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histoire de Dax en quelques dates


HISTOIRE DE DAX en quelques dates

Cette histoire passionnante de Dax a été écrite par plusieurs auteurs, anciens et contemporains, dont les références sont indiquées dans le texte. Il s'agit de M.M. F. Abbadie en 1898, Docteur Aparisi-serre et Emile Daru, R. Pottier, H.du Boucher, Ch. Belser, Ch. Lavielle, Gérard Laborde, la Société de Borda MM. Hubert Delpont et Jean Jacques Taillantou.  Elle a aussi été écrite dans Wikipedia et par la Fédération historique du Sud Ouest. Leurs écrits m'ont appris beaucoup de choses sur la ville de Dax et son patrimoine. Aussi, je les cite largement pour votre information et afin faciliter vos recherches pour la lecture intégrale des textes.  

 

Situation géographique de la ville

         "Dax aux confins de deux régions landaises, le plat pays de la forêt de pins et le pays vallonné de la Chalosse au pied des Pyrénées. L'Adour serpente entre ces deux entités... ce fleuve capricieux qui a drainé l'activité économique de la région tout au long de l'histoire des romains jusqu'au XX° siècle" (Gérard Laborde, Chez nous à Dax, 1966-2006, ICN Orthez)

Dax (en gascon Dacs) est une commune française située dans le département des Landes et la région Aquitaine. Elle appartient à la région historique de la Gascogne. C'est une station thermale très fréquentée. Ses habitants sont appelés les Dacquois. Sur le Blason de la ville de Dax figurent une tour (représentant la ville fortifiée), un lion (symbole de l'Aquitaine) et la mer ondée (représentation du fleuve l'Adour, du port fluvial et de l'activité portuaire très active jusqu'au XIX° siècle). La devise, « Regia Semper » (« Toujours royale »), est celle d'une ville libre, qui ne ressortit que de l'autorité royale (et donc émancipée d'une tutelle seigneuriale).

            Le premier nom de la ville fut Aquœ Tarbellicœ. Le nom deviendra successivement Acqs, d'Acqs, puis enfin Dax. En gascon, le nom de la ville s'écrit Dacs. Enfin, les voisins basques lui donnent le nom d'Akize où on reconnaît la racine latine. Dax est une ville réputée depuis la plus haute Antiquité pour ses eaux chaudes, l'origine de son thermalisme y est plus que millénaire

            Sous-préfecture du département des Landes, elle se trouve sur la rive gauche du fleuve Adour (avec un quartier, le Sablar, établi sur la rive droite), à mi-chemin entre Bayonne et Mont de Marsan.

            Ville de Gascogne, historiquement rattachée à la Chalosse, Dax se situe néanmoins à la croisée de plusieurs contrées : la Chalosse au Sud-Est, le Marenne et le Seignanx au Sud-Ouest, le Marensin au Nord-Ouest, et la Grande Lande au Nord. C'est donc naturellement qu'elle s'ouvre sur ces pays dont elle reçoit l'influence. Les paysages sont par conséquent variés. Si les bords de l'Adour voient s'étendre les barthes ou prairies inondables, le Sud — vers la Chalosse — présente des collines verdoyantes, annonçant déjà le Béarn et la Basse-Navarre. Au Sud-Ouest s'étendent de vastes étendues de pins légèrement ondulées, tandis que le Nord est le royaume de la grande plaine boisée des Landes de Gascogne. Le climat dacquois est celui que l'on peut observer dans l'ensemble de la région en raison de la proximité de l'océan Atlantique. Il se caractérise par des étés chauds et longs (de début juin à fin septembre), des automnes doux et ensoleillés,  des hivers froids secs ou pluvieux et des printemps doux

            Dax est située à une trentaine de kilomètres des plages du sud des Landes, à 45 km de Bayonne, 50 km de Mont-de-Marsan, 80 km de Pau, 100 km de Donostia/Saint-Sébastien, 150 km de Bordeaux et 730 km de Paris. Les Pyrénées sont également assez proches. Il y a accès par la SNCF gare de Dax. Dans l'agglomération dacquoise on peut circuler avec un réseau de bus et un service de navette gratuite "Vitenville".  (Wikipedia)

 

Historique

 

La préhistoire

- "Les traces les plus anciennes de la présence de l'Homme surle territoire de Dax remontent au Paléolothqiur moyen (60 000 ans avant J.C.)" Ainsi commence la présentation de 'Dax, histoire et archéologie de la cité des eaux " par la Société de Borda. (Société de Borda, histoire et archéologie de la cité des eaux, imp. Barrouillet, Dax, 2018)

- "Depuis la grande débâcle glaciaire, les eaux recouvraient à l'état permanent les terrains plats du voisinage et formaient , au début de l'ère néolithique, un immense lac que le fleuve traversait à grand courant. La tribu de chasseurs et de pêcheurs qui planta là ses pilotis était descendue des hauteurs limitrophes, où l'on a retrouvé, tout autour de la ville, une importante ceinture de stations de la pierre polie. Cette tribu appartenait au groupe des ibères : elle portait le nom de « Tarbelles », au moment où son premier contact avec les Romains lui ouvrait le seuil de l'Histoire. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

L'antiquité

- Au paléolithique, Dax n'existait pas. Seules les hauteurs de Saubagnacq et de Tercis sont habitées.

- Au Néolithique ancien : il existe quelques habitations humaines autour du lac où la ville sera bâtie. (R.Pottier, Recherches d'archéologie préhistoriques dans l'arrondissement de Dax.)            

- au Néolithique récent : Dax est fondée sous forme d'une cité lacustre à son emplacement actuel. (H. du Boucher, Les Aquenses primitifs. ch. III et IV (bull soc. de Borda, 1877).

- à l'époque des métaux, Dax devient une ville terrestre

"A la fin de l'âge du fer, juste avant la conquête romaine, Dax et ses environs se présentent comme un territoire occupé par des familles de pasteurs-agriculteurs implantés sur la rive gauche du fleuve et exploitant...les ressources du sol et du sous-sol..." (Société de Borda, histoire et archéologie de la cité des eaux, imp. Barrouillet, Dax, 2018)

- L'an 56 avant J.C., Dax est une cité romaine

Tous les historiens s'accordent pour dire que la fondation de la ville de Dax, au milieu des marais est due avant tout aux sources thermales (Dompnier de Sauviac, chroniques de la cité d'Acqs, Dax, 1873, liv. 1 p.18)

            Au tout début de sa fondation, Dax semble être construite sur une cité lacustre. Cet espace présentait plusieurs avantages : les rives de l'Adour sont plus resserrées. Elles facilitent la construction d'une ville. Très tôt la cité des Tarbelles '"Dax la pyrénéenne" comme l'appelle le poète Tibulle, est devenue célèbre pour ses sources d'eau chaude. C'est aussi un carrefour routier, dernière ville gauloise avant Pampelune, riche de ses liens avec Bordeaux et l'Espagne. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

 

            Peu à peu le lac était devenu marais ; et grâce à l'apport des sables que l'Adour charriait dans sa course, la cité s'était transformée en un bourg de terre ferme, à proximité des sources thermales. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

1er au Vème siècle  : H. Delpont et J.J. Taillantou décrivent Dax comme  une Vénus sortie des eaux !  (Delpont H., Taillantou J.J.,  Petite Histoire de Dax, éd. Cairn, 2015, p.9).

            Ces sources thermales sont nées dans une faille formée lors de la constitution de la chaîne des Pyrénées. A 2000 mètres de profondeur, l'eau minéralisée est chauffée au contact de la roche dont la température augmente notamment par l'action du gradient géothermique (la température et la pression augmentent avec la profondeur). Mise sous pression, l'eau remonte par des failles des roches jusqu'à la surface. La source la plus abondante, la Fontaine chaude ou Nèhe, en référence a la déesse celtique de l'eau, jaillit naturellement a 64 degrés dans une zone marécageuse arrosée par l'Adour. Celle-ci est asséchée, assainie et cimentée par les Romains qui y aménagent les premiers bains. Leur création ...remonte vraisemblablement au 3° siècle ap. J.C. La Fontaine chaude alimente également en eau bouillante la population. (Christophe Belser, Dax il y a 100 ans, 2009, Ed.Patrimoines et médias, p. 60)

 

            Il est difficile de dire d’où venaient les premiers dacquois…probablement un mélange d’ibères venant d’Orient à travers l’Espagne et de celtes venus du nord pour former la race dite celtibérienne. On ignore par qui et à quelle époque elle fut fondée : son origine se perd dans la nuit des temps dits préhistoriques. L'eau sortant bouillante du sol sur les bords de l'Adour, Ie plateau formant Ie sommet d'un monticule ophitique, connu sous Ie nom de Pouy ou Tuc d'Eauze (Sur ce monticule on voit l'ancienne habitation de l'une des branches de la famille de Borda, transformée aujourd'hui par les Prêtres de Ia Mission (Lazaristes) en un magnifique séminaire ; on y remarque aussi une tour élevée, sorte d'observatoire, nommée Tour de Borda, d'où l'on aperçoit la chaîne des Pyrénées. et qui domine la plaine environnante. Tout dans l'emplacement occupé par la ville actuelle, était fait pour attirer les populations primitives, les décider à s'y établir et à y construire un oppidum et une première bourgade. (Docteur Charles Lavielle,  (1898) Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris)


            Les Tarbelles étendaient leur empire le long de la côte océane jusqu'aux Pyrénées. Ils incarnaient à merveille l'esprit et les qualités de la race celtibérique. Dès les débuts de leur histoire, nous les voyons fiers et belliqueux, généreux et légers, industrieux, beaux parleurs, épris de liberté. Si d'après Jules César, les Aquitains formaient « la meilleure espèce du genre humain », nous devons dire qu'aux yeux des maîtres du monde, les  "Aquenses " ou Dacquois étaient les Aquitains par excellence, puisque les vainqueurs désignèrent tout le Sud-Ouest de la Gaule d'un nom dérivé de celui de leur ville : « Aquœ », la Cité des Eaux. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

            Dax entre dans l'histoire en 297 en étant mentionnée dans la Liste de Vérone et plus tard en 400 dans la Notice des Provinces et Cités des Gaules. Dans la Novempopulanie, Province des Neuf Peuples (XII cités dont Dax), la ville est nommée Civitas Aquensium et les habitants Cives Aquenses, formulations en usage durant toute l'Antiquité. Dax ne figure pas parmi les villes augustéennes d'Aquitaine que sont Bordeaux, Périgueux et Saintes. On peut fixer avec une assez grande vraisemblance la construction des remparts vers le milieu du IVème siècle, travail gigantesque pour l'époque, de 1 465 m de longueur, clôturant environ 12 à 13 hectares, avec pour monument principal un temple qui daterait de la première moitié du IIème siècle. La fondation du siège épiscopal de Dax — l'un des plus anciens de France — daterait du milieu du 3° siècle : saint Vincent de Xaintes en fut le premier évêque et martyr. Le Haut Moyen Âge, à Dax, faute de documents, est très mal connu. L'histoire de la ville ne se confond pas nécessairement avec celle de la province. (Wikipedia)

 

Sous domination romaine : Dax devient une cité importante renommée par ses sources chaudes.

