envisager n'est pas très importante eu égard au rendement accéléré des bassins. Ces bassins pourraient etre disposés en "batteries" qui fourniraient régulierement Ie produit therapeutique, tout au long de I' année. Cette thode permettrait egalement l'uniformisation des procéds assez empiriques qui sont actuellement utilises.

Ainsi, il serait enfin possible de fournir aux malades, dans les différents établissements thermaux, un produit identique obtenu de la même manière. Cette standardisation de la préparation de la boue thermale ne peut être que favorable dans tous les domaines.

 

QU’EN EST-IL AUJOURD’HUI DU PELOÏDE DE DAX

 

Le souhait de Mr Guy Laporte d’une maturaton contrôlée et standardisé s’est réalisé  et amélioré dans le programme “TERDAX” . 

A partir de 1950, la régie des eaux de Dax prend en charge – dans des bassins de maturation – rue des Lazaristes à Dax, la fabrication standardisée du peloïde (sur 6 mois),  qu’elle distribue à prix coûtant à l’ensemble des établissements thermaux. Les établissements de soins ne fabriquent plus leur péloïde. A partir de Novembre 2000, la Régie des Eaux remplace les bassins de maturation par  un centre de production du péloïde  TERDAX. Le nouveau péloïde Terdax est toujours constitué des produits traditionnels, limon de l’Adour, eau minérale, algues et bactéries thermales. Les innovations se retrouvent dnas les conditions de rencontre et de mélange de ces éléments et dans la maîtrise surle plan technique et sanitaire ainsi que dans le conditionnement.

 

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entrée du centre Terdax rue des Lazaristes à Dax

 

Lors d’un passage à Dax, la visite du centre de production TERDAX, avec l’office du Tourisme s’impose. Vous y  recevrez un dépliant fort détaillé et intéressant sur la fabrication du péloïde. Ci dessous quelques extraits de ce dépliant.  

 

- A l’origine, les malades descendaient dans les bourbiers de boues chaudes et bienfaisantes formées par le limon de l’Adour maturé – grâce au développement des algues et bactéries -  dans les cratères naturels d’où sortait l’eau minérale chaude; 

- puis s’ils bénéficiaient, dans des baignoires du péloïde  - sorti des bassins de maturation dans les établissements thermaux;

- aujourd’hui le péloïde TERDAX est le résultat d’un procédé unique au monde qui reproduit les conditions de maturation natuelle Ce procédé assure une hygiène totale et une qualité du produit avec un amélioration de la plasticité. Grâce à ce mode de préparation, le produit conserve son caractère naturel et original tout en répondant aux exigences d’un contrôle qualité.

Il faut 8 étapes pour obtenir la péloïde TERDAX :

 

Etape 1 : récolte du limon

 - récolte du limon de l’Adour, pendant l’été, dans les prairies humides inondables de Saubagnac et de Dax. Le limon se trouve dans les alluvions entre 2 et 8 mètres de profondeur. On extrait 3000 tonnes chaque année. Le limon est stocké sous l’eau à l’abri de l’air à proximité du lieu d’extraction. En fonction des besoins, il est amené chaque semaine au centre de production.

 

Étape 2 : préparation de la pâte

 - préparation de la pâte à l’eau minérale grâce à un déliteur qui broie le limon au contact de l’eau minérale. On obtient un mélange doux et onctueux composé d’eau 43% et de limon 57%

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Etape 3 : le tamisage

 - le tamisage se fait sur un tamis vibrant équipé d’une toile en acier inoxydable. La   maille permet de débarraser le limon de ses particules grossière mour obtenir une pâte lisse.

 

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Etape 4 : la culture des algues

    - La culture des algues thermales cynobactéries de Dax se fait grâce au ruissellement de l’eau minérale chaude sur des rampes aménagées sous serres. 480 m2 de surface de culture qui permet de récolter – tous les mois -  une quantité importante d’algues pour renforcer leur présence  dans la compositon du péloide et faire des réserves.

 

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Etape 5 : la culture des bactéries

- ce sont des bactéries du cycle du soufre qui transforment les sulfates de l’eau munérales en sulfures qui donnent à la boue sa couleur foncée et son odeur particulière. Ces bactéries obtenues par fermentation sont incorporées en début de maturation.

 Etape 6 : la maturation

- Limon, eau thermale, algues, bactéries maturent dans des cuves fermées de 20000 litres. En optimisant la phase biologique le procédé garantit cette étape essentielle de la préparation. La maturation dure une semaine minimum à 42° . Il faut se rappeler les maturation de 6 à 12 mois !

 

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7° étape : le conditionnement

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- Pour une question d’hygiène, la livraison doit être protégée. Le péloïde est conditionné en sacs plastique de 10 kgs (avec n° de lot et date de péremption) et mis dans des bacs bleus pour être livré aux établissements thermaux selon une charte qualitherm.

La photo est un échantillon du Péloïde de Dax reçu lors de la visite de l’usine de productin TREDAX

 

 8° étape : récupération des boues usées

Au départ du curiste, la boue de ses applicatons et sortie du circuit et remise en milieu naturel. Elle n’est jamais réutilisée. Elle servira de support de culture permettant la reconstitution de l’ancienne forêt de chênes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


17/08/2013
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