          Ce fut en l'an 56 av. J.C. que Crassus, lieutenant de César, entreprit la conquête de l'Aquitaine. Après la sanglante bataille des bords de l'Adour où périrent près de 35.000 celtibériens confédérés, les Tarbelles durent se soumettre ainsi que leurs frères d'armes. Mais le levain de l'indépendance continuant de fermenter dans leurs coeurs, ils prirent part à toutes les révoltes que, pendant près d'un demi-siècle, les montagnards des Pyrénées fomentèrent de l'Ebre à la Garonne contre la puissance romaine...La ville remplace son nom d'Aquœ Tarbellicae par le titre honorifique d' « Aqute Augustae ». Dax connut les privilèges et les faveurs d'une cité romaine. Grâce à ses fontaines miraculeuses, elle devint le centre  de colonisation le plus important de la contrée.. Les nombreux débris de mosaïques et de marbres, les fragments de colonnes, d'autels et de statues, les monnaies, recueillis à chaque fouille dans le sous-sol des rues signent abondamment le rôle que jouait dans cette parti éloignée de l'empire, la "Civitas Aquensium".  Sa situation géographique en fit le noeud des routes militaires et commerciales de l'Aquitaine, le grand marché d'échanges et de productions régionales, la station balnéaire en vogue où l'on venait de très loin comme les inscriptions votives l'attestent. Cette richesse romanisée ne cessa de s'accroître pendant les trois premiers siècles, et la campagne environnante se couvrit de fastueuses villas. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

La légende du chien :

A Dax, comme dans la majorité des stations thermales, nous trouvons le récit primitif d'une découverte animale qui cache mal les mythes zoomorphiques des cultes stellosolaires. Un légionnaire romain en garnison à Dax avait un  chien qu'il aimait beaucoup, mais qui, à son grand regret, était gravement atteint de rhumatisme. Presque entièrement perclus et en proie aux douleurs les plus aiguës, le pauvre animal était devenu, de la part de son maître, l'objet de soins tout particuliers. Déjà depuis bien des jours, il n'avait cessé de lui appliquer inutilement et sans succès, une foule de remèdes usités en pareil cas, lorsque !a compagnie dont il faisait partie reçu l'ordre d'aller renforcer en Espagne un corps expéditionnaire. C'était probablement quand César guerroyait dans cette contrée. Dès ce moment jusqu'au jour de son départ, le soldat, redoublant de soins, eut recours aux médicaments les plus énergiques, mais ce fut inutilement. A bout de moyens et finalement convaincu que son compagnon ne pouvait le suivre et qu'il était conséquemment voué à une mort prochaine, il résolut de le noyer pour le soustraire aux tortures de la faim. A cet effet, s'armant d'un suprême courage, il le jeta dans l'Adour au moment de son départ. Le courant, bien plus que les efforts que le pauvre animal put faire pour regagner le rivage, l'entraîna au sein des boues thermales qui se trouvent sur le bord du fleuve et il dut forcément s'y arrêter, Après une immersion dont on ignore la durée, le rhumatisant put en sortir pour aller assouvir sa faim. Son instinct l'y ramena ensuite plusieurs fois pour compléter sa cure. Mais quelles ne furent pas, à sa rentrée à Dax, la surprise et la joie du militaire en apercevant le fidèle animal qu'il croyait mort, accourir à  sa rencontre ...et lécher avec amour les mains qui l'avaient sauvé avec l'intention de le faire périr...

            Telle est la légende dacquoise. Elle fait partie d'un groupe important de récits. Quelle est la ville d'eaux qui n'a pas été fondée par un animal : Aix la Chapelle doit sa source à des chevaux, Salies de Béarn à un sanglier, plombières à des pigeons etc... ? cela fait partie de la légende des saints. partout où l'Eglise à rencontré des cultes anciens, elle les a sanctifiés.  La légende de Dax est un mythe religieux adapté.

Quand au nom de Nehé donné à la fontaine chaude il y a plusieurs explications soit une déesse néhalénia, soit son nom signifie "buée". (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

            Dès le 2° siècle ap. JC, la ville s'est construite autour de la Fontaine Chaude. En 1984, Brigitte Wattier et Marc Gauthier ont présenté les conclusions de leurs fouilles archéologiques dans un article intitulé "Découverte de l'état romain de la Fontaine Chaude de Dax (Les Landes dans l'histoire, centenaire de la société de Borda, 1876-1975, Fédération historique du Sud-Ouest, Actes du XXVIIIème Congrès d'études régionales tenu à Mont de Marsan et Dax les 24 et 25 Avril 1976, Société de Borda, 1978, p. 87-111)

 

            Au quatrième siècle, deux grands événements modifièrent cet aspect. Le premier fut la prédication de l'Évangile par Saint Vincent de Saintes que Dax reconnaît pour son premier évêque, et qui subit le martyre dans des circonstances mal connues. L'autre consista dans la construction de la magnifique enceinte dont les fragments font encore l'admiration des archéologues. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.). C'est une ceinture de remparts de 10 mètres de haut et de 1420 mètres de long  avec 4 portes (dont une seule permettait l'entrée des diligences)  et 40 tours. Malheureusement dès 1853, cette belle architecture fut démolie pas des municipalités incultes  dans l'art architectural. Il en reste "en souvenir" deux tronçons, au Parc Théodore Denis et sur la place des Salines. (pour en savoir plus voir l'excellent site :

http://rempartsdedax.blogspot.fr

 

             "Le castrum antique", d'une superficie de 12 ha, est entouré de murailles sur une longueur de 1425 m. Démolies à partir de 1855 pour leurs parties extérieures (il reste des vestiges enfouis dans le sol),  il n'en reste aujourd'hui que 55 m apparent.  La superficie de la ville était de 12 ha. Elle était la plus vaste cité du Sud de la Garonne . (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

                                                                                  plan de l enceinte.JPGhttp://rempartsdedax.blogspot.fr/

                                                                                        

Les Romains en Aquitaine et dans la ville de Dax

          Au moment de l’invasion romaine,l’Aquitaine comprenait toute la région qui se trouve placée entre la Garonne,les Pyrénées et l’océan. Ce ne fut que sous Auguste que ses limites furent portées jusqu’à la Loire. Plus tard, elle fut divisée en trois provinces distinctes : Ia première, la seconde et la troisième Aquitaine. La troisième, désignée aussi sous Ie nom de Novempopulanie (pays des neuf peuples), renfermait a peu près tout ce que contenait I' Aquitaine des premiers Romains. Parmi les neufs peuples  ( et les peuplades qui leur étaient attachées)- tous de race celtibérienne se trouvaient  : Les Tarbelli, chef-lieu Aqum Tarbellicum. - Dax.( Dans son Dictionnaire Celtique, Bullet fait dériver ce nom de ces deux mots: tar, exhalaison - bayl, chaude.) Ce qui sembleralt indiquer que, pour les Celtes, Dax était dejà la Ville aux vapeurs chaudes.

Les Romains désiraient depuis longtemps soumettre les Aquitains qu'ils redoutaient. Ils envoyèrent contre eux Valérius Préconius qui fut complètement défait et périt dans un combat. Le proconsul Manlius qui lui succéda n'eut pas, dans ses diverses tentatives, un sort plus heureux, et dut, après avoir perdu tous ses bagages et une partie de son armée, rentrer piteusement en Italie. Il fallut, pour vaincre la résistance héroïque des Aquitains, qui jusqu'alors avaient su faire respecter leurs droits et leur indépendance, la venue dans les Gaules du plus grand général des temps anciens, de César et de son lieutenant Publius crassus qui fut plus spécialement chargé par lui de la conquête de l'Aquitaine. Les Aquitains vaincus durent se soumettre et traiter avec Crassus a des conditions qui honorèrent vainqueurs et vaincus.

Parmi les peuples qui se soumirent, César cite les Tarbelli, … Les Aquitains servirent fidèlement César et contribuèrent, pour une large part, à sa victoire de Pharsale. Après cette bataille, et pour récompenser les vaillants soldats de la Légion de l'Alouette (alaoucla, mot celtique devenu latin, et reste gascon), exclusivement composée d' Aquitains pour la vaillance et la bravoure qu'ils avaient déployées dans les combats, il les fit citoyens Romains. Les principaux chefs reçurent le titre de sénateurs.

            A la mort de César, les Aquitains essayèrent de reconquérir leur indépendance. Octave, qui n'était pas encore empereur, envoya contre eux Agrippa. Surpris par ce général, ils furent battus dans divers combats partiels et durent faire leur soumission. Au bout de quelques années ils se révoltèrent de nouveau et appelèrent à leur aide les Cantabres. Octave, devenu empereur sous le nom d'Auguste, fit marcher contre eux Ie consul Messala Corvinus avec une armée considérable. La défaite des Aquitains et des Cantabres valut a Messala les honneurs du triomphe et sa gloire fut chantée par Ie poète Tibulle qui avait pris part à cette expédition. Auguste se rendit en personne en Aquitaine pour y détruire l'esprit national en changeant l'organisation territoriale et administrative des diverses provinces qui la composaient. Jules César avait honoré quelques cités en en faisant des villes juliennes…Auguste imita cet exemple et créa des Villes Augustes et de ce nombre fût aquae augustae tarbellicae – Dax.  Le poète Ausone la nomme dans ses vers tantôt Aquae Augustae, tantot Aquae Tarbellicae. OEmilia OEonia, sa mère, était née dans cette ville… D'après une inscription reIevée sur le tombeau du proconsul Pectus, mort a Dax en 117, cette ville y est designée sous Ie nom d' Urbs Aquensis Magnifica. Roger de Hoveden, célèbre chercheur anglais, l'indique sous la dénomination de Civitas Akensis, en parlant d'une expédition de Richard 1°, roi d'AngIeterre, qui assiégea Dax, en 1177. Grégoire de Tours la désigne sous Ie nom de Urbs Aquensis.  Les Basques (Vasques, Vascons), d'après l'historien Oïhiénart, l'appelaient Aquise. Les Gascons, vers 1400, disent ensuite, par corruption de ces divers noms, Acqs, Ax; et puis on a prononcé et écrit plus tard Aqs, D'Acqs, et enfin DAX par la jonction du pronom possessif. Dax avait une grande réputation sous la domination romaine car d’après Marca les riches citoyens de la Gaule narbonnaise  venaient demander la santé à ses eaux salutaires. L'irnportance que la ville de Dax avait sous les Romains est également prouvée, d'après le savant auteur des Annales Dacquoises, par les travaux que les conquérants firent dans la capitale des Tarbelles, qui devint plus tard Ia première des cités de la Novempopulanie. lls y bâtirent des bains de marbre…qui étaient situés auprès de la Fontaine-Chaude. Ils construisirent également un aqueduc monumental qui conduisait en ville Ies eaux d'une source située au sud de l'Eglise de Saint-PauI-lès-Dax. On a découvert aussi, dans Ies environs, des villas Iuxueuses, surtout dans le quartier de La Torte  défriché par les Templiers qui en devinrent propriétaires, en 1140, en vertu d'une donation faite en leur faveur par Grisetus, oncle paterneI des vieomtes Raymond, Arnaud de Dax....En voyant tomber, une a une, les pierres des Remparts qui furent construits au IVème siecle par les Romains, M. Pottier a eu l'heureuse idée de rechercher dans l'histoire et dans les chroniques combien de fois ce remarquable oppidum avait reçu Ie choc des assaillants. Peu de villes peuvent compter autant de sièges que Dax. (Docteur Charles Lavielle, Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris (1898)

La commune de Dax

          Il faut citer ici, l'excellente brochure écrite par François Abbadie "histoire de la Commune de Dax",  réimprimée sous le titre "Histoire de Dax". C'est en fait une histoire de la Commune de Dax dont F. Abbadie signale que "Aquae Tarbellicae, l'ancienne capitale des Tarbelles devenue romaine fut l"une des cent treize ou cent quinze cités de la Gaule, dotées les premières du régime muncipal"  On y découvre   l'histoire mouvementée de la commune de Dax de la période romaine à 1500. (F. Abbadie, Histoire de la Commune de Dax, 1898, réimprimée en 1990 par Res Universis, Amiens)

 

Les invasions barbares : Dax ruinée au passage des barbares du V° au X° siècle

          Pourtant le temps des rudes épreuves approchaient. Dax, l'une des portes de l'Espagne, sur le passage des grandes invasions, devint, pour ainsi dire, le point de concentration et d'élan des barbares devant l'obstacle des Pyrénées, âprement défendues par leurs habitants. Dans l'histoire sombre de ces siècles, de deuil, c'est à peine si la flamme des incendies et le scintillement des glaives jettent pour nous quelques lueurs intermittentes. Dax fut saccagé par les Alains, les Suèves, les Vandales, et les Wisigoths l'occupèrent pendant quatre-vingts ans. Au début du VI° siècle, Clovis, roi des Francs Saliens, s'établit dans la ville des Comtes de sa race ; mais la domination franque en Aquitaine fut plus nominale qu'effective et succomba sous les assauts d'un nationalisme farouche lorsque les Vascons, venus des montagnes, eurent à leur tour envahi le pays des Gaves et de l'Adour. Ce fut la Gascogne, entité nouvelle dans notre histoire. Elle existait depuis plus d'un siècle sous l'autorité souveraine des ducs d'Aquitaine, quand les Sarrasins s'emparèrent des murs de Dax, où ils se maintinrent quelques années, Charlemagne traversa-t-il Dax par Roncevaux, comme le veulent certains ? Louis-le-Débonnaire en fit-il le siège, comme d'autres le prétendent, dans sa lutte contre les bandes d'Aiaric ? Combien de fois la ville fut-elle soustraite à la main rude mais bien aimée des ducs de Gascogne ? A combien de reprises dut-elle subir les injures des Normands, les plus cruels des barbares ? Ce sont là les secrets de l'Histoire... (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

Les murailles du IV° siecle étaient à peine terminées, que les Vandales, les Alains et les Suèves, auxquels se joignirent bientot les Barnates et les Huns (406), envahirent l'Aquitaine et prirent les différentes places d'armes de cette province. Dax ne fut pas épargnée, et les thermes impériaux de cette ville furent détruits. Ils furent reconstruits sous la domination Visigothe.

Cinq ans plus tard, en 414, Ataulphe, roi des Visigoths fut chassé de l’Italie et après le sac de Bordeaux, il s’empara de Dax qui se trouvait sur la route suivie par lui pour se rendre en Espagne. Les visigoths gardèrent la ville jusqu’à la mort d’Alaric…Ils abandonnèrent alors la Novempopulanie, et les Francs que les populations aquitaines appelaient depuis longtemps de leurs voeux, envahirent et ravagèrent à leur tour notre pays déjà si maltraité par les autres invasions des hommes du Nord. La domination Franque dura jusqu'en 558, époque à laquelle les Vascons ou Gascons provoqués par les Francs qui, à plusieurs reprises, avaient tenté de les soumettre, descendirent des Pyrénées, dévastèrent le pays, s'emparèrent de Dax et y élirent leur premier duc, Lupus ou Loup (chronique de Lesear).

En 602, une armée, envoyée par les rois Thierry et Théodebert, prit les villes de Beneharnum (Lescar), Aire et Dax, et força les Vascons à reconnaitre la souveraineté des Francs.

En 732. les Maures d'Espagne, sous la conduite de Zama, s'emparèrent des villes de Dax et de Lapurdum, Bayonne cette première invasion fut anéantie près de Toulouse par Eudes, duc de Gascogne. En 751, les mêmes Maures, sous la conduite d'Abderame, traversèrent de nouveau les Pyrénées en suivant les voies romaines (Marea) et, pour gagner Bordeaux, ils passèrent nécessairement par Dax, point d'intersection de deux de ces voies.
En 778, Charlemagne, se dirigeant vers l'Espagne, s'empara de la ville.

En 812, Louis-le-Débonnaire vient en personne faire le siège de Dax, où s'était enfermé le duc de Gascogne, Aldaric. Les Gascons, se fiant a la force des remparts, refusèrent de traiter et repoussèrent l'armée Franque, qui changea le siège en blocus. Pressé par la famine, Aldaric se rendit au camp de Louis et obtint facilement de ce prince la levée du blocus.

En 844, les Normands, après avoir saccagé Bordeaux…se jetèrent sur l'Aquitaine qu'ils pillèrent. C'est  à cette invasion que la ville d'Auguste, qui avait jusque-la conservé sa splendeur, doit sa ruine.

 En 925, les Aquitains et les Francs se réunirent pour combattre les Barbares.

Vers 980, Aldaric, moine de Cluny, appelé en Gascogne pour rétablir les monastères ruinés, fut pourvu de l’évêché de Dax. Les Normands firent une nouvelle invasion dans la contrée et débarquèrent à Capbreton. Aldaric fut obligé de quitter son diocèse et de se réfugier à Reims, chez le cormte Haribert, Dax fut de nouveau saccagé. Enfin le duc Guillaume, descendant de Clovis, par Eudes, petit neveu de Dagobert, rencontra les envahisseurs dans la plaine du canton de Castets, à 20 kilomètres au nord de Dax et les mit en déroute complète, si bien que depuis ils ne reparurent plus dans le pays…C'est vers cette époque que Dax commença à avoir ses vicomtes particuliers, sous la suzeraineté des ducs de Gascogne. Ils eurent de fréquents démélés avec leurs voisins, notamment avec les vicomtes de Béarn. (Docteur Charles Lavielle, Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris (1898)

 

Le Haut Moyen Age : Le temps des comtes et vicomtes

 

            Après la bataille de Taller où Guillaume Sanche, comte de Gascogne, tailla les Vikings en pièce, ces barbares cessèrent d'envoyer leurs vagues de mort sur le littoral du golfe cantabrique. Alors le pays recouvra son indépendance sous les princes navarrais, et Dax, relevé de ses ruines, eut des Vicomtes particuliers... Leur histoire est, faite en grande partie de démêlés avec les évêques du lieu, tissu d'excommunications et de pénitences publiques, d'usurpations sacrilèges et de fondations pieuses réparatrices. Que l'on sache seulement que les querelles de diocèse à diocèse, les intrigues de seigneur à seigneur finirent par mettre aux prises les maisons de Dax et de Béarn. Si Dax marqua quelques succès dans les débuts, le jour vint où son vicomte Navarre fut battu et tué dans une bataille : la fière cité landaise subit alors le joug de l'étranger. L'occupation béarnaise fut de courte durée ; les Dacquois se révoltèrent ; mais ils ne recouvrèrent jamais les pays de Mixe et d'Ostabat, ni la ville d'Orthez que l'on appelait « l'honneur d'Acqs » et qui appartenait primitivement à leur couronne. Du reste, la puissance vicomtale, amoindrie par les échecs guerriers, limitée par la juridiction envahissante des évêques, sapée par l'esprit communal qui grandissait sous ses auspices, allait s'affaiblissant de jour en jour.

            Au milieu du XII° siècle, la maison d'Acqs jouait un rôle assez effacé dans l'administration urbaine, mais elle gardait, comme un patrimoine d'honneur et de gloire, la représentation officielle de la vieille cité et la foi incorruptible de ses habitants. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

La période médiévale transforme Dax en ville épiscopale et en place forte. Lors des invasions du Moyen Age, Dax est protégée par ses murailles. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

Il faut noter que la ville et la cité d'Acqs, limitrophe des Royaumes d'Espagne, Navarre et Aragon, avait été très fortifiée afin d'être en état de résister aux assauts des troupes de ces diverses nations extérieures. Place de guerre et de commerce, elle était encerclée de fortes murailles et de remparts assez étroits, couronnés eux-mêmes par un château-fort, muni de tous les engins d'artillerie en usage dès le 12° siècle et jusqu'au 17° siècle. Ces fortifications, entourées de larges fossés étaient défendues par une milice bourgeoise et quelques troupes royales. (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

 

          À partir de la fin du X° siècle, la ville est administrée par les vicomtes de Dax (d'Acqs) qui se succèdent jusqu'en 1177, époque où le vicomté passe à la maison voisine des vicomtes de Tartas par le mariage en 1190 de Navarrine, fille unique de Pierre II, dernier vicomte de Dax (d'Acqs) avec Raymond-Arnaud III, fils de Raymond-Robert, vicomte de Tartas. Les vicomtes de Tartas ont tenu la vicomté de Dax (d'Acqs) tout comme celle de Tartas jusqu'au début du XIV° siècle (1312). Par le mariage de la fille unique du dernier vicomte de Tartas et de Dax (d'Acqs), Assalide, avec Amanieu V, sire d'Albret, de la Maison d'Albret, le titre en passa dans cette Maison, rois de Navarre au XV° siècle, et ultérieurement au Roi de France et de Navarre, par le roi Henri IV issu par sa mère, Jeanne d'Albret, de la Maison d'Albret. Les vicomtes de Dax (d'Acqs) étaient du sang des ducs de Gascogne et leurs vassaux directs, tout comme les vicomtes de Tartas... (wikipedia)

 

Le Bas Moyen Âge et la domination des rois d'Angleterre pendans trois siècles

           Le mariage de Louis VII de France et Aliénor d'Aquitaine est annulé en 1152 ; celle-ci épouse la même année Henri Il Plantagenêt, plus tard roi d'Angleterre, à qui elle apporte en dot les provinces du Sud-Ouest de la France (Gascogne et Guyenne). La domination des rois d'Angleterre, appelés rois-ducs — parce qu'ils demeuraient (en principe seulement) vassaux des rois de France pour leurs possessions en France — devait durer jusqu'en 1453, à la fin de la guerre de Cent Ans. Dax fut prise une première fois aux Anglais par Charles VII et le Dauphin, futur Louis XI, en 1442. Révoltée et s'étant redonnée aux Anglais presque aussitôt après le départ des Français, elle fut reconquise définitivement par les Français lors d'un second siège, le 8 juillet 1451, date à laquelle le comte de Foix en prend possession au nom de Charles VII. Par ses lettres patentes, Louis XI confirme les privilèges de la ville d'«Acqs», après son sacre en 1461, ainsi qu'à la suite de la mort du duc de Guyenne, son frère le 14 octobre 1472. Siège épiscopal situé sur le chemin de Saint-Jacques, Dax attire les pèlerins qui y passent toujours sur leur route pour Compostelle. Par ailleurs, la ville, située sur l'Adour, à proximité de Bayonne, et sur l'ancienne voie commerciale Dax-Pampelune, devient assez prospère, et s'affirme comme l'une des plus importantes cités gasconnes d'alors, aux côtés d'Auch et de Bayonne. La ville - capitale naturelle de la Chalosse, région aux terres de culture et d'élevage grasses et fertiles - constitue un centre économique important avec ses deux foires annuelles de 16 jours et son marché hebdomadaire du lundi qui voit le jour en mars 1368. Le clergé joua un rôle non négligeable dans ce développement (favorisé par les franchises accordées par les Plantagenêts), comme en témoignent les nombreuses constructions réalisées dans les trois derniers siècles médiévaux (toutes ou presque ont disparu) : cathédrale Notre-Dame du XIIIème (écroulée au XVIIème siècle, il n'en subsiste plus que le splendide portail des apôtres, chef-d'oeuvre de la sculpture de l'époque), évêché, cloître, couvents (Cordeliers, Carmes, Clarisses), maisons canoniales, etc. La mairie de Dax est l'une des plus anciennes de France, elle date de 1189. Le premier maire (ou Capdel) de Dax s'appelait Pierre de Saint-Paul et, après lui, 148 maires se sont succédé, sans aucune interruption. (wikipedia)

 

            C'est en 1137 qu'une histoire de mariage et de divorce va mettre Dax sous la gestion anglaise. En effet, Le roi de France Louis VII, épouse la duchesse d'Aquitaine Aliénor et hérite du territoire. Mais faute de descendance, le mariage est annulé en 1152. Aliénor épouse alors Henri II Plantagenêt, héritier du Royaume d'Angleterre à qui elle apporte en dot ses provinces du Sud-ouest de la France. Dax passe sous domination anglaise.

1177 est une date importante. Dax est passée sous administration  de  Pierre II vicomte de Dax, qui se rallie au roi de France. le peuple dacquois ne le suit pas. Elle reste fidèle au roi d'angleterre. Après un siège rapide, les anglais reprennent Dax. Ils mettent à sa tête un "capdel" (chef de commune) faisant de Dax une des plus anciennes mairies de France. La ville reçoit des privilèges, devient un centre commercial important, grâce à son marché du lundi, se deux foires annuelles de 16 jours et aux voies fluviales et terrestres. C'est le début d'une période prospère et relativement calme à part les attaques des rois de Castille (1204) de Béarn (1245) et de la peste (1348) (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

 

            Le mariage d'Eléonore d'Aquitaine avec Henri Plantagenet établit dans tout le Sud-Ouest la suzeraineté des rois d'Angleterre. Les barons gascons étaient remuants, pour ne pas dire indociles. Il s'ensuivit quelques révoltes, dont la plus grave rassembla dans la ville, défendue par son vicomte Pierre II, une foule de mécontents. Richard-Coeur-de-Lion prit Dax, après dix jours de siège le 4 Janvier 1177 ; mais à peine se fut-il éloigné, qu'un nouveau sursaut d'indépendance secoua l'antique cité. Richard revint sur ses pas, après avoir réduit Bayonne, et recommença la lutte, dont l'issue n'était pas douteuse. Pierre II fut tué sur les remparts en repoussant une escalade des Anglais. Dès lors, la ville releva directement du roi, ainsi que l'indique sa belle devise « Regia Semper ». A la place de ses Vicomtes, elle eut des « Mayours » ou « Capdels » qui, assistés de vingt « jurats », formèrent la « Cour des Nobles ». Elle s'enrichit peu à peu d'une foule de privilèges et de franchises, votant elle-même ses impôts, levant des milices, possédant une force urbaine que commandait le mayour ou son délégué, répartissant et percevant des taxes communales, exerçant le droit de justice avec une liberté presque sans limites. Les jurats connurent de toutes les appellations de la sénéchaussé des Lannes. On data les actes notariaux des années de charge des capdels, comme autrefois à Rome des années des Consuls. Enfin, c'est dans les murs même de la ville que le roi d'Angleterre venait recevoir l'hommage des Dacquois et jurer à son tour de respecter leurs « fors ». Aussi ne doit-on guère s'étonner que pendant trois cent ans, ils soient en général restés fidèles à la couronne anglaise. Une défaillance passagère en faveur du roi de Castille et de temps en temps des velléités françaises quand le suzerain légitime tentait d'outrepasser ses droits, n'infirment pas la vérité de cette assertion.

            En ces temps de troubles et de guerres, Dax subit tous les contre-coups de la rivalité franco-britannique. Jean-Sans-Terre l'assiège en 1199, Alphonse VIII de Castille s'en empare en 1204, Gaston VII de Béarn la pille en 1245, les troupes de Philippe-le-Bel l'occupent en 1291, les Anglais es-sayent en vain de la reprendre en 1295 et la récupèrent par traité en 1303. Au fond, la politique extérieure de la ville de Dax au Moyen Age est très simple et se résume en entier dans le seul cri de : Liberté ! Quiconque garantit cette liberté reçoit l'hommage des Dacquois et peut compter sur leur abnégation. Quiconque affecte de la méconnaître voit fondre en un clin d'oeil les dévouements et les promesses. Sous ce régime d'autonomie presque absolue, la vie communale connut une intensité sans pareille où s'affrontèrent toutes les ambitions et tous les partis. La guerre civile éclata plusieurs fois à l'abri des remparts et il ne fallut rien moins que l'arbitrage des papes et des rois pour réconcilier les citoyens de l'un et de l'autre bord, sur le tombeau de Saint-Vincent. Car ce tombeau conservait toutes ses prérogatives. Il était le témoin des réconciliations et des engagements solennels. Son rôle dans la vie sociale des Dacquois revêtait une grande importance. C'est la main étendue sur les reliques de leur premier évêque que les mayours promettaient, en prenant possession de leur charge, de n'accepter aucun don ni paiement en échange de la justice qu'ils devaient à tous, de ne point disposer des deniers publics sans l'assentiment de quatre jurats. Ils promettaient aussi de maintenir, défendre et respecter les fors, coutumes, franchises et établissements de la ville ; de préserver le faible comme le puissant de tout excès de pouvoir de leur part ou de la part d'autrui ; de garder consciencieusement les secrets de la cité et de sauvegarder les droits du suzerain. C'est là encore, sage mesure que les fournisseurs d'articles de première nécessité, spécialement bouchers, aubergistes, poissonniers, devaient jurer chaque année qu'ils ne formeraient point de syndicat entre eux dans le but de supprimer la concurrence et d'établir des prix arbitraires au détriment du consommateur. Au début de la guerre de Cent Ans, Dax soutint les Anglais qui augmentaient sans cesse ses privilèges chose remarquable si l'on songe qu'à, cette époqu,e les libertés communales disparaissaient partout sous les atteintes du pouvoir royal. En 1442, Charles VII mit le siège devant la cité, qui résista pendant six semaines ; mais le dauphin, plus tard Louis XI, ayant emporté, l'épée à la main, la tour qui défendait la porte principale, Dax capitula. Dix jours après cependant, les habitants massacrèrent la garnison française et jetèrent les corps des soldats dans l'Adour. Le 8 juillet 1451, la ville, investie par les troupes du Comte de Foix, se rendit définitivement au roi de France. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

            C'est vers cette époque que Dax commença a avoir ses vicomtes particuliers, sous la suzeraineté des ducs de Gascogne. Ils eurent de fréquents démélés avec leurs voisins, notamment avec les vicomtes de Béarn.

Un de ces derniers s'empara de Dax, en 1107, après une bataille dans laquelle Navarrus fut tué. QueIque temps après, ses fils reprirent aux Béarnais le domaine de leur père. Le mariage d' Aliénor ou Eléonore de Guienne  (d’aquitaine) avec Henri Plantagenet (qui en 1156 succéda a son père, Guillaume Ie Conquérant, sous Ie nom d'Henri II), fit passer la ville de Dax, en 1152, sous la domination anglaise; les nouveaux maitres voulant s'attirer les sympathies de la population, lui accordèrent un grand nombro de privilèges (un de ces privilèges exemptait les représentants de
ville de Dax de l'obligation de sortir de l'enceinte pour prêter un serment quelconque. Et c'est fiers de ce droit que les Dacquois refusèrent plus tard de se rendre à Bordeaux pour prêter, au prince de Galles, leurs serments de fidélité, lorsque son père le duc d'Aquitaine contraignirent le prince noir à venir chez eux pour recevoir Ie serment.

Cependant, un gouverneur anglais, le sénéchal Raoul de Lafaye, ne tenant pas compte de ces concessions, greva la contrée d'impôts et amena, par ses exactions, une révolte des seigneurs du pays. Richard-Coeur-de-Lion dut venir en Gascogne a la tête d'une armée.

Centule, vicomte de Bigorre, et Pierre II, vicomte de Dax, s'enfermèrent dans la ville. Richard parut sous les murs le jour de la Noël en 1177; et, après 10 jours de siège, il contraignit la place à lui ouvrir ses portes et à recevoir ses lois. Richard s'étant éloigné, le vicomte se révolta de nouveau, et l'armée anglaise dut revenir faire le siège de Dax. (Docteur Charles Lavielle, Dax pittoresque – guide illustré du baigneur et du touriste – le livre d’histoire – Paris (1898)

 

Le XV° siècle

 

            En 1451, Charles VII par le traité de TAILLEBOURG, contre la reddition de la ville par les Anglais, accorde à Dax, qui venait de donner des gages d'amour et de fidélité,  par lettres patentes, desdroits et privilèges pour l'exemption des tailles, gabelles, et autres impositions . Les dacquois se battront longtemps pour conserver ces privilèges jusqu'à la Révolution de 1789. Ces privilèges ne furent jamais publiés jusqu'en 1740

 

 Le XVI° siècle : guerres de religion et troubles de la Fronde

           Au départ des anglais, l'abondance diminue et jusqu'au XV° siècle Dax vit des moments difficiles.  Le XVI° siècle sera marqué par les guerres, les épidémies et une grande pauvreté. Les espagnols sont attirés par Dax. La ville est mise en état de siège et leur résiste en 1521-1522.  Mais  partir de 1562 les guerres de religion vont saccager les Landes. Marguerite, reine de Navarre, est sensible à la Réforme prônée par Luther. et convertit aux idées nouvelles de nombreuses personnalités du Béarn et des Landes. Bientôt des religieux, des nobles, mais également des magistrats, bourgeois, artisans ou paysans sont touchés par la Réforme. Jeanne d'Albret, sa fille, s'implique aussi dans la diffusion du protestantisme. Les tensions montent, et durant 36 ans, huit guerres vont se succéder. Dans les Landes ce sont surtout les années 1567-1569 qui sont les plus cruelles. Dax, défendue par le catholique Bertrand de Poyanne, reste un temps loin des exactions, mais elle est bientôt mise à sac par Montgoméry, chef des Huguenots.

La 7° guerre de religion se termine quand Vincent de Paul nait au Pouy, un village à côté de Dax. Il étudie le latin, la grammaire au collège des Cordeliers de Dax, devient précepteur, prend goût à l'apostolat, et est ordonné prêtre en 1600. Il quitte alors Dax. Un long chemin l'attend. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

Détournons un instant les yeux de ces événements néfastes. Tandis que les diplomaties de la cour des Valois, les ambitions de la Ligue, les menées subversives des Huguenots entretenaient dans le royaume le désordre et la guerre à l'état permanent, l'Homme de Paix par excellence, tout amour et tout abnégation, naissait au village de Pouy, à cinq kilomètres des remparts. C'était en 1581. Les parents de Vincent de Paul, simples laboureurs, ne sortirent jamais de leur condition. On vénère encore la maisonnette de Ranquines où, dit-on, le grand apôtre de la charité vit le jour et le chêne qui l'abritait dans son jeune âge alors qu'il gardait les troupeaux. Comme l'enfant montrait une vive intelligence, on lui fit étudier le latin chez les Cordeliers. Un avocat dacquois, en lui confiant l'éducation de ses fils, lui permit de poursuivre ses études. Telles sont les attaches landaises de cet homme extraordinaire que devait exalter Voltaire, que l'Eglise a placé sur les autels, et que Dax regarde justement comme la meilleure de ses gloires...(Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

            Ce n'était plus la « Urbs magnifica » des Vicomtes, ni la turbulente commune moyenâgeuse qui traitait de pair avec les rois ! Les Valois détachèrent successivement de la sénéchaussée dacquoise le Marsan, l'Albret, la Chalosse et le pays de Bayonne. Tout en conservant la plupart de ses franchises, Dax vit diminuer peu à peu son rôle extérieur et son antique prépondérance. En 1521, les mouvements des troupes espagnoles sur la frontière ayant alarmé les Etâts des Lannes, le gouverneur Haubardin de Luxembourg jugea que les murailles romaines ne suffiraient plus pour préserver la place. Il y ajouta divers terrassements extérieurs et fit dégager les alentours des remparts. Cette fatale mesure priva la ville d'une foule de monuments précieux et causa par la suite l'écroulement de la belle cathédrale gothique. Une trentaine d'années plus tard, Frédéric de Foix, comte de Candale, compléta ces désastreuses démolitions. Lorsque les guerres de Religion éclatèrent en Béarn, la reine Jeanne d'Albret envoya le farouche Montgomery pour dévaster les campagnes landaises. Il passa, semant partout l'incendie, le pillage et la mort ; Saint-Sever, Mugron et Tartas tombèrent, sans coup férir, entre ses mains. Mais ayant tenté de surprendre Dax dans la nuit du 11 juin 1569, Montgomery vit déjouer ses desseins par un paysan du • Braou » de Saint-Pierre qui vint prévenir le guet. Le terrible capitaine se retira devant les mesures énergiques prises par l'évêque François de Noailles. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

            Il faut noter le rôle important du clergé dans le développement architectural de la cité. Les établissements religieux se multiplient : cathédrale, évêchés, maisons canoniales. de nombreux couvents sont créés : cordeliers, carmes, clarisses et des hôpitaux. Etape importante sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, Dax reçoit beaucoup de pélerins accueillis dans les couvents et les hôpitaux.

Dans un manuscrit conservé à la bibliothèque nationale, un règlement de police défend aux aubergistes d'aller solliciter le voyageur sur la rue "ni au bain" et précise le rôle du "bahnour" ou préposé au bain. (Note : Etablissements de la ville de Dax, bibliothèque nationale cote ms latin 1542, inséré dans un parchemin au XIV° siècle in F. Abadie "le livre Noir et les Etablissements de Dax", 1902, ici p. 487 et 492) (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

 

            En janvier 1551, le Roi modifie l'organisation judiciaire de la ville. Dans toutes les sénéchaussées du Royaume il fait établir, dans un immeuble, place de la cathédrale,  un "présidial" jugeant au civil composés de 9 juges pour la plupart étrangers à Dax. Cela soulève bien des différents et des conflits avec les édiles locaux pour des questions d'attribution dans le gestion de la ville. . (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

 

            "Il y a, en ville de Dax, trois choses belles et singulières qui ne se trouvent à peine ensemble en ville de  l'Europe : la première est l'église épiscopale appelée la grande église Notre-Dame, la seconde est la ceinture de  murailles de la dite ville, la troisième sont les bains, lesquels sont si beaux, si salubres et de grande vertu que » tous ceux de la ville, d'alentour et plusieurs autres d'assez loin pays viennent fréquenter les dits bains pour boire de l'eau et se baigner dedans..."Ainsi s'exprimait au XVI' siècle, André de la Serre, avocat au Parlement de Paris. Des menus détails qu'il donne à la suite, on peut déduire que de ces trois merveilles, ce sont les bains qui surtout l'ont frappé, Le vieux chroniqueur n'avait-il pas raison ? (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p)

 

 

"Pour résumer la situation de Dax depuis les invasions barbares jusqu'au XVIème siècle, H. Delpont et J.J. Taillantou parlent "d'une ville forte, capitale emmurée, convoitée et vulnérable” en développant plusieurs aspects : une ville face aux invasions, l’affirmation de l’évêché, les carolingiens acteurs d’une renaissance dacquoise, Dax capitale de la Gascogne, l’avènement des vicomtes de Dax, Dax et le roi-Dac d’Aquitaine XII-XIIIème siècles, la cathédrale à l’abri des murs, un château gardien du fleuve, une ville relais de l’autorité des rois-ducs anglais, la ville se pare de clochers et de couvents, Dax et la guerre de cent ans” Cet excellent chapitre 2 donne la physionomie de Dax à cette époque. (Delpont H., Taillantou J.J., Petite Histoire de Dax, 2015, éd. Cairn, p.25).

 

XVII° et XVIII° siècle : période de transition et passage du Roi Louis XIV vers Saint Jean de Luz pour son mariage avec l'infante d'Espagne, Marie Thérèse

          Sous la monarchie des Bourbons, l'importance de la Cité ne cessa de décroître. A l'abri du Château-fort que Sully flanqua d'un bastion, (le bastion Sainte Marguerite) et des remparts que vinrent plus tard renforcer de nouveaux ouvrages elle devint en quelque sorte un simple relais de troupes dans les nombreuses guerres avec l'Espagne et un poste de surveillance contre les agitateurs de la région. Au point de vue administratif, la création de l'Election des Lannes, en 1629, priva le pays de ses Etats et par suite d'un grand nombre de privilèges. Le « don gratuit », c'est-à-dire la contribution librement votée, disparut et la répartition de l'impôt appartint désormais à l'Intendant Royal. Ce représentant de l'autorité souveraine dirigea de même toutes les branches de l'administration. Pendant les troubles de la Fronde, la ville fut le centre d'action du Marquis de Poyanne, gouverneur de Dax, Neverrenx et Saint-Sever, Sénéchal des Lannes et Lieutenant-général du roi en Navarre et Béarn. C'est dans ses murs que le marquis se renferma, après une tentative malheureuse sur Mont-de-Marsan qui tenait pour les Frondeurs ; c'est là que Balthazar, célèbre capitaine, vint inutilement le provoquer. A quelques années de là, l'établissement à Dax du « grenier à sel », occasionna le soulèvement de la Chalosse, à la voix de l'intrépide Audijos. Tandis que les bandes du partisan pillaient les convois et tenaient en échec les gens de la gabelle, tandis que les dragons du roi couraient la campagne à la recherche d'insaisissables ennemis, le calme continuait de régner dans la ville. C'est à peine si, de temps à autre, sous le gouvernement héréditaire des marquis de Poyanne, quelques discordes légères entre les habitants, quelques conflits de juridiction de pouvoir à pouvoir, enfin quelques passages de princes, venaient secouer sa léthargie.

Hygiene et salubrite publiques

En 1615, et pendant toute une longue période, les rues de la Ville et parti­culièrement de la Banlieue furent maintenues en assez mauvais état, tant pour la circulation que pour la propreté et la salubrité. Les habitants, malgré cepen­dant les fréquentes objurgations du Maire et des Jurats, avaient conservé la très mauvaise habitude de laisser s'amonceler devant leurs maisons des tas de détri­tus qui finissaient par former de véritables fumiers. En outre, les rues étaient encombrées par toute sorte de matériaux de construction, qui y séjournaient longtemps et par le bois de chauffage qu'y emmagasinaient les habitants. Ces encombrements causaient de grands embarras et étaient une grande gêne les jours de marché.

L'alimentation en Eau potable était très insuffisante et provoqua de nombreux projets dus a l'initiative toujours en éveil de la Municipalité. Les Fontaines pu­bliques étaient très rares. Il n'y avait d'autre Eau de source, que celle qui s'écou­lait le long des fosses des fortifications, notamment dans les Ravelins. Pour le surplus les habitants avaient coutume de recourir aux puits particuliers, ,dans le voisinage de leurs demeures. Ce n'est qu'a la fin du 18e siècle que fut captée et rendue publique la source de Picheteoble et Peyrelongue, dans la banlieue de St-Vincent-de-Xaintes, furent créées d'abord 3, puis 6 Bornes Fon­taines publiques, qui, pendant longtemps, furent seules à desservir la Ville....En 1615, il y avait à Dax deux hôpitaux : l'Hôpital Ste Eutrope (dans le faubourg du Cassourat au sud de la ville)  et l'hôpital du Saint Esprit au Sablar sur la rive droite de l'Adour, non loin du pont. Tous deux dispensaient les soins aux malades pauvres de la ville mais l'hôpital du Saint Esprit recevaient les nomades et les pélerins allant ou venant de St Jacques de Compostelle. L'hôpital du St Esprit fut le premier fermé et ses ressources furent confondues avec celles de l'hôpital ste Eutrope...

En 1631, un  puissant orage incendie l'hôtel de ville. Toutes les archives sont brûlées. Voici comment le raconte Raphaël Milliès-Lacroix :

 

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                                                                       sous la Révolution avec toutes les sculptures existantes sur la façade des

                                                                       palais et des édifices privés et de noblesse.

                                                                    (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)           

 

En 1638, M. de Claussun, officier de Génie établi le plan de la ville de Dax. On peut remarquer :

- On ne peut rentrer dans la ville que par trois portes à travers les fortifications,  E porte Saint Pierre, F porte Saint Vincent, D porte Notre Dame. Ces portes étaient précédées de pont-levis

- Le fleuve appelé Rivière de La Dour  séparait la ville et le Sablar, (Sabla) quartier de la paroisse de Saint Paul-lès-Dax qui avait un rôle très important dans les opérations économiques et commerciales de la région. Ce qui entraina plus tard l'annexion de ce quartier par la ville de Dax. Le Sabla était relié à la Ville fortifiée par un magnifique pont en pierre, d'origine gallo-romaine lequel faisait partie des fortifications et qui était surmonté au centre, en dos d'âne par une sorte de "redoute" (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)     

 

 

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                                                                       (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

 

Ce XVII° siècle est prospère pour Dax, comme le prouvent certaines belles maisons. Deux événements marquent l'actualité

Tout d'abord une catastrophe : une partie de la cathédrale s'effondre. L'édifice roman du XIème siècle, devenu trop petit, a été remplacé aux XIIIème et XIVème siècles par un beau vaisseau gothique ; celui ci malheureusement s'écroule en 1646. Débute alors une longue reconstruction qui s'étire jusqu'au début du XX° siècle.

Le plus brillant des voyages princiers dont les chroniques locales aient gardé le souvenir eut lieu en 1660, lors de la Paix des Pyrénées et du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse. A l'aller comme au retour. Dax servit d'étape au cortège royal... (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

Autre actualité plus plaisante, en 1660 le roi de France, Louis XIV, se rend à Saint-Jean-de-Luz pour épouser l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse. Accompagné d'Anne d'Autriche, sa mère et de Mazarin, son ministre, le roi s'arrête à Dax. C'est une manière de remercier la ville pour sa fidélité au roi durant la Fronde, malgré les exactions des nobles révoltés. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville). Il faut faire remarquer un des aspects du voyage du Roi : Alors que dès l'année 1617 voit la menace du rétablissement des anciennes gabelles avec la création d'une imposition sur toutes les marchandises transportées par sur l'Adour et la Gave, le voyage du Roi et de sa cour coûte cher aux dacquois.  On avait contracté de gros emprunts et hypothéqué le domaine communal pour faire face aux dépenses. On demandait au Roi une aide financière et en échange on offrait de donner des locaux pour le Présidial. Le Roi n'accorda pas les secours mais il installa le Présidial. (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933)

 

            Au XVIII° siècle, Dax, déchue de son ancienne grandeur historique, garda cependant avec une certaine liberté communale, les apparences d'un centre officiel en pleine activité. La petite ville renfermait à peine cinq mille habitants dans son enceinte murale et les maigres faubourgs qui l'entouraient. Le désert landais de sables la séparait de Bordeaux, de Paris, de la France entière. Pourtant elle ne se montra pas rebelle au mouvement intellectuel qui tenaillait les cerveaux de la société française, et les questions les plus ardues de la science eurent accès dans ses salons. Quand on étudie l'histoire locale, de l'avènement de Louis XV à la Révolution, on demeure profondément étonné de cet amour subit des lettres et des arts, de cette soif de recherches scientifiques qui s'empara de l'élite landaise et qui devait produire ses meilleurs fruits dans les périodes d'apaisement du Consulat et de l'Empire.. (Dr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

             En 1750, M. de Secondat publie à Paris "observations de physique et d'histoire naturelle sur les eaux minérales de Dax"

Quelques années plus tard, le docteur Jean Dufau, nommé en 1739 médecin de la ville et des hôpitaux de Dax, consacre une publication aux "observations sur les eaux thermales de Dax" (notes : Deux précurseurs gascons du thermalisme" : les docteurs Jean Dufau (1708-1791) et Etienne Massie (1740-1791), Bulletin de la Société de Borda, t. 93,1969, p.317-327.

le 11-10-1755, dans un souci d'hygiène et de salubrité, une ordonnance de police interdit de laver dans le canal de la Fontaine Chaude et dans les fontaines de la ville : Saint-Pierre, Saint-Vincent ou Notre-Dame. Ces fontaines sont entretenues régulièrement. 

 

Cette période du XVIème au XVIIIème siècle fera dire à H. Delpont et J.J. Taillantou, Dax, belle endormie ou belle ambitieuse ? Pour cette période, il parleront du temps des troubles, Dax citadelle catholique, le temps des séditions, la guerre du sel, Dax et les frondes, métropole landaise, villecumularde, cité épiscopale triomphante, une ville close qui tente de repousser ses murs, la fontaine chaude berceau du thermalisme, une ville dans le siècle des lumières, déjà la féria, dax et les caprices de l’Adour, port et marché des pays landais de l’Adour (Delpont H., Taillantou J.J., Petite Histoire de Dax, 2015, éd. Cairn, p.43).

 

De la Révolution au XXI° siècle.

          Lorsque la Révolution arrive, elle n'épargne pas Dax : une guillotine est installée place Poyanne (l'actuel cours de Verdun), et de nombreux habitants sont exécutés dont la soeur Rutan, supérieure de l'Hôpital-Hospice de Dax. . (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

Histoire religieuse de Dax avant et pendant la révolution :

            En outre du Service public religieux, auquel était affecté le clergé paroissial de la Cathédrale, la Ville était également desservie par les Eglises de 4 couvents d'hommes, de 2 de femmes, (les Carmes, les Cordeliers, les Barnabites, les Capucins, les Ursulines, les Clarisses), ainsi que par l'Eglise des Pénitents Bleus.

Le Couvent des Carmes était le plus important. Avant 1457, il était situe dans le faux Bourg St-Vincent, en face de la Porte de ce nom et des Ravelins ( ouvrages avancés formés par une succession de contrescarpes et de fossés.). En 1457, les commissaires du Roy estimèrent qu'en temps de guerre l'Eglise des Carmes serait un obstacle pour la défense des ouvrages avancés. Aussi le Roy, Charles VII, après la reddition de la Ville, ordonna-t-il que fut démolie l'Eglise des Carmes, ainsi  leur Couvent. En compensation il fut délivré aux Religieux, dans l'intérieur de la Ville, la concession perpétuelle et gratuite de terrains et de maisons propres à y établir leurs « Eglise, Cloistre, Doctoir et autres édifices et immeu­bles utiles pour leur Couvent..." (lettres patentes de Charles VII portant donation en compensation de leur Eglise et Couvent, sis à Saint Vincent de Xaintes, de terrains et maisons dans l'intérieur de la ville, pour y établir leur église et couvent . Archives nationales, J.J. 1870).

           Sous la Révolution de 1789, c'est dans l'Eglise des Carmes que furent assem­blés les Trois Ordres de la Sénéchaussée des Lannes, pour y accomplir les pre­miers actes préparatoires de la constitution des Etats Généraux. Après la Ré­volution, le Couvent et l'Eglise des Carmes, devenus Propriété Nationale, furent divisés en plusieurs lots et aliénés aux enchères publiques sur les trois Rues des Carmes, de la Fontaine Chaude et des Pénitents.

            Le Couvent des Cordeliers occupait les Bâtiments, Cloitre et Jardins, conti­gus aux Remparts Nord, que borde la Rue Ste-Ursule. Dans les jardins, fut réservée, au commencement du 19° siecle, une Esplanade où eurent lieu les Courses de Taureaux ou de Vaches, pendant plus d'un siècle. C'est dans le Cloitre des Cordeliers qu'avait lieu le rassemblement des Milices Bourgeoises, sorte de garde Nationale, levée et organisée sous l'autorité Municipale. L'Eglise des Cordeliers servait également de lieu de réunion aux diverses Compagnies ou Corporations de la Ville. A l'exception de l'ancienne Place de la Course, devenue aujourd'hui une magnifique Place ombragée, les terrains et immeubles des Cordeliers furent aliénés, après 1789, comme Propriété Nationale.

Les Barnabites, religieux de la Congrégation des Clercs réguliers de St-Paul, étaient installés dans de vastes bâtiments, sis contre les fortifications Nord, Cote des Cordeliers et contigus au Couvent des Cordeliers et aux Remparts Nord Est. Dejà renommés pour leur enseignement privé des humanités, ils obtinrent de la Municipalité, en 1631, la concession par acte public du Collège commu­nal, dirigé jusque-là par des Régents laiques, (comme d'ailleurs les deux écoles primaires élémentaires que possédait la Ville). Pendant la Révolution de 1789, l'Eglise des Barnabites servit de lieu de réunions générales où eurent  lieu les opérations electorales pour les élections municipales de certaines sections de Ia Ville. Devenus propriété Nationale les immeubles furent successivement convertis en une Ecole Normale Départementale de jeunes gens, en 1844, puis en un Palais de Justice national et en Prison Départementale. Une salle de spectacle y fut, en outre, installée provisoirement, en attendant Ia construction du Théatre, en 1872. Pendant longtemps un jeu de paume y fut ouvert. Finalement de vastes et beaux locaux scolaires y prirent place, successivement destines aux garcons et aux filles.

Les Capucins, dont le Couvent avait été fondé par l'ancien Evêque de Dax, M. Du Sault, étaient situés hors Ville, dans le faux bourg de St-Vincent, pro­che du quartier Biby ( Nom populaire donné a ce quartier et dont l'usage n'a pas encore disparu, donné a la partie du faubourg de St-Vincent qui bordait les Fossés du Sud-Ouest et a été successivement transformé en un magnifique boulevard, sous le nom de Boulevard de la Marine. d'abord, et ensuite sous l'appellation de ?... Nous avons vainement cherché dans les Archives de !a ville la raison de ce nom de Quartier Biby). Après la Revolution, les batiments furent utilisés pour le casernement des troupes nationales sous le nom de Caserne Saint Philippe.  Ils furent ensuite concédés par I'Etât à la Ville, qui les transforma en Orphelinat et Ecole Maternelle et les concéda ensuite à son tour a une Congrégation de fem­mes ayant le même objet.

Les Pénitents Bleus, fondés également par l'ancien Evêque Du Sault, étaient une confrérie, établie dans une petite rue, aboutissant à la Fontaine Chaude. Leur mission était l'assistance aux malades. Ils prenaient part aux obsèques des personnages importants, où ils faisaient cortège vêtus d'un uniforme bleu a forme monachale. Ils figuraient également aux grandes manifestations religieuses pu­bliques, telles que processions. Ils possédaient une petite Eglise, qui, au temps de la Révolution, était utilisée pour la tenue de réunions électorales.

Le Couvent des Ursulines, ordre religieux contemplatif et éducatif féminin, était séparé des Cordeliers, au pied des Remparts, par une ruelle etroite. Il rece­vait, en outre de leur clientèle plus ou moins fortunee, un certain nombre de jeunes filles pauvres, élevées gratuitement au compte de la Ville. Leur  église était très fréquentée. Après la Révolution, l'imrneuble devint communal. Sous le pre­mier Empire, il fut attribué à l'installation d'un Collège communal universitaire et laïque, qui rernplaça le collège des Barnabiles, lesquels s'étaient dispersés. Plus tard vers 1854, ce collège fut remplacé par un Collège diocésain,. La Ville le concéda a l'Evêché, et il fut transféré, vers 1855, dans les bâti­ments de l'ancien Grand Séminaire de Dax, situés dans la commune ou paroisse de St-Vincent-de-Xaintes. Dès lors les immeubles reçurent diverses affectations scolaires telles que Ecole Normale départementale, après son transfert, Ecole communale des Frères de la Doctrine chrétienne, Ecole primaire supérieure.

A Saint-Vincent-de-Xaintes était placé le Couvent des Clarisses, dit de Sainte Claire, au pied de l'Eglise et du faux bourg de St-Vincent, où il est encore aujourd'hui. C'est un ordre purement contemplatif, qui a survécu aux troubles de la Révolution, et n'a jamais donne lieu a aucun incident... (Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire de Dax, La petite histoire de DAX, 1933) Le couvent des clarisses est aujourd'hui en 2016 le couvent des Dominicaines.

En 1790 les départements sont créés. Dax, qui depuis l'Antiquité était à la tête d'un vaste territoire, perd sa position dominante au profit de Mont-de-Marsan devenue préfecture.

Mais Dax relance son activité à partir de 1855, avec l'arrivée du chemin de fer, événement auquel s'ajoute la plantation systématique et intense des pins maritimes, puis leur exploitation industrielle. Cette activité économique devient essentielle dans la région, et réinvestit souvent ses bénéfices à Dax.

Les édiles dacquois veulent moderniser leur ville. Au vue des mentalités de l'époque, cela passe par la destruction des remparts qui ont protégé Dax durant quinze siècles. Cette destruction commencée dans les années 1850 s'accélère dans les années 1870, car à cette époque un événement dynamise et marque Dax : la naissance d'un véritable thermalisme scientifique. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

 

A la fin du XVIII° siècle la ville avait, vue du dehors, un aspect triste et désolé. Si les terrasses étaient plantées d'ormeaux, le haut des tours était en partie tombé, les courtines disparaissaient sous les arbustes, les terrains militaires abandonnés, les fossés affermés sont comblés. (http://rempartsdedax.blogspot.fr).

En 1791, la ville profita des aménagements d'un nouveau pont et d'une nouvelle entrée plus directe et commode, pour démolir une grande partie du rempart Nord. A cette époque, la ville n’avait pas débordé des limites de son enceinte (http://rempartsdedax.blogspot.fr)

 

le XIX° siècle ou le renouveau du thermalisme grâce au chemin de fer et à la construction des premiers établissements thermaux "modernes'

Hubert Delpont et Jean Jacques Taillantou, présentent le premier âge thermal de 1870 à 1960 avec la construction de l'hôtel des Thermes, Raphaël (milliès-Lacroix) et Théodore (Denis) :le duo gagnant, un avenir thermal plutôt que militaire,  Dax, ville de fête et de corridas légendaires, ... Dax et Eugène Milliès Lacroix, une interminable histoire d'amour   (Delpont H., Taillantou J.J.,  Petite Histoire de Dax, éd. Cairn, 2015, p.105-138).

 

1854/1855 La construction de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux-Dax-puis l'extension, Paris-Dax-Tarbes convertit la sous-préfecture des Landes en un nœud ferroviaire. Le 12 novembre 1854, la compagnie des Chemins de Fer du Midi ouvre la ligne ferroviaire Bordeaux-Dax suite à un raccord entre Dax et Lamothe (actuellement bifurcation vers Arcachon). 26 mars 1855 : ouverture de la ligne Dax-Bayonne.

En 1861, la commune voisine de Saint-Vincent-de-Xaintes est absorbée par Dax. Cette commune porta, au cours de la période de la Convention nationale (1792-1795), le nom révolutionnaire de Lepelletien (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Michel_Lepeletier_de_Saint-Fargeau).

Dax détruisit une partie de ses remparts au XIX° siècle pour s'ouvrir vers l'extérieur, on abattit le château médiéval. On construisit à la place de somptueux édifices Art déco afin d'attirer une clientèle aisée. C'est le cas notamment du casino et de l'hôtel Splendid, construits par l'architecte girondin Roger-Henri Expert vers 1928-1932. Nombreux sont les hommes et femmes célèbres à s'être soignés dans la cité gasconne depuis le XVIII°siècle : Madame de Maintenon, Bergson, Georges Clemenceau, Utrillo, Sarah Bernhardt, Sacha Guitry, le Président Armand Fallières, Nicolas ler, roi du Monténégro, la reine Marie de Roumanie, Pierre Fresnay et Yvonne Printemps...et tant d'autres.

Dans cette période de 1789-1870, H. Delpont et J.J. Taillantou pensent que Dax est une ville à la recherche de son destin. Ils développent plusieurs aspects : Dax et la Révolution, une très lente modernisation, les hésitations du second empire. (Delpont H., Taillantou J.J., Petite Histoire de Dax, 2015, éd. Cairn, p.85).

 

 

Le XIX° siècle place Dax comme ville d'accueil sur les chemins de Compostelle. Il se créée de nombreux couvents, monastères et un hôpital thermal.  

            Dax change de physionomie en quelques années, s'ouvre sur l'Adour, trace de larges avenues, construit des édifices thermaux luxueux, des promenades et des lieux de loisirs.

Ce mouvement se poursuit au XX° siècle. A la fin du premier Empire, le bassin de la Fontaine Chaude est transformé et doté d'une architecture style toscan. (ADL 2 0 645 (1813-1817) (AMD, 3 N 151.

En 1913, les anciennes arènes en bois sont remplacées par des arènes en béton qui peuvent accueillir alors 5500 spectateurs. Après la triste parenthèse de la Première Guerre mondiale, le mouvement reprend. En 1928 l'Atrium Casino offre un lieu de loisir comprenant un casino, un restaurant, un bar, un dancing, un petit théâtre de plein air, et une grande salle de spectacle qui peut servir aussi de cinéma. L'année suivante est inauguré l'hôtel Splendid, avec au sous sol des salles de soins, à l’étage des chambres, et au rez de chaussée les hall, fumoir, salle à manger, terrasses, emmarchements, jardins. Le Splendid offre « le confort complet, l’agrément, le repos, associés au traitement le plus performant » dans un environnement d’un luxe inouï. Ici comme pour l'Atrium, l’accent est mis sur la décoration confiée aux mosaïstes, verriers, stucateurs, les plus habiles de l’époque Art déco.

            La deuxième moitié du XX° siècle se caractérise par le développement des réseaux routiers et autoroutiers dans les Landes, l'arrivée du TGV à Dax, la création de nouveaux complexes thermaux modernes, ce qui permet à Dax d'être à présent la première ville thermale de France. (http://www.dax.fr/histoire-de-la-ville)

 En 1945, la parole est donnée au suffrage universel pour toutes ordonnances, arrêtés ou autres décisions. Des élections municipales, cantonales et nationales ont lieu. Eugène Milliès-Lacroix pose sa candidature tant à l'élection municipale que cantonale et est élu. Mais le conseil de préfecture annule ce résultat. Les parlementaires, ayant voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain (en 1940, à Vichy), sont inéligibles ; le sénateur-maire de Dax, E. Milliès-Lacroix est dans ce cas. Au bout de deux ans, le Conseil d'État confirme le jugement de première instance et il faut à nouveau recourir aux urnes. Jusqu'en 1952, les Dacquois sont appelés six fois en consultation et six fois Eugène Milliès-Lacroix est élu. Devant cette obstination, le Parlement décide, enfin, de donner le dernier mot au suffrage universel. Eugène Milliès-Lacroix est nommé, légalement, maire de Dax et conseiller général du canton. (wikipedia)

 

Dans cette période de 1870 à 1960, se situe le premier âge thermal avec la construction de l'hôtel des Thermes, Raphaël (milliès-Lacroix) et Théodore (Denis) : le duo gagnant, un avenir thermal plutôt que militaire, Dax, ville de fête et de corridas légendaires, ... Dax et Eugène Milliès Lacroix, une interminable histoire d'amour (Delpont H., Taillantou J.J., Petite Histoire de Dax, 2015, Cairn, p.105).

 

1974

             Ce qui cause encore aujourd'hui la fierté des Dacquois et l'admiration des touristes, c'est bien la source d'eau chaude qui jaillit au centre de la ville et qui alimentait les fameux bains minéraux. La « Nèhe est certainement l'une des plus belles, sinon la plus belle source de France. On prétend que pour élever artificiellement à sa température de 64° les 2 millions 400.000 litres d'eau qu'elle verse en vingt-quatre heures, il faudrait employer au moins quatre tonnes de charbon par jour. Le Calcul est-il exact ? Peu nous importe. La Nature prodigue ses richesses, et il est impressionnant de voir couler les flots fumants de la Fontaine Chaude au pied de son portique toscan. En pure perte, pouvait-on dire naguère, car leur usage était fort restreint et les quatre cents mètres cubes de boues thermales qui gisent au fond de ce vaste bassin demeurent sans emploi pour les cures de la station...Aujourd'hui (avantage inestimable pour les ménagères) une canalisation détourne une bonne partie de l'eau merveilleuse et la dispense à domicile sur divers points de la cité, La Nèhe n'en est pas moins la source mère de Dax : celle que les Romains captèrent et qu'ils entourèrent de Thermes impériaux, celle que le peuple vénère à l'instar d'un dieu et qu'il invoque volontiers dans ses besoins domestiques. Des ouvriers commencent leur journée en absorbant à jeun leur verre d'eau chaude additionnée de quelques gouttes d'eau-de-vie. La médisance prétend que certains renversent les termes de la formule. Quoiqu'il en soit, auprès des griffons de la Fontaine Chaude on peut voir défiler à chaque aube nouvelle la théorie pittoresque des brocs et des cruches de tout un quartier. Mais que sont devenues les servantes accortes qui fréquentaient jadis les abords du Bagn-bourrén (Bain Bouillant) ? Ah certes I nos Chalossaises ont conservé la bonne grâce et le solide aplomb de leurs devancières ; mais nous ne les voyons plus s'avancer, alertes et cambrées, sous la double coiffure du joli mouchoir de tête et de la cruche rouge aux flancs rebondis. Spectacle charmant s'il en fut, mais que le progrès a rejeté dans l'ombre avec les légendes du bon vieux temps.

            Alors en se penchant sur l'eau transparente et verte comme une émeraude, à l'endroit où elle semble bouillir sous des tourbillons de fumée, on assurait avec une grave confiance que ce gouffre béant n'avait pas de fond. Philippe V d'Espagne, passant par Dax, eut la curiosité de faire pratiquer des sondages : mille brasses de corde n'ayant pas suffi, il renonça dit-on, à l'entreprise. Alors encore, on venait à la Nèhe cuire les oeufs et plumer la volaille ; « toutefois, d'après le chroniqueur: plusieurs dudit lieu disent avoir esprouvé que si une poule a esté acheptée qu'elle s'y plumera facilement, mais non point si elle a esté desrobée »...Les sources thermales de Dax, dont la Nèhe est le joyau, émergent d'une faille géologique qui s'étend sur une longueur de 30 kilomètres. Sur la rive gauche de l'Adour, aux bords même du fleuve, cette fissure donne naissance, dans sa traversée dacquoise, à une trentaine de griffons dont la température oscille entre 57» et 64' et dont le débit total atteint huit millions de litres par jour. Certaines de ces sources, en plein air, servent à la culture des boues médicinales ; d'autres jaillissent dans les sous-sols des Hôtels et Etablissements de cure de la Station, qui ne le cède à aucune autre en tant qu'installations thermales modernes et luxueuses. Les principales sources sont celles des Bains Saint-Pierre, du Splendid, des Thermes, du Trou des Pauvres, de Dax-Thermal et les Geysers des Baignots. Les boues constituent la spécialité thérapeutique de Dax. Comme elles sont « naturelles on peut les dire sans rivales au monde. Trois éléments entrent dans leur composition : le limon que l'Adour dépose à chaque débordement au sein des sources riveraines ; l'eau chaude qui ne cesse de baigner ce limon auquel elle apporte ses éléments constitutifs et sa radio-activité vraiment extraordinaire ; enfin les algues extrêmement variées, qui naissent, se développent et meurent sur le limon thermalisé. A son état de maturité, la boue végéto-minérale se présente sous la forme d'une masse onctueuse, de couleur noirâtre avec des reflets vert-bleus, et qui répand une légère odeur d'hydrogène sulfuré. Des eaux salées, provenant des couches de sel gemme des environs de la ville, augmentent de leur apport précieux l'immense richesse hydrologique de DaxDr Aparisi-Serres et E.Daru, 1974, Dax, Capbreton, ED. Chabas, 62 p.)

 

Dans la période de 1959 à 2014, H.Delpont et J. J. Taillantou parlent de l'insolente prospérité thermale avec les années Moras, un charcutier "starter" du thermalisme social (il s'agit de M. RogerJunca), Goussebaire-Dupin, l'homme qui réfléchit le plus et le mieux aux questions thermales, Roger Junca créateur du thermalisme saint-paulois, l'essouflement, , la naissane douloureuse de la communauté de communes. Ils terminent leurs observations par cette question qui s'adresse au Grand Dax instauré pour élargir Dax à ses communes environnantes "Le Grand Dax saura-t-il donner au siècle qui vient les mêmes impulsions que celles qui traversèrent ses deux siècles passés" (Delpont H., Taillantou J.J., Petite Histoire de Dax, 2015, éd. Cairn, 2015, p.141).

 

 

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Voir aussi la bibliographie générale sur la page Bibliographie

 Voir aussi https://www.facebook.com/notes/dax-apied/histoire-de-dax-en-quelques-dates/261207684730115

 

 

 

 

 

 

 



 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


22/02/2016
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